L’Afrique est un continent caractérisé par sa solidarité légendaire. En témoigne les nombreux regroupements régionaux et sous régionaux qui rapprochent de plus en plus ses peuples.
Certains corps de métiers essaient tant bien que mal de se situer dans cette logique. Mais au plan artistique, une remarque récurrente laisse croire que les artistes musiciens africains ne sont pas solidaires. Ils n’ont que des affinités. Récemment, la mort du reggaeman sud-africain a été ressentie comme un deuil international. C’est à peine que les artistes musiciens africains se sont sentis concerner par l’assassinat de leur collègue. Hormis quelques réactions à chaud, aucune manifestation susceptible de prouver l’attachement que ces artistes musiciens, ont les uns envers les autres. En Côte d’Ivoire, les artistes sont restés de marbre. Neddy Jerte et un groupe de ses pairs reggaemen projettent une manifestation en la mémoire de Lucky Dube. Mais que de difficultés pour l’organisation de cet événement. Les causes de ce manque de solidarité s’expliquent par le fait que ces musiciens et chanteurs sont égocentriques. Chacun vole de ses propres ailes et prêches pour sa seule chapelle. Ils manquent de leaders capables de les conduire vers une organisation continentale au sein de laquelle peuvent naître de grands projets. Une autre cause du manque de solidarité, est la difficulté de tous genre à laquelle, les artistes chanteurs et musiciens sont confrontés. Aussi, la plupart d’entre eux sont analphabètes. Les moyens financiers constituant la cause principale des difficultés, les artistes musiciens ne peuvent pas aller hors de leur pays pour échanger avec leurs pairs. Si ce n’est qu’à l’occasion de spectacles au cours desquels ils sont conviés, ces derniers sortent peu. La solidarité doit être le socle sur lequel ces artistes peuvent construire leur bien être. Il est vrai que la famille des Lucky Dube a respecté la volonté de son fils, mais la famille artiste de la star du reggae sud-africain ne devait pas rester inactive. Lucky Dube ne méritait pas cela. Il a passé plus de la moitié de son existence à combattre certaines injustices tant dans son pays que sur le continent africain et bien au-delà.
André N’guessan