Les pays africains sont appelés à établir des mécanismes pour remédier efficacement au problème de la fuite des cerveaux grâce à une coopération scientifique Sud-Sud et Nord-Sud, ont recommandé les participants à une conférence internationale sur le "Partenariat scientifique avec l'Afrique".
Dans leur rapport final, adopté jeudi à l'issue des travaux de cette conférence, tenue du 3 au 6 mars au siège de la Commission économique pour l'Afrique (CEA) à Addis-Abeba, les participants, scientifiques africains et internationaux, ainsi que des partenaires au développement, ont exhorté les gouvernements africains à "créer les conditions favorables à l'emploi d'experts locaux de la science, de la technologie et de l'innovation et à mettre en place une masse critique d'experts dans ces domaines et de communautés de savoir dans leurs pays respectifs ".
Lors de cette conférence, initiée par la CEA en partenariat avec l'Union africaine (UA), le Centre canadien de ressources en cyberpolitiques, l'Unesco et Microsoft, les conférenciers ont souligné l'impératif pour l'Afrique de disposer de politiques dans les domaines de la science, de la technologie et de l'innovation (STI) qui soient axées sur ses besoins fondamentaux, notamment la lutte contre la pauvreté.
La formulation de ces politiques doit reposer sur les indicateurs adéquats de développement et tenir compte de l'infrastructure de chaque pays dans les domaines de STI, ainsi que de ses capacités humaines et financières.
Ils ont aussi recommandé la nécessité d'inscrire les questions relatives au changement climatique dans leurs priorités en matière de science et technologie, en particulier dans leurs projets de partenariats avec l'Union européenne (UE), le Groupe des huit pays les plus industrialisés (G8) et d'autres partenaires au développement, y compris les pays émergents tels que l'Inde, la Chine, la Corée, la Malaisie et le Brésil.
Concernant les droits de propriété intellectuelle et les brevets et transfert de technologies, les participants ont fait remarquer que les pays africains sont aux prises avec de nombreux problèmes ayant trait à la mise en place de systèmes équilibrés régissant les droits de propriété intellectuelle, au renforcement des capacités techniques dans ce domaine et à l'adoption d'une position commune au sein des instances internationales. Ils ont, à cet égard, proposé le lancement de grandes campagnes de renforcement des capacités et de sensibilisation aux questions relatives aux droits de propriété intellectuelle et aux brevets, et la nécessité d'accroître le rôle des institutions des pays africains en tant que dépositaires des connaissances autochtones et de l'artisanat traditionnel africains à travers la mise en application des lois sur la protection des droits de propriété intellectuelle.
Au registre des TIC et innovation, les conférenciers ont invités les pays africains à élaborer des politiques et des stratégies en matière des TIC et d'innovations, qui constituent une base solide pour mettre la science, la technologie et l'innovation au service du développement.
Ils ont également soutenu la nécessité de mettre sur pied un plan d'action régional africain sur l'économie du savoir qui servira de base pour faciliter l'accès aux connaissances et créer des communautés et d'entreprises commerciales collaborant en réseau. Cette conférence, la première du genre, a pour objectif de favoriser des discussions de haut niveau sur les moyens de développer la recherche scientifique pour le développement, alors que les pays africains y consacrent annuellement moins de 1% de leur PIB.
Il ressort des chiffres fournis par un document distribué lors de cette conférence, que l'Afrique compte l'effectif le plus faible des chercheurs dans le monde avec 1,1%, derrière l'Amérique latine, les Caraïbes et l'Océanie (2,5% et 1,4% respectivement), alors que l'Europe compte 33,4% et l'Amérique du Nord 24,8%.
Le document note également qu'en dépit de toutes les
initiatives menées par les pays
africains, très peu de progrès ont été accomplis en matière de promotion de la science et de la technologie en Afrique, comme le montrent le faible nombre de chercheurs par millions d'habitants dans les pays africains et le maigre montant alloué aux dépenses totales de la recherche et développement (R&D) de ces pays.
Production d'idées
Outre les questions de financement, les participants à cette conférence internationale sur le "Partenariat scientifique avec l'Afrique" ont identifié les besoins dans le domaine des capacités, à travers l'utilisation des résultats de la recherche scientifique et la création d'une plus grande interaction entre les scientifiques africains et leurs confrères des pays industrialisés. La conférence s'est déclinée en plusieurs ateliers portant notamment sur les thèmes suivants : "Evaluation de la politique en matière scientifique et le développement des nouvelles méthodologies", "Brevets d'invention et transfert de technologie en Afrique", "Programmes internationaux d'appui à la science, à la technologie et à l'innovation en Afrique" et "Innovation scientifique et technologique - production d'idées".
Par MAP