 |
| Moussa Kaka sortant du prison/Photo RFI |
La cour d'appel de Niamey a ordonné la liberté provisoire du correspondant de RFI en requalifiant en délit les faits qui lui sont reprochés : « atteinte à l'intégrité du territoire national par entente avec des éléments du MNJ », le Mouvement des Nigériens pour la justice, la rébellion touareg.
Il avait été arrêté le 20 septembre 2007. Le PDG de RFI, Alain de Pouzillac, s’est dit très heureux que Moussa Kaka ait retrouvé la liberté. Il était 10 heures à Niamey, 11heures à Paris, quand la présidente de la chambre d'accusation de la cour d'appel de Niamey a lu le délibéré. La cour d'appel a ainsi ordonné d’office la mise en liberté provisoire de Moussa qui est ainsi renvoyé devant le tribunal correctionnel. Il encourt, néanmoins, une peine d’un à dix ans de prison, selon son avocat, Me Fodi Boureima.
Mais le plus important c'est que Moussa Kaka peut maintenant attendre cette nouvelle présentation devant le juge, libre. Après un an et 17 jours de prison, il est sorti de la maison d'arrêt, avec sur lui le tee-shirt RFI. Un Moussa acclamé par les gardiens de la prison, mais aussi par ses compagnons d'infortune, attendu fébrilement et dans une extrême émotion par une cinquantaine de personnes dont son épouse Djamila, certains de ses six enfants et plusieurs confrères nigériens.
Dès la décision de la cour d'appel de Niamey, Christine Ockrent, directrice générale déléguée de RFI, a réagi à cette nouvelle. Elle a exprimé son « grand soulagement » à l'idée que le journaliste puisse « respirer librement et rejoindre sa famille », et espère une décision clémente du tribunal correctionnel.
Christine Ockrent et Alain de Pouzillac, nouveau PDG de RFI, avaient rencontré le président nigérien Mamadou Tandja en septembre dernier à Niamey. Moussa Kaka, 47 ans, est le correspondant de RFI au Niger depuis quinze ans. Le journaliste est également correspondant de Reporters sans frontières (RSF) et directeur de la radio privée Saraounya. Il est poursuivi sur la base d’enregistrements d’écoutes téléphoniques, notamment avec Agaly Ag Alambo, chef du MNJ. Les autorités nigériennes qualifient les dirigeants de ce mouvement de « bandits armés et de trafiquants de drogue ».
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'est déclaré mardi « très heureux » après la mise en liberté provisoire du correspondant de RFI : « Je remercie tous ceux qui y ont participé, notamment le président du Niger (Mamadou Tandja), parce qu'il a quand même fait ce geste », a-t-il déclaré à la presse en marge d'une audition à l'Assemblée nationale. « Comme je voulais aller au Niger, je pourrais y aller, bientôt, la conscience tranquille », a ajouté M. Kouchner.
www.rfi.fr