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| PPDA avec David Puyadas en entretien avec Nicolas Sarkozy |
Le départ attendu de Patrick Poivre d'Arvor, 60 ans, journaliste star de TF1 depuis plus de 20 ans, signe la fin d'une époque pour la télévision française dont il est une figure les plus célèbres, regardée chaque soir par près de neuf millions de personnes.
Patrick Poivre d'Arvor, surnommé "PPDA" (ses initiales), devrait être remplacé dès septembre par la journaliste Laurence Ferrari, 41 ans, pour la présentation du journal de 20H00 en semaine, selon une information de la radio RTL, reprise et considérée comme acquise par la quasi-totalité des médias mais toujours pas commentée lundi après-midi par TF1.
PPDA est évincé au moment où la chaîne privée connaît une érosion d'audience, même si son journal télévisé domine toujours très largement celui de son principal rival de la chaîne publique France 2. Le journaliste vedette, aux méthodes parfois controversées, avait fait savoir en avril dernier qu'il s'était fixé la date de 2012 pour arrêter.
Laurence Ferrari a elle annoncé dimanche son départ de la chaîne payante Canal +, où elle animait une émission d'actualité politique. Un sondage l'avait désignée en décembre comme la plus "glamour" des présentatrices de journaux télévisés ou d'émissions d'information.
"PPDA" incarne l'information à la télévision au point que sa marionnette est aussi la star de l'émission satirique "Les Guignols de l'Info" sur Canal+.
Il a été longtemps un homme-clé dans l'organigramme de TF1, la chaîne à la plus forte audience d'Europe, dont il a été directeur adjoint de l'information. Un mélange de rigueur, de décontraction et de séduction lui a attiré un large public.
Mais certains "coups médiatiques" lui vaudront de nombreuses critiques : en pleine guerre du Golfe, il ramène de Bagdad un enfant caché dans un sac de voyage, un événement qui fera la Une de Paris-Match. En 1991, une fausse interview de Fidel Castro - en fait un montage de propos tenus au cours d'une conférence de presse - ternit sérieusement son image.
Comme l'ensemble de TF1, son journal est en perte de vitesse. Il a été délaissé par un million de téléspectateurs en un an, victime d'un phénomène d'usure -que Laurence Ferrari est appelée à contrer- et de la concurrence des nouvelles chaînes gratuites de la TNT.
En mai, l'audience globale de la chaîne (27,2%) marquait un décrochage par rapport à celle constatée un an auparavant (31,4%) et son chiffre d'affaires a reculé de 6% au 1er trimestre 2008.
Le journal Le Monde de lundi évoquait aussi une "reprise en main de l'information de TF1" avec l'arrivée simultanée d'un nouveau directeur de l'information, Jean-Claude Dassier, considéré comme un "proche" du président Nicolas Sarkozy.
Respectée pour sa pugnacité et son professionnalisme, Laurence Ferrari avait présenté des journaux sur LCI, la chaîne info du groupe TF1, avant d'inaugurer en 2000 sur cette chaîne le nouveau magazine d'information dominical "Sept à huit", qu'elle coprésentait alors avec son mari Thomas Hugues, puis de partir sur Canal +.
Elle a su imposer son émission, intitulée "Dimanche +", parmi les grands rendez-vous politiques des médias.
En décembre dernier, elle a fait condamner la société Mondadori, éditrice du magazine people Closer, à lui verser 12.000 euros de dommages et intérêts pour avoir fait état de rumeurs lui prêtant une relation avec le président Sarkozy.
AFP