Pour rehausser le niveau de l’athlétisme togolais, l’Allemagne a envoyé au Togo, un expert pour former les entraîneurs togolais. Il s’agit de Karba Lanwi, un fils du terroir, mais qui a également la nationalité allemande. Il était - durant ce stage - assisté d’un autre expert allemand qui réside au Togo depuis environ 2 ans. L’Agence Savoir News a rencontré M.Lanwi pour un entretien à bâtons rompus.
Savoir News: Vous êtes un expert togolais basé en Allemagne. Vous avez été dépêché par l’Allemagne pour une formation aux entraîneurs en athlétisme Togolais. Parler nous de cette formation.
Karba Lanwi: Je voudrais tout d’abord préciser que je suis togolo-allemand, c’est l’une des causes pour lesquelles l’Allemagne m’a envoyé au Togo pour former les entraîneurs d’athlétisme en collaboration avec un expert allemand qui était déjà au Togo depuis 2007. C’est juste un système de tandem que l’Allemagne a voulu tester pour la première fois au Togo. Concernant ce que nous avons inculqué aux entraîneurs, c’était juste la planification de l’entraînement pour que nos entraîneurs se hissent au niveau international en ce qui concerne la planification et l’agencement des séances d’entraînement. Nous leur avons aussi appris la physiologie du sport, afin qu’ils puissent mieux connaître leurs athlètes et qu’ils puissent leur appliquer un certain dosage d’entraînement. Vous n’êtes pas sans savoir qu’en entraînement, on ne parle souvent du volume et de l’intensité. Si les deux ne sont pas compatibles avec la constitution musculaire des athlètes, il y a problème: ce qui engrange par exemple les petites blessures par ci, les petits accidents musculaires par la. Nous leur avons aussi appris comment organiser non seulement leur séance d’entraînement, mais aussi comment organiser leur club d’athlétisme afin qu’ils puissent se mettre au diapason des autres pays, pas forcement les pays européens mais certains pays déjà avance en athlétisme.
Savoir News : Combien d’entraîneurs avez-vous former et dans quelle discipline?
Karba Lanwi : Nous avons formé pour la première phase, 24 entraîneurs il y a deux ans dans toutes les disciplines (les lancées, les sauts, les courses, les sprintes et les courses longues (marathon, semi marathon…)
Savoir News : Est-ce que vous avez le sentiment d’avoir inculqué quelque chose à ceux-là que vous venez de former ? Sont-ils réceptifs ?
Karba Lanwi : Ils ont été très réceptifs d’autant plus que après la formation, j’ai fais un tour sur le terrain d’entraînement afin de voir à peu près les entraîneurs à l’œuvre. J’ai été agréablement surpris qu’il y a deux ou trois entraîneurs qui entraînaient leurs athlètes exactement comme nous leur avons enseignés lors de la formation. Et c’était déjà un plus. Cela m’a vraiment réjouis.
Savoir News: Pensez-vous que cette formation peut changer le niveau de l’athlétisme au Togo ?
Karba Lanwi : On espère que les entraîneurs auront une certaine vue évolutive d’autant plus que, au Togo actuellement, nous essayons avec l’accord de la direction technique nationale et de la fédération togolaise d’athlétisme, de mettre en place une direction de développement des entraîneurs, de l’athlétisme. Et de commun accord avec le président de la fédération, je sais que, d’ici peu, cette direction sera installée et à partir de là, les entraîneurs formés seront suivis méthodiquement et seront aidés dans l’exécution de leur tâche
Savoir News: Parmi les disciplines énumérées plus haut, quelles sont celles qui sont les plus porteuses?
Karba Lanwi : Je dirai que pratiquement, le Togo a de la chance de former des athlètes dans toutes les disciplines, parce qu’il ne manque pas de potentialités au Togo. Nous avons beaucoup de potentialités, mais c’est à nous de pouvoir les mettre en jeu afin que les athlètes puissent fournir des performances de haut niveau. Mais je vais particulièrement dire que le demi-fond et le marathon sont des disciplines qui seront porteuses au Togo. Vous n’êtes pas sans savoir que nous avons toujours un exemple d’un certain Fiagan qui court depuis près de 20 ans et qui développe une bonne performance. C’est un exemple parmi tant d’autres. Il y a une athlète actuellement qui a gagné le marathon de l’espoir, Aliou Zalia qui court déjà il y a dix ans. C’est juste pour dire que, au-delà de ces exemples, il y a en a plusieurs au niveau de Sprintes, des sauts. Si nous mettons les moyens financiers et les matériels à leur disposition, le Togo pourra compter parmi les grandes nations en athlétisme
Savoir News : En tant qu’expert, de quels maux souffre l’athlétisme togolais? Et quelles sont les solutions ?
Karba Lanwi : Pour dire vrai, j’ai été entraîneur au Togo avant de partir faire mes études en Allemagne et l’entraînement aussi. Arrivé en Allemagne, j’ai dû constater les écarts entre l’entraînement au Togo et en Allemagne. C’est un écart assez considérable. Mais j’insiste toujours: si nous mettons certains moyens à la disposition des entraîneurs et des athlètes, je crois que l’écart qui sépare les deux pôles d’entraînement, sera un tout petit peu fermé. D’abord je voulais parler des moyens financiers. La Fédération Togolaise d’Athlétisme (FTA) en souffre vraiment. Pour les moyens matériels, vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a certains entraîneurs qui n’ont pas par exemple les matériels de javelot, de poids et les masses marquées. Il y a certains entraîneurs qui ne peuvent pas entraîner par exemple le saut en hauteur, parce qu’il n’a pas les installations pour cette discipline. Certains entraîneurs malgré qu’ils aient de bons coureurs de semi marathon, n’ont même pas de chrono. Ces genres de problèmes matériaux freinent l’éclosion de performances en athlétisme au Togo.
Savoir News