Les bergers ont, à la faveur de la célébration de la Tabaski ou fête du mouton ou encore Aïd El Kebir, prévue mercredi, investi les marchés d’Abidjan avec leurs moutons et attendent patiemment les clients du fait des prix exorbitants affichés, a constaté APA.
La commune de Port-Bouët, qui abrite le plus grand abattoir d’Abidjan, est reconnue comme le site le plus propice pour le marché des moutons, où affluent de nombreucxtroupeux provenant de pays voisins de la Côte d’Ivoire, Mali, Burkina Faso, et Niger.
La commune est de fait une zone de transit et un point d’éclatement à la fois ou viennent s’approvisionner les revendeurs qui tentent d’acheminer les bêtes vers d’autres communes, telles que Williamsville, Abobo, entre autres.
Sur les différents sites, les bêlements se mêlent aux klaxons des véhicules ou aux cris des vendeurs appelant les clients, provoquant des des bruits assourdissants par moment.
« Approchez, Venez madame, ici y a moins cher, ils sont gros et moins chers nos moutons », s’écrie Ousmane B., voulant convaincre les clients de s’approcher de son bétail.
En réalité, ce qu’il croit être un bon prix, ne l’est pas pour tous les clients, puisque les prix varient entre 45 000 Fcfa à 200 000 FCFA ou plus.
A quelques heures de la fête, le plus bas prix appliqué sur le marché des moutons est de 45 000 Fcfa.
« Nous sommes des revendeurs, nous achetons cher les moutons et nous ne pouvons les revendre en-dessous du prix d’achat. Ainsi sommes-nous obligés de majorer les prix pour avoir un peu de bénéfice. Voilà pourquoi vous trouvez que c’est cher », rétorque à des clients un des voisins de Ousmane.
«C’est un sacrifice qu’on doit faire, et la tradition exige qu’on le fasse. Mais en fait si tu as acheté une fois le mouton, chaque année quelle que soit la situation financière, il est fait obligation d’en acheter un », confirme M. Coulibaly, venu s’acheter deux moutons pour son père et pour son oncle.
Contrairement aux autres années où les prix ont été « abordables, cette année les prix des moutons sont excessifs, on ne sait pas trop pourquoi, à cette allure, j’irai prendre de la viande de bœuf pour remplacer le mouton », se plaint Abdoulaye Sié.
En dehors des moutons, sur les différents marchés d’Abidjan, les prix des denrées alimentaires ont connu une hausse de 50 à 100 FCFA, tel que l’huile dont le litre est passé de 750 à 800 Fcfa.
Le riz a vu son prix pour le sac de 50 kilogrammes passer de 17000 à 18 000 Fcfa en fonction des quartiers et des marchés ainsi que de la qualité.
Autant de prix excessifs font fuir les clients qui ne se bousculent pas à la veille de la fête de la Tabaski, les ressources des ménages s’étant amenuisées du fait de la crise socio-politique qui dure depuis plus de cinq ans.