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| Mr Ahiafor Prosper |
Un Réseau pour la culture de la non violence, le pardon et la paix sera porté sur les fonds baptismaux ce 25 janvier 2010 à Lomé. C'est une initiative des hommes et femmes, membres des associations œuvrant dans ce domaine au Togo pour partager leurs expériences et œuvrer ensemble en vue d’avoir des résultats probants tant au Togo qu'en Afrique. Dans une interview accordée à lomecite.com et en prélude au lancement du réseau, Mr Prosper Ahiafor, membre du réseau pour la non violence, le pardon et la paix au Togo et président du Mouvement MAHATMA Gandhi section Togo, apporte quelques éclaircissements sur le bien fondé dudit réseau et ses objectifs qui entend demander aux autorités togolaise à ce que, la date du 25 janvier soit retenue comme "Journée nationale" pour la non violence, le pardon et la Paix. Lisez plutôt.
Lomecite.com: Pourquoi un réseau pour la non violence, le pardon et la Paix au Togo?
Mr Ahiafor Prosper: Merci. Conscients que le monde d’aujourd’hui vit dans les troubles, dans l’anarchie et dans les actes de violences sous toutes leurs formes, causes des conflits et des guerres ; conscients qu’ils deviennent la préoccupation de l’Organisation des Nations Unies (ONU), de l’Union Africaine (UA), de tous les Etats membres et des organisations de la société civile ; conscients que malgré tous ces efforts louables consentis tant sur le plan national qu’international, il reste encore beaucoup à faire en la matière pour que la paix et le pardon soient durables et effectifs ; nous hommes et femmes, membres des associations œuvrant dans le domaine de la non violence, du pardon et de la paix au Togo, avons décidé de nous constituer en un réseau dénommé : Réseau pour la non-violence, le pardon et la paix en sigle « RNPP » en vue de partager nos expériences et d’œuvrer ensemble en vue d’avoir des résultats probants. Signalons que le réseau a pour but de promouvoir la culture de la Paix, de la Non Violence et du Pardon au Togo, en Afrique et dans le monde.
Quels sont les objectifs du réseau?
Il s'agit pour nous de contribuer à
1.promouvoir et protéger la paix
2. Promouvoir et protéger les droits de l’homme
3. Promouvoir la non-violence
4. Promouvoir le pardon
5. Lutter contre la violence religieuse
6. Lutter contre le racisme, l’ethnicisme, le régionalisme et le tribalisme.
7. Œuvrer pour la formation civique
En vue d’atteindre ses objectifs, le réseau entend user de tout moyen légal visant à :
• Informer les uns et les autres sur les dangers de la violence et des conflits
• Sensibiliser les jeunes à l’adoption des comportements non violents.
• Former des messagers et des ambassadeurs de la paix et du pardon.
• Sensibiliser tous les peuples africains sur les avantages du pardon
• Organiser des tables rondes, des rencontres, des campagnes, des causeries débats, des séminaires, des colloques et des conférences.
• Animer des émissions radiotélévisées et publier des articles dans les journaux
• Encourager le partenariat entre le réseau et les organisations nationales, africaines et internationales ayant le même but et les mêmes objectifs.
Pourquoi votre réseau propose que la date du 25 janvier soit retenue par l'Etat comme "Journée nationale" pour la non violence, le pardon et la Paix?
Pour l’histoire, retenez que, depuis la fondation du Togo le 04 Juillet 1884 jusqu’au 05 Mai 2005, notre pays a connu plusieurs évènements douloureux qui ont causés des pertes en vies humaines. Mais la manifestation du 25 janvier 1993 avait un caractère spécial.. Contrairement a beaucoup de manifestations où les jeunes s’armaient de gourdins et des armes blanches à titre préventif disent-ils, ce 25 janvier 1993, tous les participants étaient vêtus de blanc, la tête ceinte d’un ruban de la même couleur et munis d’une bougie blanche, flamme de l’espoir. Plus de 500 000 Togolais répondirent présents. C’était toute la population de Lomé qui était présente. Une manifestation pacifique pour réclamer la paix. Une grande première dans l’histoire du Togo qui malheureusement a été étouffée dans le sang. Alors pourquoi ne pas retenir cette date pour célébrer la non-violence et la paix au Togo ? Ça fait débat et que Dieu nous guide.
Lomecite.com: Que s'est-il passé réellement le 25 janvier 1993 à la place Fréau Jardin de Lomé?.
En effet, après la séquestration et le passage à tabac des membres du Haut-Conseil de la République (HCR) par des militaires le 26 Octobre 1992, le Collectif des forces démocratiques (COD II) à la tête duquel se trouvait le professeur Léopold Gnininvi, a lancé une grève générale illimitée le 16 novembre 1992, pour protester contre la violence, la terreur et l’intimidation quotidienne dont sont victimes les populations togolaises et réclamer la démission de feu Président Gnassingbé Eyadema.Alors, une crise majeure est ouverte et une médiation franco-allemande se met en place. C’est dans ce cadre Marcel Debarge, ministre français de la Coopération et le Secrétaire d’Etat allemand aux Affaires étrangères Helmut Schäfer se rendent dans notre pays. Ils y rencontrèrent tous les protagonistes de la crise.
Toute l’opposition démocratique, profitant de ce passage des émissaires européens, décida d’organiser une manifestation pacifique le 25 janvier 1993 pour témoigner de la détermination du peuple et de son profond désir de changement. Rappelons que, cette manifestation devait partir de la Place Fréau Jardin et aboutir au Palais des Congrès de Lomé. A peine débutée, elle fut étouffée dans le sang avec les coups de feu des hommes armés. On dénombra de nombreuses pertes en vies humaines, des blessés, des disparus et aussi d’importants dégâts matériels.
Lomecite.com: Merci Mr Ahiafor Prosper
La rédaction