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Mercredi, 01.20.2010, 06:48am (GMT)
Au Togo, elle symbolise la prise du pouvoir par le général Eyadéma, mais également l’assassinat du père de l’indépendance, Sylvanus Olympio. C’était en 1963. Habituellement, on la célébrait avec faste. Mais Faure a voulu rompre avec cette commémoration qui divise, et donc décrété qu’elle serait désormais une date de réconciliation. Ainsi, ce 13 janvier, il n’y a pas eu de chars ni de défilé, en lieu et place, les différentes confessions religieuses se sont retrouvées au palais des congrès pour une prière à laquelle a assisté le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé. Certes, le Comité d’action pour le renouveau (CAR) et l’Union des forces du changement (UFC) n’étaient pas là, ni d’ailleurs la famille Olympio. Et pourtant, ce fut l’occasion au cours de laquelle un hommage a été rendu à Sylvanus Olympio. D’ailleurs, Faure a l’intention de rapatrier les restes du premier président à Lomé (il est inhumé à Agoué (localité frontalière au Bénin), initiative à laquelle s’oppose son fils Gilchrist. Du reste, l’opposition n’a pas adhéré à cette volonté de Faure, laquelle a été déclinée lors de son discours du nouvel An. Curieusement, les 13, 14 et 15 janvier 2010, le palais des congrès été transformé, en l’espace de quelques heures, en funarium : après la journée de prières et de recueillement du 13 janvier, le 14, c’est sur le même lieu que la Nation rendait un hommage appuyé à l’artiste-plasticien de renom, Paul Ahyi. Le lendemain, le 15 janvier, le ban et l’arrière-ban du tout-Etat, avec à sa tête Faure Gnassingbé, assistaient en ce même endroit aux obsèques des deux victimes du Cabinda, Ameleté Abalo et Stanislas O’cloo. Mais si le football, CAN oblige et surtout drame de Cabinda impose, est au cœur des conversations à Lomé en cette mi-janvier, la politique reste bien le sport favori des Togolais. Pour la simple raison que la présidentielle est prévue en principe pour le 28 février 2010. Et l’heure est aux investitures tous azimuts : le RPT, lui, a investi son porte-étendard naturel ( ?), Faure Gnassingbé, le 12 janvier. Un adoublement qui s’est fait par procuration, puisque le chef de l’Etat sortant était aux abonnés absents au palais des congrès, où a eu lieu l’investiture. Pourquoi (lire Brèves de Lomé en encadré). En tout cas, la veille, le lundi 11 janvier 2010, Faure était annoncé pour cette investiture. C’est tard dans la nuit qu’il passa un coup de fil à Foly-Katari Bazi pour le représenter. Une absence qui a jeté un froid sur la cérémonie et suscité beaucoup d’interrogations tant au niveau des barons du mégaparti que sur l’opinion publique togolaise. C’est à quelques encablures de l’aéroport dénommé Togo-2000 que le Comité d’action pour le Renouveau (CAR) a jeté son dévolu sur son fondateur, Me Yawovi Madji Agboyibor. Au cours d’une cérémonie empreinte de religiosité, “le Bélier noir” a été investi pour conquérir la magistrature suprême. Une investiture au cours de laquelle ont été dépeints les maux du Togo. Du reste, lors de son discours, le fraîchement investi a fait savoir que ce n’est pas à Faure que le CAR a affaire, mais au “système RPT” qui a survécu à Eyadéma, utilisant l’expression même de “référendum”. Le 28 février, les Togolais devront répondre à la question suivante : “Voulez-vous oui ou non continuer avec le système RPT ?”, a-t-il laisser entendre ; toujours le 15 janvier, l’Union des forces du changement (UFC) se trouvait un candidat par défaut en remplacement de Gilchrist Olympio. Ce dernier, perclus aux USA par un mal lombaire et ne pouvant pas faire le déplacement à Lomé, c’est donc le secrétaire général du parti, Jean-Pierre Fabre, qui a pris le flambeau. A ce sujet, une longue réunion s’est tenue dans la journée du 15 janvier pour déterminer l’attitude à tenir. En effet, Gilchrist, avec d’autres responsables du parti, étaient pour le retrait de l’UFC de cette présidentielle (lire Brèves de Lomé) ; beaucoup d’appréhensions étaient perceptibles au sein de l’UFC, alors que le temps pressait, le délai pour le dépôt des dossiers étant fixé à ce 15 janvier à 0 heure ; Koffi Yamgname, avec son mouvement sursaut-Togo, va essayer également de s’asseoir sur le fauteuil de Faure Gnassingbé. “Je veux par-dessus tout convaincre et non vaincre”, nous confiait l’ex-ministre de Mitterrand ; Va-t-on reporter le scrutin ? Certes, l’article 61 de la constitution togolaise dispose que “le scrutin présidentiel est ouvert sur convocation du corps électoral par décret pris en Conseil des ministres, 60 jours au moins et 75 jours au plus avant l’expiration du mandat du président en exercice”. Faure Gnassingbé a été élu le 25 avril 2005, et entre cette date et le 28 février ; il y a 55 jours ; si on y ajoute 25 jours, il peut rester au pouvoir jusqu’au 20 mai 2010. Encore que l’article 59 de la Loi fondamentale stipule que “le président de la République reste en fonction jusqu’à la prise de fonction effective de son successeur”. Mieux, selon le vice-président de l’UFC, Patrick Lawson, l’opposition est prête à laisser le chef de l’Etat au pouvoir pour quelques semaines ou mois, si c’est le prix à payer pour des élections transparentes. L’argument du vide institutionnel invoqué par le RPT ne tient donc pas selon l’opposition. L’autre casus belli politique pouvoir/opposition est relatif au montant de la caution, fixé à 20 millions de F CFA. L’article 174 du Code électoral astreint effectivement les candidats à la présidence au dépôt au Trésor public d’un cautionnement dont le montant est fixé sur proposition conjointe de la CENI et de l’Administration territoriale. Et en l’espèce, le président de la CNI, Taffa Tabiou, s’en est remis au bon vouloir, “à l’arbitrage”, pour reprendre son terme, du chef de l’Etat “afin que le montant qui sera retenu en Conseil des ministres fasse coïncider aussi bien la hauteur de la fonction du président de la République”. La somme de 20 briques fut alors arrêtée, “la mer à boire” pour de nombreux candidats : “Nous avons ramé pour pouvoir payer la caution”, affirme Gérard Adja, un proche d’Agbeyomé Kodjo, le président de l’OBUTS, qu’on dit pourtant riche. On n’a pas été Premier ministre, président de l’Assemblée nationale, DG du port autonome de Lomé pour rien ! Conjurer le syndrome de 2005 Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
lomecite.com
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