L’arrestation d’Eugène Atigan-Améti depuis le 19 septembre dernier suscite des commentaires les plus folles dans la capitale togolaise Lomé et sur l’Internet. L’homme est présenté en détail depuis ses supposées relations professionnelles qu’intimes jusqu’à son train de vie qualifié d’extravagant.
Co-présentateur avec Edwige N’zonou de «Couleurs des Vacances» l’une des émissions les plus suivies sur la première chaîne de télévision nationale, Eugène a la qualité exceptionnelle d’amener le téléspectateur à suivre l’intégralité de leur émission. Il a débuté sa carrière sur l’une des radios périphériques privées de Lomé, Tropik Fm, avant de se frayer un parcours fulgurant sur la Télévision Nationale Togolaise (Tvt) avec l’émission Télé Loisirs produite par M. Ohin et plus tard Le Cabaret de Saint-Valentin. Il s’est aussi imposé dans la présentation des spectacles et autres activités culturelles.
Eugène pris en flagrant délit
L’édition 2009 de Couleurs des Vacances à peine clôturée en beauté, tel un couperet, l’arrestation d’Eugène est venue ternir l’image de la meilleure émission interactive de la Tvt. En effet, ce 19 septembre, pendant qu’il s’apprêtait à se rendre à Amsterdam, il a été appréhendé par les services de sécurité de l’Aéroport International Gnassingbé Eyadéma (Aige) en possession d’une quantité importante de drogue enfouie dans un sac. L’information a fait immédiatement le tour de Lomé avec des rumeurs les plus incroyables.
Il a été présenté comme un Chargé de mission à la Présidence de la République très proche du Chef de l’Etat et, à ce titre, dispose d’un passeport diplomatique. En sus, selon toujours les rumeurs attribuées à une source discrète de l’Agence Nationale des Renseignements, il a impliqué un demi-frère cadet du Président de la République comme son mentor. Et plus loin, la directrice de l’agence de voyage Jossika voyage.
Rien que des affabulations
Face à la gravité de ces informations dont nous ignorons les principales sources, le journal L’Union s’est approché des autorités compétentes pour en vérifier leur crédibilité. Il ressort donc de nos investigations que le sieur Eugène n’a jamais été chargé de mission à la Présidence de la République et qu’il n’entretient aucune relation particulière avec le Chef de l’Etat. Pour preuve, ni son nom, ni son image ne figure nulle part parmi les Conseillers et encore moins les Chargés de mission à la Présidence. Référence faite surtout au site Internet de la Présidence (www.presidencetogo.tg).
Au niveau de la Direction Générale de la Documentation Nationale (Dgdn), il n’a bénéficié que de passeports ordinaires. "A quel titre doit-on lui délivrer un passeport diplomatique ?", nous a-t-on sèchement répondu. "S’il détient un passeport diplomatique, ce ne peut qu’être un faux", a en outre ajouté notre source.
En ce qui concerne l’implication d’un prétendu demi-frère cadet du Chef de l’Etat, les autorités policières ont été fermes pour faire savoir qu’à leur connaissance, le coupable n’a jamais donné d’indication sur une quelconque complicité. A ce sujet, elles ne comprennent pas les raisons qui poussent certains individus à noircir de paisibles citoyens pendant que l’instruction suit son cours. A l’évidence, citer nommément les membres de la famille Gnassingbé relève alors d’une volonté manifeste d’ébranler le pouvoir en place.
Sur la toile, il est indiqué que Mey Gnassingbé est le patron d’Eugène et que le pouvoir cherche à le protéger. Approché, ce dernier nous a confirmé ce que ses proches nous avaient déjà dit, qu’il n’a aucune relation avec le coupable et qu’il ne l’a jamais rencontré ni physiquement ni au téléphone.
En attendant que cette affaire, encore en instruction, aille devant les juridictions compétentes, nous conseillons à notre lectorat une extrême prudence face aux nombreuses rumeurs dirigées. Ayons de la peine pour des citoyens en difficultés, malgré la gravité de leur acte.
© L’Union du 2 octobre 2009