Une conférence, suivie d’un débat, s’est tenue mardi au siège de la Commission Vérité Justice et Réconciliation, autour de l’essai intitulé "Réconciliation et Justice" du Canadien Stéphane Leman Langlois.
"Réconciliation et Justice" est une étude des processus engagés par les commissions de réconciliation, diversement nommées dans les différents pays où elles furent mises en place.
L’auteur, Stéphane Leman Langlois, professeur d’université et chercheur en surveillance et structure du risque à Laval, Québec, a étudié trois cas de commissions de réconciliation, celles de l’Argentine, du Chili et de l’Afrique du Sud.
Claudine Anianyo, membre de la Commission Vérité Justice et Réconciliation, a animé cette conférence-débat, devant une soixante de personnes des milieux associatifs, parlementaires, de la magistrature et des journalistes, sur une initiative de l’ambassade des Etats-Unis au Togo représentée ce mardi, par sa directrice des affaires publiques.
L’ouvrage "Réconciliation et Justice" dégage les principes fondateurs qui animent les commissions de réconciliation et détaille les difficultés qu’elles rencontrent.
"La commission d’enquête est une alternative à la sanction pénale", a noté Me Anianyo en résumant l’ouvrage au public.
Le but des commissions est "d’éviter l’impunité mais aussi le schéma crime-châtiment qui prévalait dans le régime politique visé par la commission. Elle offre néanmoins une réhabilitation aux victimes. La commission permet de cerner les divers degrés de culpabilité des personnes compromises par le régime suspect. Et elle permet aux victimes de témoigner. Enfin, la commission prévoit la compensation financière qui sera offerte aux victimes".
Le travail d’une commission est d’enquêter pour "produire une vision d’ensemble" du régiment sous lequel se sont commises des exactions. La commission permet une "justice réparatrice".
"Le livre montre que pour toutes les commissions la tâche est difficile. Spécialement au Togo, notre tâche est difficile car, le contexte socio-politique togolais est difficile. Mais, nous nous efforçons de comprendre le contexte et les individus. Avec ce que nous avons comme exemple des autres commissions, nous allons nous approcher de nos objectifs", a expliqué Me Anianyo.
"La volonté politique est l’élément moteur, comme le dit l’auteur. Et il faut des moyens conséquents. Le budget moyen des commissions est de 8 à 12 milliards de dollars. Mais, l’élément qui me semble déterminant, c’est l’engagement des institutions, l’engagement des populations", a poursuivi Mgr Nicodème Anani Barrigah-Bénissan, Evêque d’Atakpamé et président de la commission togolaise Vérité Justice et Réconciliation.
L’ONU a initié la commission togolaise Vérité Justice et Réconciliation au lendemain de l’élection présidentielle de mars 2005. La commission s’intéresse à la période allant de 1958 à 2005.
La commission "n'est pas un tribunal, elle n'a pas le pouvoir de juger qui que ce soit ; elle n'a pas le pouvoir d'amnistier qui que ce soit".
Elle dispose le "d'entreprendre des investigations approfondies auprès des personnes, des institutions, des administrations, des autorités politiques, religieuses, traditionnelles et de la société civile, d'accéder aux archives, aux documents, de recueillir tous les éléments nécessaires à l'établissement de la vérité".
Savoir News