Les accidents de la circulation avec leurs cortèges de morts et
de blessés sont le lot quotidien des populations. Chaque jour apporte son
lot d’accidents. Trois accidents graves ont eu lieu cette semaine et sont
venus s’ajouter à la série noire sur nos routes. Le premier sur le Boulevard
Eyadèma, le second à Avépozo et le troisième sur la nationale N° 1 à
Togblékopé, le plus tragique.
Sur
le Boulevard Eyadèma, au niveau du Garage Central, s’est produit un accident
dans la journée du lundi 9 mars 2009. Un minibus de neuf places dont les
freins auraient lâché, a percuté un train au passage à niveau sur le
Boulevard. Heureusement, il n’y avait pas de passagers à bord du véhicule.
Le conducteur qui était seul a été grièvement blessé.
A
Avépozo, c’est un véhicule de l’Opération Araignée n° 154 qui a tamponné
deux personnes sur une moto qui revenaient d’Aného dans la nuit du dimanche
8 mars 2009 aux environs de 19 heures. L’accident s’est produit juste avant
la plaque de l’église catholique érigée au bord de la route. Selon les
témoins du drame, l’équipe de patrouille qui sortait d’une rue adjacente n’a
pas fait le contrôle adéquat avant de s’engager sur la voie principale. Les
policiers se sont arrêtés après l’accident mais avaient opposé un refus
catégorique d’amener les deux accidentés à l’hôpital, malgré l’intervention
des habitants du quartier.
Les deux
personnes ont passé plus d’une heure gisant dans le sang, avant qu’une bonne
volonté ne les évacue dans un centre hospitalier. « Le retour à la vie des
deux hommes relèverait d’un miracle. Si les victimes avaient été sauvées à
temps, peut-être qu’elles auraient survécu. Mais elles ont perdu beaucoup de
sang face au refus des policiers de les amener à l’hôpital », s’est indigné
un témoin. Comme on le voit, le problème d’assistance à personne en danger
se pose. Avant que le constat ne soit établi, l’équipe de patrouille aurait
pu porter secours aux victimes.
N’est-ce pas
juste qu’à l’occasion des accidents dont les citoyens sont victimes, dans
nos villes, ce sont les forces de sécurité, notamment les policiers et les
gendarmes qui s’occupent de secourir les accidentés en les évacuant
d’urgence dans les centres de soin, en vue de sauver leur vie ? Comment dans
ce cas précis, des hommes en uniforme à bord de leur véhicule de service
ayant été à l’origine de l’accident, ont-ils pu refuser de porter secours à
des blessés qui probablement, pour avoir perdu beaucoup de sang, seraient
plus proches de la mort que de la vie ? Quelle indifférence face à la
souffrance de l’autre et face à l’imminence de la mort de son prochain ?
Comment peut-on s’expliquer pareille attitude ? Où va le Togo ? Ce n’est pas
à nous de répondre à cette question ? La question à tous les Togolais.
Togblékopé : 19
morts
L’accident de
Togblékopé survenu dans la nuit du lundi 9 mars 2009 aux environs de 20 h 30
est le plus tragique. 19 personnes ont péri dans le drame. Il s’agit de 8
hommes, 9 femmes et 2 enfants, passagers d’un minibus de 15 places. Parti de
Lomé à destination de Tchamba, le bus a été percuté sur le pont par un poids
lourd chargé de 40 tonnes de ciment et les deux véhicules se sont retrouvés
au fond de la mare. Les sapeurs pompiers qui s’évertuaient le lendemain à
dégager les deux véhicules, ont passé plusieurs heures sous le pont sans
malheureusement retrouver de survivant.
« Un
véhicule Titan, dans sa manœuvre de dépassement, a heurté un minibus qui
ralentissait au niveau du pont et les deux véhicules sont tombés dans le
ravin. Nous déplorons malheureusement 19 morts », a expliqué le ministre
de la Sécurité et de
la Protection
civile Atcha Titikpina avant de lancer un appel à l’endroit des usagers de
la route. « Nous saisissons encore l’occasion pour rappeler à nos
conducteurs que nous sommes en train de vivre ces derniers temps des
situations déplorables d’accidents de circulation. Nous demandons aux uns et
autres de bien respecter le code de la route », a indiqué le ministre.
A cause de leur
étroitesse, les ponts au Togo de façon générale et celui de Togblékopé en
particulier sont des pièges mortels. La traversée de ces ponts exige des
conducteurs une vigilance extrême dont malheureusement ces chauffeurs n’ont
pas fait preuve. Le réseau routier togolais est dans un état défectueux. A
cela s’ajoutent l’étroitesse de la chaussée, l’absence d’accotements
stabilisés, une signalisation insuffisante, un manque d’équipement de
sécurité et d’éclairage… Autant d’anomalies et de pièges qui entraînent
chaque année la mort de milliers de personnes.