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| Une boutique de friperie (Photo archive) |
Evariste Agouan, responsable dans une institution financière à Lomé ne fréquente plus depuis deux ans, les grands magasins de vêtements prêt à porter. "J’ai même perdu les contacts de mes couturiers, depuis que j’ai découvert +America Kpédji+ (marché de la friperie, comme l’appellent souvent les jeunes de Lomé)", se réjouit le jeune banquier. M.Agouan rend souvent visite à ses "fournisseurs", après les heures ouvrables, en raison des contraintes du service. "Je possède au moins deux vendeurs qui me réservent de beaux costumes et de belles chemises (…) à moindre coût", se vante-t-il.
"Les prix des chemises varient entre 2000 et 3000 F.CFA, tandis que les vestes me sont souvent cédées à 15.000 F.CFA ", dévoile M.Agouan, vêtu d’une veste tergal bleu marine. "Mes collègues, surtout les femmes m’admirent quand je porte cette veste, alors que je l’ai achetée dans le +coin+", murmure-t-il à l'oreille d'un journaliste de l'Agence Savoir News.
Dans les boutiques de la capitale togolaise, les prix des chemises varient entre 8.000 et 25.000 F.CFA, tandis que les vestes sont vendues entre 40.000 F.CFA et 250.000 F.CFA. "A +America Kpédji+ les tissus sont d’une bonne qualité et la couture est différente de celle de nos frères togolais", affirme le banquier. Comme M.Agouan, plusieurs jeunes togolais ont adopté ces dernières années le style "America Kpédji", s’habillant bien et à moindre coût.
A Lomé, le plus grand secteur de la friperie est situé dans l’enceinte du marché Hedzranawoé. Les vendeurs sont pour la plupart des Ibos venus du Nigeria. Ils achètent le "Abloni" (habits vendus à +America Kpédji+, comme l’appellent les jeunes) en Italie, aux Etats-Unis et en Thaïlande. "Mes marchandises proviennent de l’Italie où j’ai des parents et certains amis. Ils me les envoient dans des conteneurs", explique Ogbochi Okechukwu, de nationalité nigériane. "L’activité a un peu baissé ces derniers mois. Mon chiffre d’affaires journalier varie entre 50.000 et 150.000 F.CFA", confie M.Okechukwu, un des grands vendeurs d’"Abloni" de Hedzranawoé. Certains togolais se sont également lancés dans cette activité, mais ils achètent leurs "marchandises" sur place pour les revendre.
A "America Kpédji", on trouve toutes sortes de vêtements et de chaussures pour les hommes, les femmes, et les enfants. Des créations de grands stylistes y sont parfois exposées. "J’ai acheté cinq jupes, une dizaine de chemises et trois serviettes", confie Afia, assise sur une brique au milieu d’une balle d’"Abloni". Cette gérante d’un petit supermarché à Agouè (une banlieue de Lomé) affirme avoir dépensé environ 12.500 F.CFA. "Dans une petite boutique, je vais dépenser au moins 300.000 F.CFA et la qualité ne sera pas la même", affirme Afi. Non loin d’elle, Julien se réjouit, très fier d’avoir déboursé 7.500 F.CFA pour trois belles chemises et un pantalon Jeans.
"Arrivé à la maison, je vais les confier à un blanchisseur, car je dois porter l’une des chemises le jour du mariage de ma belle soeur", confie ce jeune vendeur ambulant de journaux.
Par Lambert ATISSO
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