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| THOMAS SEKE,en pleine action (Photo:SavoirNews) |
Assis au milieu de quatre motos exposées au soleil, Thomas Séké avale quelques gorgées de "vêyi" (haricot en langue mina).
"Je viens de terminer une partie de mon boulot. Je reprends dans une vingtaine de minutes", se réjouit le jeune homme, assis à même le sol.
Thomas Séké est l’un des grands "cireurs" de motos (ceux qui lavent les motos dans leur jargon) à Lomé..
Installé non loin du marché Hedzranawoé, il exerce cette activité depuis une dizaine d’années.
"J’ai commencé quand j’ai laissé l’école. Aujourd’hui, je ne me plains pas", se vante M.Séké, petit sourire aux lèvres.
"Ma recette journalière varie entre 4 .000 et 5.000 F .CFA, car je +cire+ au moins huit motos par jour", dévoile-t-il au journaliste de l'Agence Savoir News.
M.Sékà offre sa prestation en fonction de la "taille" du client, mais il s'est fixé un plafond : "en principe, je lave les motos à 500 F .CFA. Mais, lorsque le propriétaire est un +grotto+ (un nanti), je ne le ménage pas", affirme le jeune "cireur", avant de murmurer : "je prends 800, voire 1.000 F.CFA".
Mais, ce jeune débrouillard n’est pas loin d’un petit patron de société, car il emploit au moins deux ouvriers. "Je suis aujourd’hui seul, parce que mes +apprentis+ sont tous malades", se glorifie-t-il.
A l’instar de M.Séké, plusieurs jeunes togolais se sont lancés dans cette activité pour se faufiler dans la crise économique. D’autres se sont spécialisés dans le "cirage" des voitures.
On les voit souvent aux abords de certaines rues de Lomé ou dans des maisons abandonnées, exerçant leurs activités.
A Agoè, une banlieue de la capitale togolaise, l’activité occupe également un petit groupe de jeunes installés non loin d’une petite place publique.
"Nous lavons des motos ici depuis trois ans. Dans l’ensemble, ça va", lance au milieu du groupe un jeune, la vingtaine environ, vêtu d’un tee-shirt à l’effigie d’Emmanuel Adebayor, le ballon d’or africain pour l’année 2008.
Non loin de lui, un autre renchérit : "Je ne me plains plus depuis que j’ai rejoint mes amis. J’aide même mon petit frère qui fréquente actuellement".
"Je préfère mener cette activité que de voler. Alors, j’invite mes frères qui ne font rien à nous rejoindre", souligne ce jeune.
Jean Amoua et deux amis ont plutôt, préféré "cirer" les voitures. Mais là, le coût de la prestation est plus élevé et le travail nécessite un local.
Au lieu de se rendre dans des stations-services, des propriétaires de voitures, préfèrent se tourner vers ces jeunes qui offrent leurs prestations à un coût très faible. Dans une station-service, le coût de la prestation varie entre 8.000 et 12.000 F.CFA.
Amoua et ses amis installés dans une maison non bâtie située dans un quartier populaire de Lomé, cirent une voiture à 2.500 F.CFA. "Nous sommes logés dans cette maison où le propriétaire nous prend 45.000 F .CFA par mois", explique M.Amoua. Mais, l’activité est bien rentable, malgré de petites charges fixes, affirme-t-il.
"Notre revenu mensuel varie entre (250..000 et 300.000 F .CFA par mois", souligne M.Amoua, lisant un vieil numéro de "Togo Presse", le quotidien national.
Amoua et ses amis lavent au moins deux voitures par jour. "Parfois nous +cirons+ quatre à cinq voitures par jour, surtout en saison pluvieuse", ajoute-t-il, l’air très sérieux.
Al/jo/eg/ SN
Savoir News, la première Agence de presse privée au Togo
Par Lambert ATISSO