Du 16 au 19 octobre 2007, s'est déroulé à Abidjan en Côte d'Ivoire, un atelier sous-régional sur le thème : "Médias et santé de la reproduction". L'objectif était de susciter une plus grande implication des journalistes de l'Afrique de l'Ouest francophone et du Cameroun dans la promotion de la santé de la reproduction, conformément au plan d'action dit de Maputo.
Après les Organisations de la société civile (OSC) de l'Afrique de l'Ouest en août dernier à Accra, c'était au tour des hommes de médias de la même région de s'approprier le contenu d'un plan dit de Maputo sur la santé de la reproduction, cette fois-ci, à Abidjan en Côte d'Ivoire. La rencontre d'Abidjan a réuni du 16 au 19 octobre 2007, aussi bien des journalistes que des directeurs exécutifs nationaux des associations membres de la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF). Soit une trentaine de participants venus du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, du Niger, du Togo, de la Guinée-Conakry, du Mali, du Cameroun. L'équipe burkinabè était conduite par le directeur exécutif par intérim de l'ABBEF, Boureihiman Ouédraogo. A la fin des travaux, chaque délégation est repartie chez elle avec un plan médias dont la mise en œuvre dans les pays respectifs sera d'un grand soutien pour un changement qualitatif du comportement chez les populations, vis-à-vis des problèmes de sexualité, de droit et de santé reproductive. Mais, le plus dur reste à venir, a indiqué le conseiller en plaidoyer et communication de l'IPPF-Afrique, Césaire Pooda. La bataille restera inachevée tant que des voix continueront à s'élever contre les politiques de contrôle de la natalité, estime M. Pooda. Quant au ministre ivoirien de la Communication, Ibrahim Savané Sy, coparrain de l'atelier, l'intérêt des journalistes pour les questions de santé en général et celle reproductive en particulier, mérite déjà d'être salué. Sinon, regrette le ministre Savané Sy, la politique a été et demeure encore le "chou gras" des médias. L'autre parrain de la rencontre, le ministre de la Santé et de l'Hygiène publique, Allah Kouadio Rémi, s'est également réjoui de l'implication des journalistes dans la vulgarisation du plan de Maputo. Ainsi, il a exhorté les participants à donner le meilleur d'eux-mêmes au plan national, pour que d'ici à 2010, les résultats attendus par ledit plan soient perçus et perceptibles par les populations. Ces résultats ont, entre autres, pour noms : l'intégration des services de SSR, de lutte contre le VIH/Sida, les IST et le paludisme, le repositionnement de la planification familiale, la réduction de l'incidence de l'avortement à risque, l'accès accru aux services de qualité de maternité sans risque et de survie de l'enfant. La dizaine de communications servie pendant les 4 jours de travaux, a convaincu plus d'un participant sur le bien-fondé du plan d'action de Maputo.
Pour l'avortement sans risque
La présidente de l'Association ivoirienne pour le bien-être familiale (AIBEF), le Pr Christiane Welfens-Ekra qui a ouvert le bal des communications, s'est appesantie sur les avortements à risques et la mortalité maternelle. De par son expérience de gynécologue-obstétricienne (actuellement à la retraite), elle a estimé à près de 80 millions les grossesses non désirées par an dans le monde. Ces grossesses donnent lieu souvent à des avortements à risque dont 95% des cas sont enregistrés sur le continent africain. Des pratiques clandestines qui, a-t-elle expliqué, sont cause de 12% des décès maternels sur cette partie du monde. Or, "partout où il y a des hommes et des femmes, il y aura des grossesses non désirées, il y aura des avortements (...)", a relevé Mme Ekra, rapportant les propos d'un dignitaire de la Banque mondiale. Fort de ce constat, tout en encourageant la prévention des grossesses indésirées, elle en appelle à la levée des obstacles à la promotion de l'avortement sans risque. Car, de l'avis de Christiane Welfens-Ekra, les restrictions à l'Interruption volontaire de grossesses (IVG) causent plus de dégâts. Un autre professeur, en l'occurrence Samba Diarra, ancien président de l'AIBEF, abordera dans le même sens dans la relation qu'il a établie entre les concepts de santé sexuelle et de la reproduction-population et développement. Le Pr Diarra pense que l'Afrique doit revoir à la baisse, la propension "trop nataliste" pour l'adapter au rythme de la croissance économique. Il a cité en exemple, les pays d'Asie de l'Est qui ont su rechercher l'adéquation nécessaire entre croissance démographique et croissance économique, pour amorcer un développement durable. Raison pour laquelle le Pr Samba Diarra milite pour l'"esthétique procréative", c'est-à-dire procréer en préservant le bien-être de la femme, de l'enfant et du père. D'autres communications relatives à la 2 nécessaire intégration VIH/Sida et santé de la reproduction dans les différents services de santé et de jeunes, au rapport hommes de médias-responsables de structures de SR, sont venues renforcer davantage les capacités des journalistes et directeurs des associations ouest-africaines membres (AM) de l'IPPF. Il est prévu une rencontre similaire pour les pays d'Afrique australe avec toujours le même objectif : former les hommes de médias à mieux informer les populations et les décideurs sur les enjeux du plan d'action de Maputo en vigueur depuis janvier 2007.
Koumia Alassane KARAMA
Envoyé spécial à Abidjan
Prise en charge des jeunes en difficulté
L'ABBEF pour une synergie d'action des intervenants
L'Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF) a réuni le jeudi 11 octobre 2007 dans la salle de conférence de son siège à Ouagadougou, ses partenaires intervenant dans le domaine des jeunes en difficulté pour leur présenter son "projet de recherche-action sur les jeunes en difficulté dans les villes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koupèla" et demander une union sacrée des intervenants en faveur des droits de ces jeunes. Le plaidoyer, l'offre de services de Santé sexuelle et de la reproduction (SSR) et la réinsertion socioprofessionnelle des jeunes qui sont en rupture familiale, étaient
les préoccupations de l'association initiatrice de la concertation.
L'Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF) met en oeuvre cette année un projet au profit des jeunes en difficulté. Selon le directeur exécutif par intérim, Boureihimon Ouédraogo, l'ABBEF, qui est bien connue pour ses interventions au profit des jeunes
Il s’est agi pour l’ABBEF de présenter le projet de recherche-action à d’autres organisations qui sont déjà sur le terrain pour une synergie d’action.
de façon générale, a senti la nécessité de s'intéresser aux groupes spécifiques de jeunes, notamment ceux en rupture familiale appelés «jeunes en difficulté», des groupes-cibles qui ne sont jusque-Ià, pas efficacement touchés par le programme « jeunes pour jeunes » de l'Association. Il s'agissait donc pour les responsables de l'ABBEF de présenter le projet à d'autres organisations qui sont déjà actives sur le terrain et de rechercher ainsi une synergie d'action de tous ces intervenants.
Aussi, avec le vaste programme de plaidoyer qui devra être exécuté dans le cadre du projet « jeunes en difficulté » de l'association, l'ABBEF ambitionne de créer un groupe de personnes (physiques et morales) sensibles au problème pour que, ensemble, ils puissent travailler à améliorer l'environnement juridique de protection de ces jeunes en difficulté et à l'application effective des dispositions législatives et réglementaires devant leur garantir de meilleures conditions de vie.
Le premier acte de ce plaidoyer sera lancé bientôt à travers une grande caravane et une offre de services de SSR aux jeunes en difficulté. Placée sous le parrainage du ministre d'Etat, ministre de la Santé, Alain Bédouma Yoda, cette caravane, dont le lancement interviendra le samedi 27 octobre à Koupèla, sillonnera les villes de Zorgho, Ouagadougou, Koudougou, Boromo et Bobo -Dioulasso où interviendra la clôture. Elle sera marquée par des rencontres entre le comité exécutif national de l'ABBEF et les leaders politiques, administratifs et communautaires, des animations publiques, avec le célèbre chanteur Floby, des représentations théâtrales par les troupes de théâtre des centres d'écoute pour jeunes de l'ABBEF, des numéros de cirque qui seront présentés par les jeunes de l'ONG « Jeunesse du monde », et bien d'autres activités récréatives qui permettront aux jeunes qui n'ont pas toujours les moyens de se payer un bon spectacle, de pouvoir en bénéficier gratuitement.
La caravane intègre aussi une clinique mobile qui permettra de commencer une prise en charge médicale et psychosociale des jeunes en difficulté, prise en charge qui devrait continuer après le passage de la caravane, dans les centres d'écoute pour jeunes de l'ABBEF ou dans les formations sanitaires partenaires de l'Etat dans les villes de Zorgho et de Boromo où l'ABBEF ne dispose pas de centre d'écoute pour jeunes.
A la rencontre entre partenaires, étaient présents, le ministère de l'Action sociale à travers l'Action éducative en milieu ouvert (AEMO), la commune de Ouagadougou, Médecins sans frontière, l'Association Keoogo et l'ONG Jeunesse du monde et le district sanitaire du secteur N°30 de Ouagadougou. Toutes ces structures, engagées d'une manière ou d'une autre, dans la résolution de l'épineux problème qu'est le phénomène des jeunes en difficulté, ont manifesté beaucoup d'intérêt pour l'initiative de l'ABBEF et ont signifié clairement leur disponibilité à l'accompagner.
Devant les engagements des uns et des autres, il n'est pas exclu la création, dans les jours à venir, d'une coalition nationale de structures étatiques et de la société civile pour promouvoir les droits de ces jeunes qui vivent dans la précarité, en marge de tous les services sociaux de base auxquels ils ont, en principe, droit.
Mahamoudou BELEMVIRE
Responsable Division IEC/ ABBEF