Incroyable mais vrai, même des hauts cadres des quartiers périphériques émargeant dans les sociétés de distribution d’eau et d’électricité souffrent du déficit hydrique et d’énergie. La question de l’Eau tellement importante qu’elle est dispersée dans les traités internationaux à savoir:
la FAO ( l’organisation Mondiale pour l’Agriculture et l’Alimentation ) dans "législation Branch on water" l’UNESCO, à travers le programme Hydrologique International, l’organisation Mondiale de la santé, l’organisation Météorologique Mondiale, le Département pour la coopération technique et le Développement dans le bulletin bilingue "fleuves et lacs internationaux "sans oublier le PNUE (Environnement), le PNUD (Développement), l’OCDE ou les Chartes (Mondiale de l’Eau de Strasbourg, 1968), Méditerranéenne de l’Eau de Rome en 1992) ou la Déclaration de Dublin sur l’eau et l’Environnement).
C’est vrai qu’avec la privatisation du secteur de l’Eau, apparaissent les volets "Coût social et tarification ? De là, l’eau un bien naturel, du ciel, disponible pour tous, rentre dans un processus d’individuation et de marchandisation. Conséquences : les masses populaires sont plus confrontées à la consommation des eaux embouteillées minérales ou de source dont l’usage, d’après le professeur Réné Georges Maury de l’université Orientale de Naples, "s’est généralisé ces dernières années dans de nombreux pays, devenant ainsi une dépense importante dans le budget des ménages".
Attention aux clichés !
Normalement, les privatisations ou libéralisation supposées être un désengagement de l’Etat, n’ont pas toujours garanti les résultats très positifs : on obtient ainsi des formules différentes avec ou non transfert intégral du Capital. Il faut retenir le contrat d’assistance technique, forme simpliste de la privatisation mais qui n’engage aucunement de risque de la part de l’opérateur sinon qu’une partie significative de sa rémunération est dépendante des résultats obtenus.
De cette réussite, on aboutit au Contrat de gestion. Le Contrat de gestion ou d’affermage est fonction de l’outil ou du patrimoine ou les deux. Dans le cadre du patrimoine, on a droit à un désengagement total de l’Etat au niveau du risque d’exploitation, avec l’obligation que le loyer couvre le service de la dette. C’est alors un désengagement partiel de l’Etat au niveau du patrimoine. Si le Contrat de gestion repose sur l’outil ou la logistique, le désengagement de l’Etat repose sur le risque d’exploitation sans le patrimoine. Dans le cas mixte, le cahier de charges devra être adapté en conséquence avec les modalités de fixation du prix de cession du produit. Mais la difficulté réside souvent dans la cession des actifs.
Seulement, les Sociétés ou Entrepreneurs rechignent à investir. Selon la révélation d’une étude sur les budgets de l’Eau et de l’Electricité dans les pays africains : 80% des fonds proviennent du public. La part des Repreneurs est souvent faible. Ainsi, avec la privatisation passée, malgré la bonne foi, et l’absence évidente d’humanitaire des partenaires au développement, le Tarif Exploitant Etranger qui est une subvention payée en devises par la Caisse Française de Développement en 1996, n’a été qu’une goutte d’eau dans la Mer. Le résultat d’exploitation fut sans profits nets puisqu’on usa du subterfuge de 100.000 branchements avec 4 avenants. On eut droit, en fin de compte qu’à 16.000 branchements et 250 Km pour un montant total de 82.000.000 de Francs Français. A rappeler qu’en Février 1996 à Yaoundé, la Guinée avait reçu la Médaille Africaine de Distributaire de l’Eau.
Sur le terrain des convictions, l’Etat insista sur la question du Coût social et de la Tarification. Ce qui ne plut pas aux partenaires qui claquèrent la porte le 23/01/2001. Or, depuis 1999, la rareté de l’Eau était cruciale à la hauteur de Koloma. Des travaux enclenchés, se terminèrent en 2000. Avec la lecture des Comptes, très ardue, il était très difficile de comprendre le mécanisme de la structure en étages des Actionnaires. L’endettement élevé, et les pertes lourdes occasionnées par les partenaires au Développement firent croire, qu’ils étaient partis avec l’Eau.
Auparavant, la desserte de la Ville de Conakry prévoyait un programme courant 2001 – 2008. Le 3e projet Eau, qui devait augmenter les Capacités de branchements de 100.000 m3 à 137.000 m3/jour, ne vit pas le jour, faute de financements. Mais, même si ces secteurs sont privatisés, l’Etat doit jouer un rôle majeur dans les Opérations de suivi, de contrôle et naturellement de conception des politiques de développement.
En outre, il faut également la mise en place éventuelle de dispositifs de crédit ou de mécanismes de facilitation pour l’obtention de crédits d’investissements. En ce sens, la privatisation de l’Eau et d’Electricité n’est pas une panacée. En revanche, l’amélioration n’a pas toujours été évidente. Les modèles réussis sont rares, au-delà de certains Pays Arabes. Seule la République d’Afrique du Sud a réellement une structure unique de privatisation de l’Eau, au regard de l’héritage colonial, Umgeniwater.
Les débats au sein de l’Union Africaine des Distributeurs de l’Etat (UADE) sont formels. Même le Burkina Faso est ferme : il faut rétablir la desserte. Il faut éviter de croire que la privatisation de l’Eau ou de l’Electricité va faire venir de l’Eau ou de l’Electricité.
Par ailleurs, le cas de la Grande-Bretagne à l’époque de Margaret Thatcher, avec l’augmentation des tarifs imposés par la privatisation n’a pas semblé correspondre, selon les spécialistes, à une gestion rigoureuse. C’est pourquoi, soutient l’ex-ministre de l’Economie et des Finances du Bénin, François Dossou "je ne suis pas favorable à la privatisation pour le principe de privatiser. Il peut y avoir des secteurs qui marchent bien et que l’Etat doit pouvoir garder dans son giron pour des raisons d’indépendance, de sécurité et de souveraineté. Par exemple l’Eau et l’Electricité. Mais pour les autres sociétés qui peuvent être gérées par des privés et auxquelles les populations ne sont pas attachées de manière symbolique, pourquoi ne pas privatiser ? " Parallèlement, l’Italie, avec les aqueducs entre les mains du secteur public, s’en sort royalement bien, avec la preuve d’efficacité, de modernité et de complicité dans sa gestion.
Nous portons à la réflexion, cette maxime d’un écologiste contemporain : "y a t- il intérêt à tendre les muscles d’un homme jusqu’à la limite extrême de ses forces ? Assurément non. Il est sage, il est conforme à la saine économie vitale de ne lui demander qu’un travail qui correspond à l’efficacité maximale, sans exagérer la dépense musculaire au maximum. Laissons toujours une marge entre le possible extrême et l’effort exigé. Telle est la condition de la santé au point de vue physique ; telle est la condition du bonheur au point de vue moral. La nature doit être traitée comme une chose vivante. Ne soyons pas excessifs vis-à-vis d’elle. D’abord parce qu’il faut être vis-à-vis d’elle-sol et climat d’une véritable et sage bonté ; et pris aussi, si cette bonté par hasard vous semblait paradoxale, parce que la nature sait, lorsqu’on lui demande de trop, se révolter et prendre sa revanche.
Mohamed Sylla
Correspondant de la r-kk á Conakry