L’appel du gouvernement invitant les médecins à reprendre le travail dans les hôpitaux, n’a pas eu d’écho favorable, car les hôpitaux sont toujours restés fermés, a constaté APA ce mardi à Abidjan.
Au centre hospitalier de Yopougon, la plus grande commune de la ville d’Abidjan, les vigiles sont obligés de refouler les nouveaux malades qui arrivent pour une première consultation.
«Il n’y a personne, les médecins sont en grève, il n’y a personne pour vous accueillir », tels sont les mots que les gardiens adressent aux patients accompagnés de leurs parents à la porte d’entrée du CHU de Yopougon.
A l’intérieur, dans les salles d’hospitalisation, le constat est pitoyable, c’est la désolation totale. Les malades qui n’ont pas de moyens pour être transférés dans un établissement privé, sont livrés à eux-mêmes sans une assistance médicale.
« Je suis hospitalisée peu avant le déclenchement de la grève des médecins, on m’assistait et depuis le début de cette grève plus personne ne vient me voir, mes parents n’ont pas assez de moyens pour me faire partir ailleurs, je prie Dieu pour que les choses rentrent dans l’ordre, afin qu’on puisse s’occuper de nous », a déclaré, presque en sanglots, Mlle Francine Hien, internée au service de neurologie.
La même ambiance de désolation règne également au centre de protection maternelle et infantile (PMI) de Yopougon, où les femmes qui viennent en consultations prénatales ou post-natales sont « indésirables ».
Les médecins de Côte d’Ivoire sont entrés en grève, depuis mercredi dernier, sans qu’un service minimum ne soit assuré, pour protester contre une décision de justice nommant un administrateur provisoire à la tête du syndicat national des cadres supérieurs de la santé de Côte d’Ivoire (SYNACASS-CI).
Le gouvernement, à travers un communiqué lu samedi soir sur les antennes de la télévision nationale par le secrétaire général du gouvernement, M. Félix Tyéloulou, a appelé les médecins à la reprise du travail, en poursuivant les pourparlers avec les autorités en vue solution définitive à leurs préoccupations.
Un appel auquel les médecins n’ont pas répondu, laissant toujours les malades dans le désarroi.
Le Premier ministre, a d’ailleurs convoqué deux réunions d’urgence du gouvernement ce mardi et jeudi prochain pour statuer sur la fronde sociale, qui peut hypothéquer le processus de sortie de crise entamé depuis la signature de l’accord de Ouagadougou, le 4 mars 2007