L’implication du secteur privé dans les programmes de planification familiale (PF) a servi de prétexte à l’organisation, à Dakar, d’un Forum, initié par le ministère sénégalais de la santé, avec l’appui de IntraHealth International, la composante du Programme santé de l’USAID.
Les experts au Sénégal sont d’avis que les entreprises privées sont encore en retrait des programmes de PF, ce que le Dr Manuel Pina, gynécologue et conseiller en PF à IntraHealth International exprime en ces termes : « le secteur privé représente le parent pauvre (en ce domaine) et le but de ce forum est d’amarrer 30 grosses entreprises (pour les aider) à mieux répondre à la demande des femmes dans le cadre d’un programme sur une période de 5 ans allant de 2006 à 2011 ».
Les sociétés visées sont dans l’agro alimentaire, l’industrie chimique, le transport, la prévention sociale et le transport maritime, notamment, selon Dr Pina qui estime à 3 mille, le nombre de femmes liées à ces entreprise et clientes potentielles du PF.
Le conseiller de à IntraHealth International, que ces femmes devraient bénéficier des services de Planification Familiale, « sur place dans les structures privées avec une bonne explication » des programmes qui n’ont d’autre rôle que « l’espacement des naissances pour une meilleure santé de la mère et de l’enfant et la réduction de la mortalité maternelle et infantile ».
« Des résistances subsistent à la bonne pratique de la PF malgré la bonne connaissance du sujet et il faudrait hisser le taux de prévalence de 9 à 10 % actuellement, à près de 20 % à l’orée 2015 » a souligné Pina.
Mme Hawa Talla, expert en communication à Intra Health International, reste pour sa part convaincue que, le problème de la connaissance des méthodes contraceptives ne se pose plus, car « les femmes sont informées à 90 % mais seules 10 % les utilisent ».
Le blocage se situerait au plan des exigences sociétales plus que des contraintes religieuses, selon Mme Talla.
A ce propos, la Présidente de l’Association nationale des sages femmes, du Sénégal va plus loin, rappelant que la PF est « plus l’affaire des sages femmes que des médecins et les problèmes du blocage d’une meilleure pratique se situent à plusieurs niveaux ».
Parmi ceux-ci, Mme Marieme Fall a évoqué l’accessibilité de l’offre de PF, notamment en ce qui concerne les charges financières connexes à supporter par les femmes, en amont de la consultation et après celle-ci.
Pour permettre une meilleure prise en charge dans les entreprises, le patronat a été invité à s’impliquer et investir dans la formation du personnel soignant, en plus d’être ouvert à une meilleure collaboration entre secteurs public et privé.