Une femme meurt toutes les 8 heures, suite à une complication liée à la grossesse, à l'accouchement ou aux suites de couches et au même moment, huit nouveaux-nés perdent également la vie au Togo, selon le ministère de la santé.
Ces formations sont contenues dans un document intitulé "le plaidoyer sur la santé de la mère et du nouveau-né au Togo: agir pour sauver les mères et les nouveaux-nés" élaboré par le ministère de la santé et dont l'Agence Savoir News a obtenu copie.
Il s'agit d'un document élaboré grâce à l'appui technique et financier de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de l'USAID (United States Agency for International Development) et AWARE-RH (Reproductive Health and Child Survival Project) en collaboration avec plusieurs autres structures nationales.
Selon des études réalisées au Centre Hospitalier Universitaire de Lomé (CHU-Tokoin), les principales causes directes sont les hémorragies (27% des cas), les infections (26%), et les dystocies (11,1%).
D'autres causes indirectes (environ 24,2% des cas) notamment le paludisme, l'anémie, l'infection au Vih/sida et le diabète sont également relevées par cette étude.
Ce "drame" est la conséquence de trois retards dans la prise en charge des problèmes de santé de la mère et du nouveau-né, souligne le document.
"Le retard dans la prise de décision au niveau de la femme, de la famille et de la communauté, le retard dans l'accès aux formations sanitaires et le retard dans l'accès aux soins de qualité", souligne le document.
Cette situation se présente dans un contexte où le revenu par habitant a considérablement baissé de 1995 à 2005.
"Cette baisse est corroborée par des résultats d'enquêtes sur les conditions de vie des ménages réalisées en 2005", indique ce document du ministère de la santé.
Ainsi, 75,8% de la population sont pauvres et le 1/3 se trouve dans une situation d'extrême pauvreté.
Cette pauvreté existe aussi bien en milieu urbain, qu'en milieu rural. La pauvreté touche 61,1% de la population en zones urbaines et 93,5% en zones rurales.
Environ 56% de la population n'ont pas accès à l'eau potable et 42% des habitants n'ont pas de latrines améliorées", relève le même document.
Selon le ministère de la santé, la situation de la mortalité maternelle "restera au même stade", "si rien n’est fait".
"Par contre, si nous respectons nos engagements de réduction de la mortalité maternelle, le taux baissera de façon significative (478 décès/100.000 nouveaux-nés à 120/100.000 NV)", poursuit le document.
Les études ont montré que plus de 11.300 femmes perdront la vie au cours de la grossesse et de l'accouchement entre 2006 et 2015 "si rien n'est fait".
Les mêmes estimations affirment que 419.000 mères souffriront d'invalidité suite à une complication de la grossesse ou de l'accouchement dont 192.600 cas d'infections pelviennes, 146.000 cas d'incontinences urinaires, 64.500 d'infertilités, 8.500 cas d'anémies graves et 2.300 cas de fistules.
S'agissant des nouveaux-nés, 64.000 mouront durant leur premier mois, précisent les mêmes estimations.
L'ensemble de ces mortalités et invalidités se traduisent par une perte de productivité de plus 64 milliards de F.CFA dont 6 milliards de F.CFA pour les décès maternels et 58 milliards de F.CFA pour les invalidités.
La mise en oeuvre du plan de réduction de la mortalité maternelle et néo-natale qui couvre la période 2006-2010 va coûter environ 5 milliards de F.CFA d'où la recherche du financement, selon le ministère de la santé.
La semaine dernière, ce département ministériel a présenté son document aux députés, afin de l'aider à mobiliser les ressources nécessaires.
"Le taux décès lié à la grossesse, à l'accouchement ou nouveaux-nés est très important et alarmant. Il faudrait donc que chacun à son niveau prenne conscience de la gravité de la situation", avait indiqué Komlan Mally, le ministre d'Etat, ministre de la santé.
Selon des experts du ministère de la santé, la mise en oeuvre du plan de réduction de la mortalité maternelle et néo-natale fait appel à plusieurs éléments déterminants : l'augmentation à 15% des budgets alloués au ministère de la santé, l'organisation de la communauté dans la gestion des problèmes de santé de la mère et du nouveau-né et la redynamisation du comité national de suivi de la réduction de la mortalité maternelle et néo-natale.
"Il faudra notamment un engagement très fort du gouvernement et un appui accru des partenaires au développement", a souligné un responsable du ministère de la santé.
Savoir News.