Normalement, c’est ce genre de relation que tout responsable, devrait entretenir avec ses agents, dans le but d’instaurer et promouvoir la confiance mutuelle propre aux bonnes performances conduisant au progrès et au développement.
S’était-il agi de sincérité de la part de Monsieur le Ministre ou tout simplement d’une opération de séduction passagère ? Nous ne saurions y répondre. Nous ne pouvons que souhaiter que cette vision des relations entre dirigeants et administrés fasse tache d’huile.
« Mettez-vous à l’aise ! Vous pouvez parler le mina, si vous voulez, car je comprends et je parle très bien le mina », avait lancé le Ministre Bodjona à ses interlocuteurs.
Prenant la parole à la suite des représentants du syndicat qui avaient déploré les conditions dans lesquelles ils travaillent à la Mairie, à l’Etat civil, à la voirie, et autres, le Ministre leur a fait comprendre qu’ils avaient bien raison et qu’il partageait bien leurs doléances. Il était même allé plus loin, en leur demandant s’ils n’avaient rien à dire sur leur statut.
Or c’est ce point qui devrait constituer le thème principal de cette réunion. Sur ce, s’engagea la discussion et les syndicalistes n’avaient pas nié qu’effectivement c’était un point essentiel de leur préoccupation.
Avaient-ils été subjugués au point de « perdre le réseau » ? C’est possible, car depuis longtemps déjà, selon nos informations, les agents de la Mairie et autres n’avaient de cesse de se plaindre de cette absence de statut qui les a tant pénalisés. Donc il n’y avait pas de raison, tout bien pesé, de ne pas aborder ce point crucial.
Signalons que le Ministre Pascal Bodjona, à cette occasion, donna tant et si bien libre cours à la causerie qu’il alla jusqu’à déclarer aux syndiqués que jusqu’ici aucun de leurs responsables administratifs n’était venu le voir à propos des problèmes qu’ils venaient d’évoquer et auxquels il était pourtant nécessaire de trouver des solutions.
Il déclara à cœur ouvert que, ce qui était leur grande préoccupation à eux, c’était de le solliciter pour une place pour tel ou tel parent. Or des problèmes liés au personnel méritaient des solutions. Il promit de voir de près leur situation et que très bientôt ils auraient un statut.
C’est sur ces entrefaites qu’un effort fut mené au niveau du Ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales en vue de l’élaboration du statut des agents des collectivités territoriales constitué de 138 articles définissant les conditions de recrutement de cette catégorie d’agents ainsi que le cadre de leur titularisation. Ce statut a été adopté le 05 juin dernier par l’Assemblée Nationale.
Nous avons été très surpris qu’un Ministre du RPT, ait pu avoir le courage de déclarer à peu près : « qu’il avait eu honte la première fois qu’il s’était rendu à Cotonou au Bénin à côté pour découvrir que les agents des collectivités locales de ce pays voisin avaient un statut en bonne et due forme et qu’au Togo c’était un vide». I
l continua pour dire « qu’ils sont très en avance sur nous dans ce domaine et que ce n’est pas normal que jusqu’ici ils n’aient pas de statut». C’est ce que nous a confié notre source visiblement émerveillée de cette compréhension qu’avait rencontrée leur délégation auprès du Ministre.
Elle s’est dit étonnée de l’entendre parler ainsi, car on n’aurait pas cru entendre parler ainsi un Ministre issu des rangs du RPT. Nous, nous osons dire pour notre part qu’ils sont très en avance sur nous dans maints domaines et qu’il ne nous revient que d’ouvrir grandement les yeux pour voir et comprendre qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre chez les autres et bien faire, si l’on est à court d’imagination.
Effectivement, quand on refuse le développement en donnant l’impression à son peuple que tout va bien, voilà les genres d’impression que les citoyens peuvent avoir même là où il n’y a pas matière à s’extasier.
Nous osons croire que c’est depuis ce temps-là, qu’en tant que Ministre chargé des Collectivités locales, il s’est mis en tête qu’il fallait absolument un statut pour ses agents togolais aussi. Où est son mal ?
On ne peut que saluer ce petit effort. Car il faut une locomotive pour tirer les retardataires. Et si cette locomotive doit être le Bénin ou le Ghana à côté, tant mieux !
Apprendre chez les autres ne saurait être un complexe. Même si c’en était un, il fallait le surmonter. C’est cet effort que les Togolais voudraient voir entreprendre ces Ministres du gouvernement Komlan Mally.
Nous le souhaitons à tous les membres du gouvernement et les prions d’ouvrir les yeux. Reconnaître ses lacunes ou son retard c’est faire un pas vers le développement.
Nous tenons à souligner que c’est tout à fait fortuitement que nous avons eu cette information au cours d’une petite causerie tout dernièrement et nous n’avons pas voulu laisser filer l’occasion en dépit du retard.
Au fait, au-delà de l’information, le centre d’intérêt de ce papier que nous avons tenu à faire c’est de souligner deux choses essentielles.
D’abord, la cordialité de la rencontre qui est à encourager. Enfin, le fait que nous pouvons oser affirmer que ces Messieurs et dames, malgré l’impression qu’ils donnent selon lequel, le Togo serait un pays en bonne santé, ils reconnaissent dans leur tréfonds que le Togo dort et qu’il doit se réveiller.
Nous pouvons aussi faire des choses à copier par les autres. C’est une question de volonté politique.
Ne nous lassons pas d’encourager toujours ceux-là qui ont des yeux mais ne veulent pas voir, à les ouvrir pour mieux voir le monde évoluer autour de nous ! Notre prospérité et notre développement sont à ce prix.