Une délégation du parlement allemand, conduite par M. Fischer Hartwig a rencontré, le lundi 11 février 2008, au siège de l'Assemblée nationale, les différentes structures de cette institution, afin d'échanger sur le processus de démocratisation au Togo et surtout de recueillir les préoccupations des uns et des autres. Ceci dans le but d'améliorer l'organisation du travail à l'hémicycle pour plus d'enracinement de la transparence dans ce temple de l'Etat de droit et de la démocratie.
La rencontre avec les composantes de l'Assemblée nationale a été ouverte par son président, El Hadj Abass Bonfoh.
La mission du parlement allemand a discuté successivement avec le bureau de l’Assemblée nationale, rencontré les présidents des groupes parlementaires, la commission des Affaires étrangères et le groupe d’amitié Togo-Allemagne.
Dans un premier temps, le président de l’Assemblée nationale, El Hadj Abass Bonfoh, a situé les homologues allemands sur la longue crise politique qu’a traversée le Togo et qui a connu son début de dégel avec la signature de l'Accord Politique Global et l’organisation d'élections législatives, saluées par la communauté internationale. Depuis lors, l’Assemblée nationale « taxée » de monocolore est animée par trois formations politiques, le RPT, l’UFC et le CAR avec respectivement 50 sièges, 27 sièges et 04 sièges.
La représentation nationale compte 81 députés et comprend un bureau, la conférence des présidents, sept commissions permanentes, les groupes parlementaires et d’amitié.
D'une façon globale, le président Bonfoh a indiqué que le travail s'effectue dans une parfaite symbiose avec des critiques constructives et sereines dans l'intérêt du peuple togolais. Les députés poursuivent le travail législatif pour la réalisation des autres points inscrits dans l’Accord Politique Global (APG), notamment les réformes, sur la justice, la promotion de l'Etat de droit et le renforcement des institutions de la République.
Au regard de cette présentation, les députés allemands ont soulevé plusieurs inquiétudes relatives aux droits de l'opposition, au rythme des réunions et d'autres encore, à la procédure d'adoption de la loi de finances 2008.
S'agissant du respect des droits de l'opposition, le bureau a fait savoir qu'il n'y a aucune discrimination entre les députés comme en témoignent les dispositions qui obligent que lorsqu'à la tête d'une commission se trouve un député du RPT, la vice -présidence est occupée par l'opposition. En plus, sur les sept commissions permanentes, quatre sont dirigées par le RPT et trois par l’ UFC. 
Pour conforter cette position de l'opposition, un statut de l'opposition est en cours d'étude et l'Assemblée nationale attend le texte pour l'adopter. En ce qui concerne les conditions de précipitation dans lesquelles la loi de finances 2008 a été adoptée, conditions fustigées par l'opposition, il a été souligné le peu de temps que l'Assemblée avait pour l'examiner et l'adopter. Par exemple, les députés, élus nouvellement devraient, à partir du 13 novembre 2007 (première réunion) mettre en place un comité chargé d'élaborer un règlement intérieur, élire le bureau, mettre en place les différentes commissions et tout cela avant le 1er janvier 2008, alors même que la Banque Mondiale exigeait le vote de cette loi dans le même délai. Tout compte fait, toutes les parties ont exprimé leur ferme intention d'utiliser tous les mécanismes (questions orales et écrites, interpellation du gouvernement, et autres) pour exercer leur contrôle sur les dépenses consécutives à l'exécution du budget.
Quant au rythme des réunions. l'Assemblée nationale se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires par en an. La première s'ouvre le premier mardi d'avril et la seconde le premier mardi d'octobre.
Reconnaissant unanimement qu'un travail d'amélioration doit se faire chaque jour, toutes les parties ont demandé à leurs collègues allemands un soutien constant, notamment en termes d'équipement, de renforcement des capacités des députés, d'aide à la réduction de la pauvreté, pour améliorer le quotidien des Togolais.
Ils ont plaidé pour une intensification de la coopération entre les deux pays dans les domaines financiers, économiques et culturels. Ils ont également souhaité l'appui de l'Allemagne en vue de l'organisation de la présidentielle de 2010.
De son côté la délégation allemande a félicité le Togo pour les progrès enregistrés en matière de démocratie « ce qui nous a impressionné beaucoup, c’est que les représentants des partis au gouvernement et dans l’opposition ont exprimé de manière claire et transparente leurs différentes positions, ce qui nous montre que la démocratie est dans une bonne voie au Togo », a déclaré M. Fischer Hartwig.
Radiolome.tg