Les électeurs de 24 Etats américains se prononcent ce mardi sur leur candidat à la présidentielle du 4 novembre, à l'occasion d'un "Super Tuesday" plus ouvert que jamais.Côté démocrate, Hillary Clinton et Barack Obama s'affronteront dans un duel très serré, tandis que chez les républicains John McCain espère bien se débarrasser de son grand rival Mitt Romney. Plus de la moitié du nombre total de délégués à la convention démocrate sont en jeu, ainsi que 40% des délégués républicains.
Les bureaux de vote de Géorgie seront les premiers à fermer, à 19h00 (00h00 GMT mercredi), mais les républicains de Virginie occidentale auront déjà fait leur choix quelques heures plus tôt, lors d'une convention spécifique.
Obama a encore creusé son avance sur Hillary Clinton dans les intentions de vote en Californie, à quelques heures de ce tournant décisif dans la course à la Maison blanche, selon le dernier sondage Reuters/C-Span/Zogby.
Dans cet Etat qui fournit à la convention démocrate plus de 20% des délégués nécessaires pour désigner le candidat du parti de l'éléphant, Obama recueille 49% des intentions de vote, contre 36% à Clinton.
Côté républicain, Romney, ancien gouverneur du Massachusetts, a en Californie sept points d'avance sur son grand rival, le sénateur de l'Arizona McCain (40% contre 33%). Ce dernier, en revanche, devance très largement Romney à New York et dans le New Jersey, avec respectivement 26 et 29 points d'avance.
McCain est aussi en première position dans le Missouri, avec 34% contre 27% à l'ancien gouverneur de l'Arkansas Mike Huckabee et 25% à Romney.
HILLARY CLINTON CHEZ DAVID LETTERMAN
Dans le New Jersey, Clinton devance Obama de 5 points (46% contre 41%), alors que les deux candidats étaient à égalité la veille. Dans le Missouri, Obama est en tête avec 45% des voix, contre 42% à l'ancienne First Lady. En Géorgie, le sénateur de l'Illinois a 20 points d'avance sur sa rivale. Lundi soir, Hillary Clinton a fait une apparition dans un talk-show où elle a essayé d'expliquer le rôle que jouerait son mari si elle devenait la première présidente des Etats-Unis. "Dans ma Maison blanche, nous saurons qui porte le pantalon", a déclaré la sénatrice de New York à David Letterman, l'animateur de l'émission, qui avait demandé si Bill Clinton allait revenir à la Maison blanche et "parcourir des dossiers".
Jugeant Obama porteur en politique d'un espoir disparu depuis l'assassinat de Robert Kennedy il y a 40 ans, trois rescapés du groupe Grateful Dead ont reformé lundi le groupe pour soutenir sa candidature à l'investiture démocrate.
Ce groupe mythique du rock psychédélique, politiquement engagé à gauche et connu pour la fidélité de ses fans (les "Deadheads") s'est dissous en 1995 après le décès de son chef charismatique, le guitariste Jerry Garcia. Depuis, les Grateful Dead ont rejoué ensemble occasionnellement, pour la dernière fois en 2004.
Lors d'un concert donné à San Francisco devant 2.400 fans, le chanteur guitariste Bob Weir, 60 ans, a souligné que le groupe n'avait jamais joué pour un candidat à la présidentielle auparavant, même s'il a souvent soutenu des causes sociales.
SURENCHÈRE CONSERVATRICE POUR MCCAIN ET ROMNEY
Chez les républicains, McCain et Romney, eux, ont encore rivalisé lundi de conservatisme.
Romney a traversé les Etats-Unis d'Est en Ouest pour faire une apparition de la dernière chance en Californie, Etat particulièrement convoité car c'est le plus peuplé du pays.
"L'une des raisons pour lesquelles je suis revenu en Californie, c'est que je sais que les républicains de Californie tiennent beaucoup à ce qui fait l'essence même du Parti républicain", a-t-il dit lors d'un meeting à Long Beach, en Californie.
Il a tenté d'attiser le scepticisme de conservateurs qui doutent de la position réelle de McCain sur des dossiers tels que les réductions d'impôts - il a voté par le passé contre les allègements fiscaux proposés par le président George Bush - ou l'immigration, où il fait figure de modéré.
De son côté, McCain a critiqué Romney lors d'un meeting à Hamilton, dans le New Jersey. Il s'est dit lui-même favorable depuis longtemps à une réduction des dépenses fédérales et a dit vouloir relever le défi de l'extrémisme musulman. "Je suis fier de mon bilan de conservateur pur jus au Sénat", a-t-il dit.
Conscients de l'enjeu californien, Romney et McCain ont amendé en catastrophe leurs feuilles de route pour se montrer une dernière fois dans cet Etat, Romney lundi soir et McCain à San Diego, mardi après-midi. "Si je remporte la Californie, cela signifie que vous aurez un conservateur à la Maison blanche", a dit Romney à Nashville.
A New York, McCain a obtenu le soutien de l'ancien gouverneur de New York, George Pataki. Il s'est aussi montré aux côtés du sénateur du Connecticut Joe Lieberman, ancien démocrate devenu indépendante, et de l'ancien maire de New York Rudy Giuliani, qui a renoncé à concourir la semaine dernière et a apporté son soutien à McCain.
Romney a prédit que la campagne serait loin d'être finie après la journée de mardi. "Cette campagne va se poursuivre", a-t-il dit.
Reuters