Des combats ont éclaté vendredi matin à Massaguet à 50 km au nord-est de N'Djamena entre les forces gouvernementales et une colonne de rebelles tchadiens qui a traversé le pays en quelques jours, a-t-on appris de sources militaires et rebelles.
"Des combats assez lourds sont en cours depuis une heure entre l'armée et les rebelles à Massaguet" (à 09H45 locales, 08H45 GMT), ont précisé ces sources. "L'impression est que l'essentiel de la colonne rebelle est là-bas", ont ajouté ces sources.
Les rebelles, joints par téléphone satellitaire, ont confirmé les affrontements avec l'armée gouvernementale. L'un des chefs de l'alliance des trois principaux groupes armés tchadiens, Timan Erdimi, a affirmé à l'AFP: "je suis en plein combat. Les forces gouvernementales nous ont attaqués à Massaguet. on est en train de les repousser, de les suivre en direction de N'Djamena". "Les combats sont lourds et l'aviation (tchadienne) nous bombarde", a-t-il précisé.
La localité de Massaguet se trouve à 50 km au nord-est de la capitale tchadienne à vol d'oiseau, mais à 80 km par la route reliant N'Djamena à l'est du pays. Depuis le début de la semaine, une colonne de rebelles tchadiens venus du Soudan, composée de quelque trois cents pick-up, a traversé le pays sur environ 700 km, évitant l'armée et l'affrontement direct jusque-là.
Jeudi soir les rebelles tchadiens affirmaient être "aux portes de N'Djamena". "Les rebelles sont à 150 km de N'Djamena", indiquaient des sources militaires tchadiennes jeudi soir. M. Erdimi avait précisé jeudi que cette colonne s'était "divisée en plusieurs groupes autour de N'Djamena".
Le chef rebelle, qui s'est allié fin 2007 avec les responsables d'autres groupes, Mahamat Nouri et Abdelwahid Aboud Makaye, avait donné au président Deby jusqu'à vendredi pour "ouvrir de vraies négociations sur le partage du pouvoir". "Si d'ici demain il n'y a pas de négociations, il y aura la guerre", avait-il prévenu, sans pour autant faire du départ du chef de l'Etat, dont il est un neveu, un préalable.
Une compagnie de combat de 126 soldats français a quitté, dans la nuit de jeudi à vendredi, Libreville pour N'Djamena afin de renforcer le dispositif militaire français au Tchad, a-t-on appris de source militaire française dans la capitale gabonaise. L'entourage du ministre français de la Défense Hervé Morin avait indiqué jeudi soir que la France allait renforcer vendredi son dispositif militaire au Tchad avec l'envoi de Libreville, où sont stationnés quelque 800 soldats français, d'une compagnie à N'Djamena pour assurer la sécurité de ses ressortissants. Quelque 1.100 soldats français sont déployés depuis 1986 dans le cadre du dispositif français Epervier au Tchad.
AFP