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| Faure Gnassingbéentouré ici par les hommes en Treillis (photo archive) |
Après la présidentielle du 24 avril 2005 qui avait vu l’arrivée au pouvoir de Faure Gnassingbé, personne ne doutait que le RPT et ses militants avaient trouvé celui qui devait incarner le père fondateur du parti, qui venait malheureusement de nous quitter deux mois auparavant.
C’est ainsi que les choses ont évolué avec Faure jusqu’au jour où certains observateurs ont commencé par découvrir que les lendemains pour le RPT et ses militants risquent de s’assombrir si l’on ne prend garde. Aujourd’hui, au regard de ce qui se passe, tout porte à croire que ces observateurs avaient vu juste, puisque les faits leur donnent raison.
Oui ! Le Rassemblement du Peuple Togolais n’est plus ce parti que l’on a connu et qui faisait la fierté de toute une population.
Les querelles intestines sont venues mettre à mal la sérénité qui régnait. A ces querelles, est venue s’ajouter l’interminable mésentente entre les frères Gnassingbé singulièrement entre Faure et son demi frère Kpatcha. Ce dernier qui avait pourtant tout donné pour que le premier soit là où il est aujourd’hui.
Il a été par la suite remercié en monnaie de singe au détriment des amis de Faure Gnassingbé qui ce sont vus attribués des postes de responsabilités très juteux et qui ont à ce jour poussé des ailes au point que personne ne peut les approcher. Et c’est dans ce climat que l’on évoluera jusqu’à l’approche des législatives. Coup de théâtre, certains à dessein ont été écartés sous prétexte qu’ils appartenaient à l’ancienne génération, la Génération Eyadéma.
Cette situation en son temps avait causé du tort au parti, parce que ceux qu’on dit être fatigués et qui étaient à dessin écartés, ont fini par comprendre qu’il étaient indésirables par Faure et ses amis dans le parti. Or se sont ces derniers qui au temps du père de la nation ont fortement contribué à maintenir la machine RPT pour que certains puissent jouir des fruits aujourd’hui. Les jeunes et les femmes qui étaient regroupés en différentes associations ont été complètement oubliés sous prétexte qu’on cherchait à instaurer un esprit nouveau. Entre nous, dans quel pays un pouvoir aussi puissant soit-il n’a pas l’appui des jeunes et des associations ? Que se soit au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Niger et même en France, on y rencontre. Quelle démocratie veut –on donc faire au Togo ? Celle outre celles que nous voyons par tout ailleurs ? La conséquence de tous ces comportements a été la démobilisation de bon nombre de militantes et militants du parti. Une autre forme de militantisme s’installe donc.
Désormais on milite en tournant le dos derrière. Ceux qu’on appelle les vieux barons qui se sont vus humiliés ont préféré croiser les bras et regarder faire Faure et ses amis. Ils sont nombreux ces gens qui disent ne plus se retrouver en au RPT. " Avant, c’est à travers un gouvernement que nous savons que nous étions des militants du parti. Aujourd’hui c’est tout un mélange et nous sommes très bouleversés. Plus personne ne vient nous dire ce qui se passe et on est là comme ça. On ne sait plus qui est qui et qui fait quoi. Nous sommes tout simplement troublés et je ne crois pas que cela est un bon pour notre parti", a laissé entendre un haut cadre retraité et militant convaincu du parti que nous avons rencontré à Bassar i l y a quelques jours.
Il n’est pas le seul à le dire. Plusieurs autres personnes que ce soit dans la capitale ou dans d’autres villes du pays, s’inquiètent énormément de ce qui se passe en ce moment dans le parti. Mêmes certains hauts responsables du parti ont cette inquiétude mais préfèrent se taire parce qu’ils estiment ne jamais être écoutés.
Aujourd’hui, nous sommes à un an de la présidentielle et une seule question revient sur les lèvres : Comment sera 2010 ? Cette question vient toujours des gens proches du parti, ceci eu égard au constat sur le terrain. Si nous relevons cet état de chose, c’est juste pour attirer l’attention de Faure qui croit que les bains de foule qui se présentent à lui à certaines occasions sont acquis à sa cause et que 200 sera qu’une simple formalité. Si c’est le cas, nous disons que c’est une erreur. Les admirateurs sont là et les militants sont aussi là.
Qu’on ne se voile pas la face. Tous ces gens qui l’acclament à chaque occasion ne sont pas tous acquis à sa cause. Que Faure se mette ça en tête. Un simple exemple pour rafraîchir la mémoire de ceux qui ne croient toujours pas que les choses seront difficile en 2010 : Prenez la paume de la main et divisez là en deux parties égales. Considérez que la première partie constitue l’opposition togolaise qui depuis longtemps lutte pour prendre le pouvoir au RPT. Et la seconde partie constitue le RPT lui-même. Au fil du temps et plus précisément en ce moment la seconde partie semble être divisée. C’est-à-dire que la partie RPT est encore divisée alors que la première partie et donc celle de l’opposition se renforce.
Vous pouvez deviner ce qui risque d’arriver même si vous êtes un aveugle. Voilà dans quelle situation se trouve en ce moment le RPT. Certes, Faure en arrivant au pouvoir a en tête le développement du pays. On ne peut pas l’en vouloir pour ça. Et on nous dira aussi qu’on ne peut pas faire ce développement sans sacrifice.
Ce qui est tout à fait normal. Il y a certains œufs, lorsqu’on les casse pour des omelettes rendent difficiles la consommation ces omelettes. Faure n’a pas su gérer l’après Eyadema. Il s’est laissé entraîné dans des erreurs graves qui compromettent aujourd’hui la vie du parti. Et la question qu’on se pose au jour d’aujourd’hui, c’est de savoir s’il saura rectifier le tir avant la présidentielle de 2010 ? Et comment ?
Le Messager du 25 Mars 2009