Le Togo a "retrouvé une certaine confiance en lui-même", a indiqué mardi soir à l’Agence Savoir News, le chef de délégation de la Commission européenne au Togo Filiberto Ceriani Sebregondi, soulignant que ce pays peut "redevenir la Suisse de l’Afrique de l’ouest par ses positions géopolitiques".
"Le Togo a de l’avenir. Ce pays a devant lui, un chemin de redressement économique, de réconciliation politique et économique", a déclaré M.Sebregondi en fin de mission au Togo.
L’Union européenne (UE) et la plupart des bailleurs de fonds ont renoué avec le Togo en décembre 2007, suite aux efforts déployés ces dernières années par les autorités togolaises, notamment dans le respect des droits de l’homme et la bonne tenue des élections législatives d’octobre 2007.
L'UE avait suspendu sa coopération avec le Togo en 1993 pour "déficit démocratique". Au lendemain de cette décision, plusieurs autres partenaires bilatéraux avaient rompu leurs relations avec Lomé.
"C’est clair qu’il a y encore des défis, notamment la présidentielle de 2010", a souligné M.Sebregondi.
"J’invite les acteurs politiques à mettre de côté leurs différends. Il faudrait qu’ils trouvent rapidement un accord sur la composition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), afin de démarrer la préparation technique de ces élections", a-t-il poursuivi.
Selon le haut responsable européen, les "élections sont bien organisées", lorsqu’elles sont "bien préparées".
"L’UE a été un grand acteur du processus et elle a encore un rôle à jouer en tant qu’observateur, accompagnateur", a précisé M.Sebregondi.
Les discussions achoppent depuis quelques jours au Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) sur la composition de la CENI , structure chargée d’organiser et de superviser les élections au Togo. Situation qui a d’ailleurs poussé le chef de l’Etat Faure Gnassingbé a rencontré mardi, des représentants des partis politiques aux discussions.
Il a exhorté les togolais à prendre eux-mêmes leurs décisions, en allusion aux récents débats au CPDC sur le recours à la "facilitation"..
"Nous ne sommes plus à l’heure des décisions prises de force. Les décisions doivent être prises par les togolais eux-mêmes. Ils ont la capacité et la maturité pour le faire. Les facilitateurs ont joué un rôle dans le passé. On est prêt à le faire encore, mais ce serait beaucoup plus sain pour le Togo de compter sur ses propres forces", a-t-il précisé.
Rappelons que le CPDC regroupe des représentants du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT, le parti au pouvoir), du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR, opposition), de l'Union des Forces de Changement (UFC, opposition), ainsi que ceux du gouvernement.
Cette structure est chargée notamment de "créer par un dialogue permanent, les conditions de stabilité et de consolidation des institutions républicaines autour des questions d’intérêt national et des principes démocratiques et républicains, notamment la constitution, la charte des partis politiques, le code électoral et la régularité des scrutins, les prérogatives constitutionnelles des institutions".
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