 |
| Adji-Ottey Ayassor, Ministre de l'Economie et des Finances/Photos Hugues |
Il a été décidé la revalorisation du SMIG et du SMAG horaire à 161, 54 F CFA, soit 28.000 F CFA par mois dès la fin du mois d’août 2008, les réduction de 7 % de l’impôt sur les sociétés, et de 10 % de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) ; la non augmentation du prix du pétrole lampant, en faveur des populations rurales et du gaz domestique, pour encourager son utilisation et le payement d’une indemnité de transport de 5.000 FCFA aux travailleurs togolais. « Ces mesures coûteront près de 5 Milliards 600 millions de Francs CFA à l’Etat togolais » a indiqué Adji-Ottey Ayassor, le ministre de l’Economie et des Finances.
Répondant à une question d’un journaliste demandant pourquoi l’Etat ne réduirait-il pas son train de vie, M. Pascal Bodjona a précisé que le gouvernement fait des efforts pour réduire les dépenses d’autant plus que les ministres togolais ne pourront pas comparer leurs situations avec leurs homologues de la sous région. En ce qui concerne l’application de cette décision, les différents intervenants ont souligné qu’elle est effective avec effet immédiat : « Un gouvernement qui se veut responsable ne peut en aucune manière prendre des décisions et ne pas l’appliquer » a précisé M. Bodjona.
35300 agents de l’administration publique vont bénéficier de ces mesures d’accompagnements. « Nous avons engagés des consultations avec les organisations patronales et c’est ensemble que nous avons décidés de relever le SMIG à 28.000 FCFA. C’est un effort de l’Etat et de tous les opérateurs économiques. En fonction du chiffres d’affaires des entreprises du secteurs privés, on va décider de fixer cette hausse du SMIG en vue de renforcer à terme le pouvoir d’achat de tous les togolais » a déclaré Nicoué Broohm, le ministre du travail.
Notons que l’Etat togolais a officiellement reçu 250 millions de FCFA de dons provenant des institutions comme la CEDEAO, l’UEMOA, la BIDC pour venir en aide aux sinistrés des inondations.
Voici le communiqué du conseil des ministres
Le conseil des ministres s’est réuni ce mercredi 13 août 2008 au Palais de la Présidence de la République, sous la présidence du chef de l’Etat, Son Excellence Faure Gnassingbé.
Au cours de ses travaux, le conseil a écouté une communication et pris une série de mesures pour atténuer les effets de la vie chère.
La communication, faite par le ministre du travail et de la sécurité sociale, porte sur le relèvement du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) et du salaire minimum agricole garanti (SMAG) au Togo.
En effet, les salaires minima légaux en vigueur au Togo datent de 1990. Dix huit ans après, le pouvoir d’achat a subi une très forte érosion marquée par la dévaluation du franc CFA et les effets de la suspension de la coopération avec nos partenaires. L’inflation générée par la conjoncture économique mondiale actuelle est venue aggraver cette situation déjà difficile à maîtriser.
Lors des assises du dialogue social tripartie, les représentants du gouvernement et les partenaires sociaux ont pris conscience de la nécessité de prendre un certain nombre de mesures urgentes en vue de relever ce pouvoir d’achat des travailleurs et leur permettre ainsi de faire face aux multiples problèmes engendrés par le contexte socio-économique difficile que connaît le pays.
L’une des mesures proposées à court terme a été d’étudier la possibilité du relèvement du SMIG et du SMAG en vigueur dans notre pays et qui ne correspondent plus aux réalités économiques du quotidien des travailleurs togolais.
A l’issue donc des négociations que le gouvernement a engagées avec les acteurs sociaux, notamment le patronat et les organisations syndicales, il a été décidé la revalorisation du SMIG et du SMAG horaire à 161, 54 F CFA, soit 28.000 F CFA par mois dès la fin du mois d’août 2008.
Par ailleurs, le gouvernement, pour permettre à toutes les couches sociales de faire face au phénomène général de la vie chère, aux difficultés liées à la flambée des prix du carburant et des produits de première nécessité, aux effets induits par les intempéries que notre pays a connues ces dernières semaines, a décidé de l’adoption de mesures d’accompagnements afin de soulager nos compatriotes et assister le panier de la ménagère :
Sur le plan du commerce et des transports, sept mesures ont été prises :
1. le ministre des transports est en discussion avec les transporteurs afin de déterminer les tarifs des transports urbains et interurbains des marchandises et des personnes ;
2. l’élimination des frais qu’occasionnent les contrôles excessifs sur toutes les routes. Désormais, seuls les postes de contrôle de Davié et de Mango sur la route nationale n°1, Zanguéra sur la route nationale n°2 et Aného sur la route nationale n°3 seront maintenus ;
3. la non augmentation du prix du pétrole lampant, et ce, en faveur des populations rurales ;
4. la non augmentation des tarifs d’eau et d’électricité, malgré la flambée des prix du JET A1 et du Gasoil ;
5. le maintien de la subvention sur le gaz domestique ;
6. la formalisation et la redynamisation de la commission nationale ad hoc sur la vie chère créée auprès du Premier ministre ;
7. réflexion sur la création de magasins témoins dans les chefs lieux de préfectures en vue d’assurer l’approvisionnement régulier et à des prix de référence, des produits de première nécessité.
Sur le plan des finances et de l’impôt, quatre mesures ont été prises :
1. réduction de 7 % de l’impôt sur les sociétés (IS), soit de 37 à 30 % pour les industries, et de 40 à 33 % pour les autres sociétés ;
2. Réduction de 10 % de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) ;
3. Paiement du dernier arriéré de pension (juin 2003) aux retraités émargeant à la Caisse de Retraites ;
4. Une indemnité de transport de 5.000 francs CFA/mois au profit de tous les agents de l’Etat jusqu’en décembre 2008.
Cette indemnité, conjoncturelle et transitoire, sera remplacée par une réduction de 10 % de l’IRPP dès janvier 2009 qui, elle, sera permanente.
Le conseil a en outre, pris des mesures relatives à la police d’assurances et accidents corporels.
Ainsi, les agents de l’Etat seront désormais couverts contre les accidents corporels qui peuvent leur être causés, entraînant pour eux, soit le décès, soit l’incapacité permanente totale ou partielle.