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| Me AZIANKEY Georges |
Suite à leur Assemblée Générale extraordinaire le 27 décembre 2007 à Lomé, la Chambre des Huissiers du Togo vient de prendre deux résolutions à l’encontre des nouveaux huissiers nommés par décret pris en conseil des ministres le 30 août 2007. la chambre s’insurge contre
parce que violant les textes qui régissent la profession des corps des huissiers, fait couler d’encre et de salive au sein de la corporation. C’est pour faire la lumière sur la situation que le Secrétaire Général de la chambre des Huissiers du Togo Me Georges Aziankey a accepté de nous accorder cette interview ne serait ce que pour situer les uns et les autres sur la position de la Chambre.
Lisez plutôt.
Lomecite.com :
Il y a quelques mois, la Chambre des Huissiers du Togo traverse une crise, crise née au sujet de la nomination de nouveaux huissiers. Fais –nous le point de la situation.
Me Georges Aziankey:
Oui, la Chambre en elle-même ne traverse pas une crise, ce n’est pas une crise au sein de la Chambre. La crise est née entre la chancellerie et la Chambre .La crise est née à partir du moment où la chambre a pris connaissance par voie de presse notamment le quotidien national Togo Presse du 31 août 2007 de la nomination par décret du Président de la République, décret pris en conseil des ministres le 30 août 2007 lequel faisait état de la nomination de 29 nouveaux huissiers de justice. La Chambre a constaté que la procédure de nomination de ces huissiers n’a pas respecté les dispositions de la loi N°2000 / 015 du 1er Septembre 2000 portant statut des huissiers de Justice au Togo. Nous avons constaté que parmi ces personnes nommées, beaucoup ne remplissent pas les conditions prévues par l’article 30 alinéas 3.
Quelles sont ces conditions ?
L’alinéa 3 de notre statut de l’article 30 dit que : il faut être titulaire d’une maîtrise en droit ou d’un diplôme équivalent. Donc, nous avons constaté que ceux qui ont été nommés, beaucoup n’ont pas ce diplôme requis, parce que la profession d’huissier de justice, c’est une profession judiciaire et libérale donc celui qui veut exercer cette profession doit avoir faire préalablement le droit. C’est une condition fondamentale de base. Et puis, nous avons constaté également que les personnes qui étaient nommées, trois d’entre elles, ont prêtés serment en qualité d’huissier de Justice depuis 1999. Ils exercent leur profession auprès de la Cour d’Appel de Kara… donc, ils sont du ressort de la Cour d’Appel de Kara. Mais, ces personnes sont aussi nommées parmi les 29, c’est ce que nous n’avons pas compris ; alors que nos textes interdisent ces genres de nomination. Notamment l’article 59 de notre statut dispose : « Le transfert d’office d’huissier de justice ne peut intervenir dans les limites du ressort d’une même cour d’appel ». Cela veut dire que ceux qui sont déjà au niveau de la cour d’appel de Lomé ne peuvent pas quitter cette cour pour aller dans un autre ressort. Il peut être transférer dans le ressort de cette cour d’appel…C’est ce que l’article 59 interdit.
Donc, on a constaté que ces trois là, ont été ramené dans le ressort de la cour d’appel de Lomé ; ils sont titulaires alors de deux charges chacun, les charges de Kara et de Lomé. Avant qu’ils ne soient nommés, il faut que la charge qu’ils ont au niveau de la cour d’appel de Kara, que cette charge leur soit retirée d’abord. Nous avions dit qu’ils ont encore violés nos textes. Nous continuons pour dire que, même avant la nomination, la chancellerie devrait saisir le bureau de la Chambre des Huissiers par l’entremise du Procureur Général, celui –ci à son tour envoi les dossiers des postulants au niveau de la chambre nationale des Huissiers qui va étudier ces dossiers et donner dans les 45 jours un avis motivé sur les personnes à nommer ; ça n’a pas été le cas, nous n’avons donné aucun avis motivé sur ces nominations…., ils ont violés encore nos textes….L’article 46 le dit bien : « Le procureur général recueille l’avis motivé de la Chambre nationale des huissiers sur la moralité et la capacité professionnelle de l’intéressé ainsi que sur ses possibilités financières au regard des engagements contractés ». Plusieurs de nos articles ont été frontalement violés, c’est pourquoi nous contestons ces nominations. Nous avions saisi la Chambre administrative de la Cour suprême en référé d’abord pour ordonner le sursis à toute prestation de serment des personnes nommées et puis se prononcer également sur le fond de l’affaire. L’affaire est pendante devant la chambre administrative de la Cour suprême.
Mais, la crise est née ça fait plus des mois, si vous n’obtenez pas gain de cause, qu’est ce que vous aller faire ?
Nous avions confiance en la justice togolaise. Paraît –il que c’est la première fois que la chambre administrative a été saisie pour statuer sur ces genres d’affaires. Au cours de l’audience de plaidoirie, le représentant du ministre de la Justice d’alors Mr Séla Polo était venu à la barre déclarer que le décret dont nous parlons, lui-même , il n’en a pas connaissance, que le décret dont on parle n’est pas publié dans la Journal officiel alors pourquoi on attaque quelque qui n’existe pas. C’est ainsi que les avocats de la chambre ont demandé au président de la chambre administrative de donner acte au garde des sceaux, ministre de la justice à ce que son représentant à déclarer à la barre que le décret n’existe pas et n’est pas publier dans le journal officiel. L’affaire est mise en délibérée et renvoyée au 04 Janvier 2008, nous attendons la délibération. Aux dernières nouvelles, alors que cette délibération n’a pas eu lieu, on apprend que le décret que le représentant du ministre a dit qu’il n’existe pas, toutes les personnes nommées ont reçu en catimini ces décrets et s’apprêtaient même à prêter serment. Quand nous avions appris cela, le bureau a décidé rapidement de convoquer une Assemblée Générale extraordinaire le 27 décembre 2007 pour que l’assemblée se prononce sur cette situation que nous qualifions de voix de fait et d’arbitraire.
Donc c’était le garde des sceaux, Ministre de la Justice Séla Polo d’alors qui avait proposé seul les personnes à nommer au conseil des Ministres ?
Oui, c’était bien lui puisque nos textes lui en donne le pouvoir. C’est au ministre de la justice de proposer les personnes à nommer. Mais, il est tenu de respecter les procédures requises par la loi N° 2000-015 du 1er septembre 2000 portant statut des huissiers de justice. --Recueillir l’avis motivé du bureau de la chambre des huissiers
-s’assurer que les personnes à nommer ont le niveau d’étude et de compétence exigés par les textes. Malheureusement, cela n’a pas été le cas. Parmi ces personnes nommées, les trois huissiers du ressort de la cour d’appel de Kara ne devraient plus être nommés. En les nommant pour une deuxième fois, ils ont chacun deux charges. Parmi les 26 autres personnes restantes, seules 04 seraient titulaires de la maîtrise en droit. Les autres, ce sont le niveau BEPC, ou tout au plus le baccalauréat.
Au cours donc de votre assemblée extraordinaire, qu’est ce qui a été arrêté comme décision ?
Bon, au cours de notre assemblée extraordinaire, les huissiers ont adopté deux (02) résolutions. C’est des mesures dissuasives que nous avions prises puisque beaucoup de personnes même des procureurs nous appellent pour nous dire qu’ils ont reçu des demandes de prestations de serment des personnes nommée part décret pris en conseil des ministres. C’est face à cette situation que l’Assemblée extraordinaire a pris au total deux résolutions :
-résolutions 1
L’assemblée Générale a donné mandat au bureau d’adresser une lettre de protestation aux autorités compétentes pour attirer leur attention sur le caractère irrégulier et arbitraire que révèlerait toute prestation de serment des personnes nommées comme huissiers et citées par le quotidien national Togo Presse du 31 août 2007.
-résolution2
L’Assemblée Générale demande au bureau de la chambre de :
-ne pas reconnaître à ces personnes nommées, la qualité d’Huissiers de Justice
- s’abstenir d’inscrire ces personnes au tableau de la Chambre Nationale des Huissiers de Justice du Togo
-rejeter toute demande de délivrance de carte professionnelle émanant de ces personnes
Ne pas accepter la ;participation des ces personnes aux réunions et à toutes manifestations que la chambre Nationale de Huissiers de justice du Togo (CNHJ-Togo), l’Union Internationale des Huissiers de Justice et Officiers judiciaires (UIHJ) et l’Unité de Formation des Huissiers de Justice Africains (UFOHJA) auront à organiser…
Dans ce différend né de la nomination de nouveaux huissiers, ne pensez-vous pas que le ministre qui a porté cette nomination au conseil des ministres a mis la chambre des huissiers devant une situation difficile à gérer ?
Non, il ne nous a pas mis dans une situation difficile à gérer. Si l’acte est posé et on voit que cela revêt un caractère irrégulier, ah, il faut corriger. Si la personne même ne s’était pas rendue compte qu’il y a irrégularité, la seule personne qui puisse corriger cette irrégularité, cette personne morale n’est que la Justice. C’est pourquoi nous, nous avons porté le problème devant la chambre administrative de la Cour Suprême. C’est à cette chambre de dire le droit. Si ces nominations correspondent ou respectent les dispositions légales régissant le corps des Huissiers du Togo, c’est tout ce que nous demandons.
Et si les décisions prises au cours de l’Assemblée Générale extraordinaire n’ont pas eu d’échos, que feriez vous ?
Au début, j’ai dit que nous avons confiance en notre justice, c’est des juristes qui sont là-bas et je crois qu’ils vont dire le droit. Si notre justice est indépendante et qu’il y a une chambre qui est spécialement créée pour connaître les affaires administratives, il faut que cette chambre dise le droit ; nous avons confiance en la justice que le droit sera dit et le décret sera rapporté.
Je vous remercie.
Interview réalisée par Lambert A./Lomecite.com