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Samedi, 05.16.2009, 05:14pm (GMT)
Le mois dernier, les responsables de cette ONG faisaient partie d'un groupe d'associations de défense des droits de l'homme ayant visité certains centres de détention des personnes interpellées dans l'affaire de tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat. L'Agence Savoir News s'est rapprochée de Claude Vondoly, le président du MTDLDH.
Propos recueillis par Lambert ATISSO
Savoir News : Selon certains observateurs, la situation des droits de l’Homme a nettement évolué au Togo. Qu’en dites vous ?
Claude Vondoly: Ils ont raison. Il faudra reconnaître que les efforts ont commencé avec les 22 engagements pris par le gouvernement togolais en avril 2004, juste avant le décès en février 2005 du père de la nation, feu Gnassingbé Eyadema. A l’époque, des efforts avaient commencé, ce qui a d’ailleurs poussé l’Union européenne - qui a rompu son aide au Togo en 1993 - à reprendre partiellement sa coopération avec le Togo. Avec l’arrivée de Faure Gnassingbé au pouvoir en avril 2005, des progrès notables ont été encore enregistrés. Mais tout n’est pas encore parfait, il reste encore d’efforts à faire pour permettre aux citoyens d’être plus épanouis.
Savoir News : Une Commission du parlement togolais a récemment sillonné les prisons du Togo. A l’issue de cette tournée, elle aurait jugé meilleures, par rapport aux années antérieures, les conditions de détentions des prisonniers. Avez-vous fait le même constat ?
Claude Vondoly : Les conditions de détentions dans les milieux carcéraux ont connu des reformes avec l’appui de l’Union européenne à partir du projet PAUSEP qui a permis d’améliorer un peu les conditions dans les prisons du Togo. Mais, il reste toujours à faire, car la plupart des prisons sont pléthoriques, notamment la prison civile de Lomé. Le problème de surpopulation carcérale et d’autres conditions doivent être revus. Même s’il y a des efforts par rapport aux années précédentes, il faudrait que ces efforts soient permanents et continus pour qu’on atteigne le meilleur. Nous ne pouvons pas dire que les conditions de détentions sont très appréciables. Ce que nous vivons sur le terrain ne permet pas de dire à 100% qu’au Togo, les situations de détentions sont meilleures par rapport aux autres pays. En tout cas, des efforts restent à faire dans ce domaine et nous avons attiré l’attention des gouvernants sur la poursuite des réformes. Il faudrait assainir le milieu, permettre aux détenus de vivre dans des conditions décentes.
Savoir News : Trois associations de défense des droits de l’homme dont votre ONG étaient sur le terrain le mois dernier pour s’enquérir des conditions de détention des personnes arrêtées dans le cadre de la tentative d'atteinte à la sûreté de l'Etat. D’aucuns n’ont pas hésité à qualifier de "bidon" le rapport présenté à l’issue de cette tournée.
Claude Vondoly : Au fait, les journalistes s’attendaient à autre chose. Que nous leur disons que la situation était plutôt alarmante. Or, ce n’est pas ce que nous avons vu sur le terrain. Les détenus que nous avons rencontrés, visiblement étaient bien portants. Ils ont même répondu à toutes nos questions. Ils n’ont pas fait cas de mauvais traitements. Lorsque nous avons rencontré Kpatcha Gnassingbé, il a indiqué qu’il était sous surveillance médicale et qu’après son interpellation, il continuait de recevoir les soins. Quand nous sortions de sa cellule, son médecin était même à son chevet. Un autre détenu nous avait même signifié qu’il avait lui aussi reçu des soins à sa demande, suite à des douleurs au niveau du thorax avant son arrestation. Nous avons visité au total, trois lieux de détention. Dans deux des centres de détention, tous ceux que nous avons visités nous ont déclaré qu’ils recevaient la visite de leur famille. Dans un autre centre de détention, certains nous ont indiqué que depuis leur détention, ils n’avaient reçu aucune visite des membres de leurs familles. A la suite de cette visite préventive, nous avons formulé des recommandations au ministre des droits de l’homme et celui de la sécurité. Nous avons demandé que le suivi médical soit continu, afin de permettre à ceux qui sont sous surveillance médicale de bénéficier des soins adéquats et que des dispositions soient prises pour favoriser la visite des familles des détenus qui en sont privés. La plus importante recommandation que nous avons formulée, porte sur l’amélioration des conditions d’hygiène et de salubrité dans ces lieux de détentions.
Claude Vondoly : Nous nous organisons à effectuer une seconde visite. Et c’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons suivi ensemble le dernier communiqué du Procureur de la République, qui déclarait qu’à la suite de l’audition des personnes interpellées, quelques unes ont été relâchées pour insuffisance d’éléments à charge. Par contre, 10 civils ont été déférés, inculpés et mis sous mandats de dépôt et 18 militaires sont, selon toujours le même communiqué sous sanctions disciplinaires de leurs corps respectifs avant leur remise aux autorités judiciaires. Vous savez, nous sommes dans une affaire très délicate. Nous avons écrit aux ministres des droits de l’homme, de la sécurité et de la Justice pour leur signifier que nous considérons ces détenus comme étant des détenus politiques et qu’à cet effet, nous demandons des garanties pour leur sécurité. Nous avons aussi signifié aux autorités que nous déplorons que ces personnes soient toujours détenues dans des cellules d’isolement où le droit de visites des familles et avocats est interdit. D’une façon générale, nous les avons exhortés pour qu’ils garantissent l’intégrité physique et morale des personnes détenues et à leur assurer de meilleures conditions de détention. Nous demandons que les autorités respectent leurs obligations internationales en vertu du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels; et de se conformer à la convention contre la torture de même qu’aux Standards internationaux relatifs au traitement des détenus. al/ja/eg/SN - (228) 962 59 79 / 996 68 62. Savoir News, la première Agence de presse privée au Togo www.lomecite.com
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