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| Les adeptes ici en pleine cérémonie de vaudou (Photo archive) |
Pratiquée pour la première fois vers la fin du XVIé siècle sur les rives du fleuve du Mono (entre le Togo et le Bénin), le culte vaudou consiste à adorer un seul Dieu, le "Mahu" ou le "Ségbo Lissa" à travers plusieurs centaines de divinités. Selon de récentes statistiques, environ 50% de la population togolaise pratiquent le vaudou. L’Agence Savoir News a rencontré le président national des prêtres vaudou du Togo, Togbui Gnagblondjro III pour qui le vaudou est la "meilleure religion".
Savoir News : Le vaudou est perçu de nos jours comme une pratique des ancêtres qui doit disparaître. Bref, une mauvaise chose. Qu’en dites vous ?
Togbui Gnagblondjro III : Nous ne devons pas oublier nos racines. Le vaudou est notre croyance. C’est une religion que nous pratiquons tous, parce que nous avons tous dans nos maisons un vaudou, ce que nous appelons le "Togbé Zinkpé" (chaise ancestrale en langue mina). Ceux qui pensent que le vaudou est une mauvaise chose, se trompent. D’ailleurs, la plupart de ceux-là qui jettent ces mauvaises critiques sur la religion de nos ancêtres sont avec nous. Et c’est très mauvais. Ils nous critiquent le jour, alors que la nuit, ils sont dans nos couvents. Dans le vaudou, on est franc et sincère, parce que les ancêtres n’aiment pas le mensonge et l’hypocrisie. Pour moi, le vaudou est la meilleure religion.
Savoir News : En quoi consiste le vaudou? Et comment le pratiquer ?
Togbui Gnagblondjro III : Il me sera très difficile de vous dire certaines choses parce que vous n’êtes pas initié. Mais comme je l’ai souligné plus haut, le vaudou est une religion. Et cette religion consiste à adorer un seul Dieu tout puissant: le "Sègbo Lissa" à travers des divinités. Moi, je suis un prêtre "Hêviosso" (Dieu du tonnerre), l’une des grandes divinités. Ce sont les ancêtres qui m’ont désigné, car dans le vaudou, on ne s’improvise pas prêtre vaudou. Je ne pratiquais même pas cette religion, j’étais chrétien. L’annonce m’a été faite un jour après consultation des oracles, alors que je revenais d’un voyage. A cette époque, le trône était vacant depuis près de 15 ans. Dans un premier temps, j’ai refusé, une attitude qui a provoqué la colère des ancêtres. Durant cette période, nous avons enregistré une trentaine de décès dans notre famille. J’étais obligé de céder, grâce aux conseils notamment des plus hautes autorités de ce pays. Mais après mon intronisation, plus rien de mauvais dans le cercle familiale. Dans notre religion, nous pouvons discuter directement avec les ancêtres et leur exposer nos problèmes. On appelle la personne, elle arrive et on discute avec elle. Si vous voulez vraiment discuter avec l’un de vos parents décédés, ce n’est pas compliqué.
Savoir News : Pas de contraintes, lorsqu’on est désigné prêtre vaudou ?
Togbui Gnagblondjro III : Le prêtre vaudou doit respecter certaines prescriptions, car les ancêtres sont exigeants. Je ne peux pas tout citer. Il ne doit pas manger en public et ne doit pas sortir seul. Le prêtre vaudou ne commet pas l’adultère etc…
Savoir News : Vous avez organisé la dernière fois, une grande cérémonie de sortie. De quoi s’agit-il ?
Togbui Gnagblondjro III : Le grand prêtre vaudou ne sort qu’une fois tous les trois ans. Mais ceux qui sont dans la forêt sacrée sortent une fois l’année. Seule Maman Kponou, la grande prêtresse de la forêt sacrée est habileté à sortir tous les jours. C’était ma deuxième sortie officielle. C’est une manière pour le grand prêtre de se présenter aux populations et de leur prouver qu’il est toujours vivant et qu’il se porte très bien. La cérémonie est toujours présidée par le prêtre vaudou de la localité.
Savoir News : Grand prêtre vaudou, vous êtes également journaliste, Directeur de Publication d’un journal (Tingo Tingo).
Togbui Gnagblondjro III : Ce n’est pas facile. Ce sont les ancêtres qui m’aident et m’assistent.
eg/al/jo/ SN - (228) 962 59 79 / 996 68 62.
Source: Savoir News, la première Agence de presse privée au Togo.