 |
| Le franco togolais Benjamin Boukpeti |
A quelques jours de l’ouverture des Jeux Olympiques 2008 en Chine, Benjamin Boukpeti le canoë kayakiste qui représente le Togo à cette compétition affine ses ambitions.
Comment vous sentez-vous à l’approche du Jour J ?
Je me sens au mieux de ma forme. J’ai fini les Pré mondiaux en Espagne par une 11ème place à un centième de la finale. Cela est une très bonne référence puisque mon objectif pour Pékin est de me classer dans le Top 10 en priorité….
Faites-nous le point de vos préparatifs ?
En même temps que ma préparation sportive, j’ai suivi les cours dans une école de business. C’est seulement depuis le mois de Février 2008 que je suis libéré de mes cours et depuis le 5 juillet, libéré de mes obligations au niveau de l’école alors que je passais l’examen terminal à Toulouse. Cette saison, j’ai eu la chance de pouvoir multiplier les déplacements sur les rivières de références en Europe et sur la rivière olympique de Pékin. Mon engagement est total pour cet événement.
Quel est l’objectif que vous fixez pour ces J.O ?
Je souhaite avant tout rentrer dans la finale olympique, ce qui me permettra de faire mieux qu’à Athènes en 2004. En suite, je suis conscient que dans notre sport, en finale tout peut arriver. Je fais donc en sorte de me tenir près pour que le 12 Août 2008 soit un grand jour.
Etre le premier togolais en compétition de Canoë-kayak devrait être une lourde responsabilité. Est-ce un élément à relent galvanisant ?
J e dois avouer que cela me donne parfois une petite motivation supplémentaire mais je gère plus car pour performer, il me faut me concentrer sur moi-même, sur mes actions, sur ma préparation.
Dites-nous concrètement pourquoi avoir choisi le Togo alors qu’avec la France, vous aurez pu bénéficier de beaucoup de facilités
En 2003 lorsque j’avais pris ma décision, j’avais pris du retard sur le meilleur niveau suite à deux interventions chirurgicales pour mes épaules. En France, la densité des compétiteurs est tellement importante qu’il y a une forte sélection chez les jeunes. Alors je devenais trop vieux en France mais avec toujours en tête des rêves de haut niveau. J’ai donc choisi de courir sous ma nationalité d’origine mais tout en prenant garde de bénéficier du soutien de la Fédération Internationale. Ce soutien est indispensable pour atteindre le haut niveau.
Quel soutien l’Etat togolais vous apporte –t-il pour ces J.O ?
Suite à mes performances des Jeux Olympiques d’Athènes, le Comité National Olympique Togolais (CNOT) a fait une demande auprès du Comité International Olympique (CIO) pour que je bénéficie de la bourse de la solidarité olympique. Cela m’a permis de financer près de 80% de mes saisons 2006/2007. Cette saison, même si j’aurais aimé bénéficier d’un soutien financier indispensable à l’achat de matériel (très coûteux et fragile), je garde de bons rapports avec le CNOT quand à toute la préparation logistique des épreuves olympiques.
Un dernier mot à l’endroit du public togolais
J’imagine que le public est peu sensible à ma participation olympique dans la mesure où je m’aligne sur une discipline peu connue au Togo. J’espère simplement que la population va suivre les performances de ses athlètes et les soutenir pour ces Jeux Olympiques de Pékin mais aussi pour la suite (Coupe du monde de foot, Athlétisme, judo…) pour que le sport devienne pour le Togo une discipline valorisante.
Interview réalisée par Théteson LEMEC