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| Sandrine Kangnie-Thiebaud |
Les Jeux Olympiques de Pékin 2008 s’ouvrent du 08 au 24 Août prochain à Beijing. La délégation togolaise sera très limitée une fois encore à ce rendez-vous de Pékin. Les togolais adeptes de la formule célèbre de Pierre de Coubertin n’y dérogent pas à la règle. C’est un triste constat.
Des six athlètes retenus pour les J.O de Pékin, finalement, ils ne seront que quatre ou cinq à prendre part à ces jeux. On citera entre autres, la sprinteuse Sandrine Kangni-Thiébaud qui s’alignera sur les 400 m, Benjamin Boukpéti qui compétira en Canoë Kayak, Martial Loglo en tennis.
Sandrine Kangni-Thiébaud parle de ses ambitions à ces Jeux Olympiques
A moins d’une semaine des Jeux Olympiques de Pékin, comment vous sentez-vous ?
A moins d’une semaine de l’ouverture des J.O, je me sens de mieux en mieux. C est un sentiment très particulier car l’échéance arrive et la pression monte. J’ai encore quelques compétitions au programme dont le meeting du Stade de France à Paris puis les championnats de France à Albi avant de me diriger vers Pékin à la fin du mois. Il faut dire que le début de la saison a été très compliqué. Commencer la saison par les championnats d'Afrique n’a pas été évident car ce n’était pas inscrit à mon programme initial. Ayant déjà effectué une saison en salle et une grosse préparation de foncier en avril, je n arrivais pas dans les meilleures dispositions pour prétendre jouer les premiers rôles à Addis-Abeba fin avril. Mais c’est au prix de quelques sacrifices que j’espère mesurer les efforts réalisés toute la saison.
Vous avez mis un point d’honneur à bien vous préparer pour cet événement. Faites-nous un peu le point de vos préparatifs.
Les Jeux Olympiques constituent la compétition ultime pour tout athlète. L’athlétisme de haut niveau ne se rêve pas, il se pratique. C’est un effort et un investissement de chaque instant, qui se prépare des années à l avance. Alors il faut replacer toute ma préparation dans un contexte. Tout d'abord, je m entraîne en région parisienne (Melun) avec le même coach depuis presque 7 ans : Georges Wieczorek, un ancien international polonais. J’ai la chance qu’il m entraîne bénévolement et ne compte pas ses heures .Comme dans toute relation, entraineur-athlète, nous avons eu des bas, pas forcément liés au sport mais surtout des hauts exceptionnels. Cette collaboration a rapporté au Togo mes meilleures performances : 6 records nationaux dont celui du 400 m en 52’50’’ dans le bilan mondial, un titre de championne de France et un autre de championne du Tournoi de la Solidarité à Lomé en 2006.
Cette année, grâce à divers intervenants sportifs et à la fédération d’athlétisme d’île Maurice, j ai pu effectuer un stage de 3 semaines en avril en marge de leur meeting international où j ai pris la deuxième place au 200 m. Cela dit, je n ai pas pu emmener mon entraineur avec moi par manque de budget.
Depuis quelques semaines, je participe à des meetings de niveau national en France. J’ai remporté celui de Rennes et celui d Herouville.
Quel est l’objectif que vous vous fixé pour ces JO ? Faire comme votre papa dont le record sur 800m tient toujours 35 ans après ?
Pour être franche, je préfère dire que je ferai de mon mieux et faire ma meilleure performance pendant les qualifications . Ça me dirigerait vers une demi-finale. Ainsi je n’aurai rien à me reprocher. Cela parait timide comme objectif mais je n ai pas eu la préparation rêvée pour cette échéance. Attention, je ne suis pas gagne-petit ni défaitiste, car j’ai personnellement beaucoup investi autant physiquement et moralement, mais réaliste.
Lors de votre passage au Togo vous aviez demandé que l’Etat togolais vous apporte son concours financier afin de vous permettre de vous préparer dans les meilleures conditions. Est-ce que vous avez été attendue ?
La position financière délicate du Togo n’a pas permis de débloquer les fonds à cet effet. Cette préparation est un investissement à 80 % personnel. Le reste vient de la fédération internationale d’athlétisme.
Un mot à l’endroit du public togolais
C’est peu dire que le togolais est un sportif. Lors de mon passage à Lomé au mois de mars dernier, j’ai rencontre énormément de personnes très motivées et performantes dans bien de sports (plus que je ne le pensais) aussi bien chez les Hommes que les Femmes en Handball, basket, tennis, boxe et bien sûr en athlétisme.
Le sport togolais a de très bonnes bases et se développe comme le rugby et le golf. Il n y a qu’à voir le nombre de sports qualifiés pour le JO (tennis, boxe, canoë, judo et athlétisme) pour le Togo. C est assez inattendu.
Je suis sûre qu’en sportifs avertis vous nous encouragerez lors de l’ouverture des JO de Pékin, pendant les compétitions et nous partagerons ensemble ce rêve Olympique.
Interview réalisée par Thétéson Lemec