La présidence française transmettra "immédiatement" aux autorités tchadiennes une demande de grâce des six membres de l'Arche de Zoé, condamnés au Tchad et détenus en France, s'ils en font la demande, a indiqué jeudi le porte-parole de la présidence David Martinon.
Mais les avocats d'au moins quatre des six membres de l'Arche de Zoé ont d'ores et déjà formulé une demande de grâce pour leur client auprès de l'Elysée, a appris mercredi l'AFP auprès d'avocats dans le dossier.
Les demandes concernant le président de l'association Eric Breteau, sa compagne Emilie Lelouch ainsi qu'Alain Péligat et Philippe van Winkelberg ont été envoyées il y a huit jours à la présidence de la République, chargée de les transmettre ensuite au président tchadien Idriss Deby, ont précisé Mes Céline Lorenzon, qui défend MM. Breteau et Péligat, et Gilbert Collard (Mme Lelouch et M. van Winkelberg).
Jeudi matin, David Martinon a déclaré que: "bien entendu, si les membres de l'Arche de zoé condamnés nous faisaient parvenir une demande de grâce, nous la transmettrions immédiatement aux autorités tchadiennes".
"Comme vous le savez le droit de grâce ne s'exerce que si on le demande, mais ce n'est pas aux Etats de le demander", a relevé le porte-parole de l'Elysée.
"Nous avons pris note des déclarations du président Deby", qui s'est déclaré jeudi matin "prêt à pardonner" et à accorder rapidement la grâce aux six Français.
"Si le gouvernement français en fait la demande (...), nous sommes capables de demander leur élargissement", avait-il souligné. "Je suis prêt à leur pardonner", a dit sur Europe 1 M. Deby, qui avait déclaré la veille être disposé à "examiner la question" d'une grâce. Interrogé pour savoir si cette grâce pouvait intervenir rapidement, le président tchadien a répondu: "absolument". Mais il a insisté sur le fait que la demande devait émaner des autorités françaises. "Si le gouvernement français en fait la demande (...) nous sommes capables de demander leur élargissement", a-t-il dit.
"Les enfants tchadiens ne sont pas partis, ils sont maintenant là, chez leurs parents, on a pu éviter le pire", a déclaré le chef de l'Etat tchadien. "Qu'est-ce que ça m'apporte d'avoir six Français en prison en France?", a-t-il demandé, en soulignant que les membres de l'Arche de Zoé avaient été jugés au Tchad "dans le respect de la légalité et la souveraineté" du pays.
Dans le même entretien, M. Deby a salué l'aide apportée par la France à son régime, en termes notamment de renseignements, face à l'alliance rebelle qui a attaqué N'Djamena avant d'être repoussée par l'armée régulière.
Le 25 octobre, l'association française L'Arche de Zoé avait tenté d'exfiltrer 103 enfants, présentés à tort comme des orphelins du Darfour voisin, depuis l'est du Tchad vers la France, où des familles d'accueil les attendaient.
Condamnés au Tchad, ils ont été transférés en France pour y purger une peine de huit ans de travaux forcés, substituée en huit ans d'emprisonnement conformément au droit français.
AFP