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| Sarkozy et Bush |
Sarko in love. A Washington, où il a prononcé mercredi un discours devant le Congrès des Etats-Unis (à majorité démocrate), le président français a montré qu’il avait tout compris des recettes du show à l’américaine : sentiments, émotion, glorification des valeurs de liberté… Et comme il est plutôt bon acteur en ce genre de circonstances, cela lui a valu une dizaine de standing ovations, quelque 25 interruptions par des applaudissements et dopé un ego plus à bloc que jamais.
Sans prendre le moindre risque, il a livré à son auditoire une longue déclaration d’amour destinée à enterrer la brouille irakienne. Comme la veille au soir où il avait eu droit à tous les honneurs du couple Bush lors d’un dîner à la Maison blanche, Nicolas Sarkozy a exalté les valeurs de liberté et de démocratie de «la plus grande nation du monde» tout en l’appelant à faire preuve «d’exemplarité». Alignant les clichés sur une Amérique qui a bercé sa jeunesse, il a cité Elvis, John Wayne, Charlton Heston, Marilyn Monroe… et les astronautes ayant marché sur la lune. La France qui depuis De Gaulle veillait à faire entendre la singularité d’un message se voulant universel a bien tourné mercredi une page avec Nicolas Sarkozy.
«A chaque fois que dans le monde tombe un soldat américain, je pense à ce que l’armée américaine a fait pour la France. Je pense à eux et je suis triste, comme on est triste de perdre un membre de sa famille», a-t-il notamment lancé sous un déluge d’acclamations des républicains. Ce sera là sa seule référence implicite à l’Irak alors que les démocrates ont fait de ce dossier un axe de la politique intérieure et tentent d’esquisser un agenda politique pour un désengagement progressif.
Le dossier de l’environnement a lui aussi été expédié en quelques phrases où se mêlaient l’ode aux «grands espaces» et la nécessité pour les Etats-Unis «de prendre la tête du combat contre le réchauffement climatique qui menace la destruction de notre planète». Assurant qu’il voulait être «un ami debout, un allié indépendant, un partenaire libre», le président de la République a plaidé contre un «capitalisme financier qui fait aujourd’hui la part trop belle à la spéculation».
Il n’a pas oublié de vanter ses réformes en France et s’est dit «déterminé à les mener toutes à leur terme» sans reculer.
En fin de journée, Nicolas Sarkozy a retrouvé George Bush dans la demeure historique de George Washington à Mount Vernon pour une réunion de travail consacrée aux grands dossiers internationaux.
Lors de la conférence de presse finale, il est apparu tendu tandis que son homologue américain en faisait des tonnes trop content de s’être trouvé un si bon ami. Et Bush a biché davantage encore quand le président français a indiqué que l’heure n’était pas au désengagement militaire en Afghanistan, contrairement à ce qu’il avait annoncé durant sa campagne présidentielle.