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| Moammar Kadhafi |
Le leader libyen Moammar Kadhafi effectuera une visite officielle de deux jours en France "avant ou après le sommet Afrique-Union européenne des 8 et 9 décembre à Lisbonne", affirme "Le Journal du dimanche", qui dit tenir cette information de source diplomatique.
"Le président de la République s'est rendu en Libye, il est normal que le No1 libyen lui rende la pareille", s'est contenté de commenter l'Elysée, refusant d'avancer une date. Le colonel Kadhafi "a reçu une invitation à venir en France en décembre, mais il n'a pas encore confirmé sa visite", a indiqué sous couvert d'anonymat un haut responsable du protocole libyen joint à Syrte.
Cette visite interviendrait alors qu'une commission parlementaire française enquête sur les conditions de libération des soignants bulgares en Libye en juillet dernier, une affaire dans laquelle la France, et notamment Cécilia Sarkozy, s'était impliquée.
A l'occasion de cette visite, le colonel Kadhafi devrait évoquer avec M. Sarkozy le conflit au Darfour, qui fait ce week-end l'objet de négociations de paix à Syrte, en Libye, sous l'égide des Nations unies et de l'Union africaine, mais en l'absence des principales factions rebelles de la province soudanaise. Selon le "JDD", M. Sarkozy devrait également évoquer son projet d'Union méditerranéenne.
Enfin, plusieurs accords commerciaux pourraient être signés, croit savoir l'hebdomadaire, "notamment sur une coopération en matière de nucléaire civil et de traitement des eaux". "C'est évidemment à propos du chasseur Rafale que pourrait être faite l'annonce la plus importante, par le colonel Kadhafi lui-même", ajoute le journal.
Au lendemain de la libération des infirmières et du médecin bulgares, condamnés sous l'accusation d'avoir inoculé le VIH a des centaines d'enfants, le président français s'était rendu en juillet en Libye, où il avait signé avec les autorités libyennes plusieurs accords de coopération, notamment sur le nucléaire civil.
Une commission d'enquête parlementaire a été mise sur pied ce mois-ci par l'Assemblée nationale pour déterminer les conditions entourant cette libération. Président de cette commission, Pierre Moscovici a critiqué dimanche cette visite et la "logique très réaliste, voire hyper-réaliste" des relations internationales, "très loin de la morale, de l'éthique dont Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner se réclament".
"Il y a une logique politique: jouer de l'influence de la Libye dans cette partie de la Méditerranée, mais aussi une logique mercantile, puisqu'on sait qu'il y a eu des contrats d'armement, (...) des projets en matière d'équipement nucléaire", a-t-il estimé sur France Info.
"On est un peu indulgent avec le colonel Kadhafi qui, avant d'être le libérateur, a été le preneur d'otage", a souligné le député PS. "Certes, (il) s'est réintroduit dans la communauté internationale depuis 2003", mais il reste un personnage au "passé trouble, un passé terroriste, un passé dangereux, sur lequel, au fond, nous passons l'éponge". AP