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| Ibrahim Coulibaly |
Quatre années de prison ferme. C’est le verdict rendu par le tribunal correctionnel de Paris dans le procès du sergent-chef Ibrahim Coulibaly.
Le militaire a été reconnu coupable d’un projet de coup d’Etat visant à renverser le président Laurent Gbagbo. Son procès qui avait été ouvert le 10 mars dernier a été bouclé, ce mercredi 4 juin, à Paris. Une dépêche de l’AFP apprend que « Ibrahim Coulibaly surnommé IB », a été condamné à quatre ans ferme, conformément à ce qu’avait requis le parquet, pour « direction ou organisation de groupement ayant pour objet une activité mercenaire ».
Le sergent-chef a été jugé par défaut puisqu’il ne s’est pas présenté lors du procès. Dans le jugement devant s’appliquer à ce militaire en fuite, les magistrats ont estimé qu’ « Ibrahim Coulibaly a financé la phase de recrutement et une partie de l’opération projetée » et que ses « dénégations » apparaissaient « d’autant plus dénuées de fondement qu’il se soustrait à la justice ».
Treize prévenus étaient poursuivis dans cette affaire. Huit dont Ibrahim Coulibaly lui-même, étaient soupçonnés d’être les organisateurs et cinq, les hommes de main d’une action prévue courant 2003 en Côte d’Ivoire visant à attaquer au lance-roquettes le convoi présidentiel.
Les prévenus avaient fait l’objet d’interpellation en France fin août 2003 suite à des informations parvenues à la Direction de la surveillance du territoire (DST), le contre-espionnage français.
Outre Ibrahim Coulibaly, le tribunal correctionnel de Paris a condamné à des peines diverses, d’autres personnes citées dans l’affaire. L’avocat Mamadou Diomandé et l’ancien policier Paul Leonelli, considérés comme les « organisateurs » du projet, ont été condamnés à 30 mois de prison ferme.
Des « assistants » accusés d’avoir apporté une aide matérielle ou contribué au recrutement des mercenaires ont écopé de peines de prison : Pierre Mas et François Leonelli condamnés à deux ans dont un an ferme, Jean-Michel Chapuis à 18 mois dont huit ferme, Hassan Sakr et Daniel Pohl à 12 mois avec sursis.
Certains ont été relaxés du délit de mercenariat. C’est le cas des anciens légionnaires et « hommes de main » présumés, Jürgen Pohl, Peter Pohl, Jacky Muliakaaka, Eric Valentini et Soakimi Vea.
Le dernier cité a été condamné à six mois de prison avec sursis pour un délit connexe de détention d’arme. Avec l’affaire IB, on enregistre le premier jugement rendu par un tribunal français en application d’une loi adoptée le 14 avril 2003, qui a introduit dans le droit pénal le délit de mercenariat.
Rappelons que Ibrahim Coulibaly est sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé contre lui par le tribunal militaire ivoirien. Il est recherché, d’une part, pour « attentat contre l’autorité de l’Etat et l’intégrité du territoire national », d’autre part, pour « atteinte à l’ordre public ».
Le mandat d’arrêt international a été lancé le 30 janvier 2008 alors que des images sur internet faisaient voir IB avec des complices, préparant un coup d’Etat contre les autorités d’Abidjan.
Sourcesoirinfo