La bataille électorale au Zimbabwe entre lundi dans une phase procédurière, l'opposition exigeant en justice la publication des résultats de la présidentielle du 29 mars, le parti du président Robert Mugabe réclamant un nouveau décompte des suffrages.
Un tribunal de Harare doit se prononcer lundi sur un recours du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) demandant la publication immédiate des résultats, au motif qu'ils ont été affichés dans les bureaux de vote et sont donc connus depuis plus d'une semaine.
Pas d'union
L'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) a refusé dimanche la proposition du leader du MDC Morgan Tsvangirai de mise en place d'un gouvernement d'union nationale et a contre-attaqué en appelant la commission électorale à recompter les suffrages. Le MDC "nous a approchés pour former un gouvernement d'union nationale", a déclaré un haut responsable du parti, Patrick Chinamasa, ajoutant que la Zanu-PF "a rejeté cette approche".
"Nous ne pouvons pas travailler avec le MDC car nos objectifs politiques et nos aspirations sont aussi différentes que le jour et la nuit", a ajouté Chinamasa, cité par l'hebdomadaire d'Etat The Sunday Mail. Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, brigue un 6e mandat face à Tsvangirai, arrêté à plusieurs reprises et passé à tabac par la police l'an dernier.
Résultats toujours attendus
Dimanche, le MDC a plaidé devant un tribunal de Harare pour la publication des résultats de la présidentielle, dont Tsvangirai avait la veille revendiqué la victoire. Mais l'avocat de la commission électorale a répondu qu'elle avait besoin de temps pour vérifier les chiffres.
La Zanu-PF a réagi en demandant à cette institution de "recompter et examiner tout le matériel électoral", arguant d'"erreurs et de mauvais calculs", selon The Sunday Mail. "C'est ridicule de demander un nouveau décompte quand les résultats n'ont même pas été annoncés", a rétorqué le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, soupçonnant le régime de les "tripatouiller".
La Zanu-PF ayant accusé l'opposition de vouloir annuler la redistribution des terres aux noirs, des vétérans de la guerre d'indépendance, dont Mugabe est le héros, ont envahi certaines des dernières fermes appartenant à des blancs. La plupart ont été dispersés par la police. Mais, selon un syndicat de fermiers, une poignée de ses partisans les plus durs du chef de l'Etat occupaient encore dimanche deux exploitations.
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