 |
| AFRIQUE |
La croissance de l'économie africaine s'est poursuivie à un rythme "soutenu" en 2007 à 6,5% contre 5,4% en 2006, selon un bilan de la Banque africaine de développement (BAD) rendu public mardi à Tunis, siège temporaire de la banque.
"Sur le continent africain, la croissance économique moyenne continue d'être soutenue. Je m'attends cette année (2007) à une croissance moyenne de 6,5%", a indiqué le président du Groupe de la BAD, Donald Kaberuka, qui présentait le bilan des activités de la Banque aux ambassadeurs et représentants des institutions internationales.
Selon M. Kaberuka, cette tendance soutenue de la croissance a été rendue possible grâce à une stabilité macro-économique et une forte demande internationale en produits de base et ressources naturelles, mais aussi grâce à une "plus grande confiance des investisseurs et une évolution de la perception de l'Afrique".
Notant des "perspectives de croissance encourageantes", M. Kaberuka a cependant souligné que "plusieurs pays ont de faibles chances de réaliser des ODM" (Objectif de développement du millénaire). Très peu des pays atteindront "tous les objectifs", a-t-il ajouté, citant en exemple le Cap-vert et la Tunisie.
"La pauvreté absolue touchant des millions de personnes vivant dans les zones rurales et les bidonvilles" représente encore "une plaie sur le visage de l'Afrique", a-t-il déploré.
Trois millions de personnes vivent encore avec moins de un dollar/jour sur le continent, selon un rapport prospectif établi par un groupe indépendant pour le compte de la BAD et publié mardi.
"L'accroissement des inégalités génère dans certains cas des tensions sociales et des sources d'instabilité", a poursuivi M. Kaberuka, mettant en garde contre une "forte vulnérabilité à tout ralentissement de l'économie mondiale ou à des perturbations internes".
"L'impact de la hausse des cours de pétrole et des prix alimentaires sur les économies de pays à faible revenu en Afrique", figure parmi les préoccupations de la BAD, a ajouté le président rwandais du Groupe.
"Nous restons néanmoins optimistes et avons l'ambition d'aplanir tous ces obstacles", a-t-il dit, parlant de "réformes irréversibles" dans plusieurs pays du continent en faveur d'un environnement favorable aux affaires.
M. Kaberuka a indiqué enfin que le Groupe de la BAD avait atteint des niveaux records en terme de prêts, dons et allègement de dette avec un volume global de financement établi à 4,3 milliards de dollars, en augmentation de 25% par rapport à 2006.
Le Groupe est l'une des cinq principales banques multilatérales de développement, fondé en 1964 et composé de 77 Etats actionnaires (53 africains et 24 non africains), le Nigeria et les Etats-Unis étant les plus puissants.
En 2004, il a établi un "siège de relocalisation" à Tunis après avoir dû quitter son siège officiel à Abidjan du fait de l'instabilité en Côte d'Ivoire.
AFP