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| Libreville |
Les 100 milliards recherchés par Libreville devraient lancer et vivifier la Bourse communautaire d’Afrique centrale. Après une tournée de son ministre d’Etat chargé de l’Economie, des Finances, du Budget et de la Privatisation, Paul Toungui, en Afrique centrale, le Gabon communique maintenant par voie de presse sur l’emprunt obligataire qu’il a lancé et qui devrait être clôturé ce 31 décembre 2007.
C’est dire que les investisseurs ont encore quelques jours pour souscrire à l’emprunt obligataire dénommé « Etat gabonais 5,50% 2007-2013 ».
Plus simplement, le Gabon recherche 100 milliards de francs Cfa pour racheter ses dettes auprès du Club de Paris. Une obligation coûte 10 000 francs Cfa et chacun, particulier, personne morale ou même investisseur institutionnel étranger, peut donc souscrire. Ça veut dire prêter de l’argent au Gabon qui, contrairement au taux d’intérêt pratiqué dans les banques par exemple, vous remboursera au taux de 5,50%, entre 2007 et 2013.
« Le remboursement du capital, indiquent les autorités gabonaises, sera annuel à raison du paiement de un sixième (1/6) par an jusqu’à amortissement total dudit capital. » De même, « les revenus liés à l’emprunt obligataire sont exonérés de tout impôt pour les investisseurs au Gabon et soumis à la législation fiscale sur les revenus des valeurs mobilières dans les autres pays de la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale). Mais, le Gabon ne prélèvera aucune retenue à la source sur les intérêts versés aux souscripteurs.
Et selon le communiqué publié pour l’occasion, « l’emprunt obligataire « Etat gabonais 5,50% 2007-2013 » bénéficie de la garantie souveraine de la République gabonaise pour le principal et les intérêts ». Cet appel public à l’épargne est lancé sur le marché financier de la Cemac et l’emprunt obligataire sera coté à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac) basée à Libreville. C’est la première émission obligataire par appel public à l’épargne sur le marché financier d’Afrique centrale qui, soutenait le ministre Paul Toungui, « offre un débouché aux réserves de liquidité à la recherche d’un rendement attractif » et « permet à l’Etat gabonais de s’inscrire dans l’esprit de la réforme BEAC visant à supprimer les avances statutaires aux Trésors nationaux ».
Cette opération d’envergure vise donc à lancer les activités de la Bourse communautaire et surtout à les animer. En effet, l’emprunt obligataire du Gabon va donner lieu à bien des transactions dans la mesure où les obligations émises peuvent faire l’objet de revente ou de rachat. Les obligations seront en effet représentées par des titres de créances dématérialisées et librement cessibles. Ce qu’on appelle un marché secondaire. Tous les investisseurs de la sous-région sollicités sont donc appelés à prendre des obligations pour donner une réalité au marché boursier sous-régional. C’est aussi la raison pour laquelle le Gabon a procédé par emprunt obligataire. La dette qu’il contracte ainsi est plus souple à gérer alors même que celle dont il veut se défaire et qui plombe son développement économique, est soumise à des conditions tellement rigoureuses que les seules possibilités de souffler réside dans les rééchelonnements qui ne font que renvoyer les problèmes à plus tard. Si la conjoncture du pays s’améliore au fil des années, l’Etat gabonais peut, par les mécanismes boursiers, racheter aisément sa dette. Pour finir, il est possible de souscrire dans les établissements bancaires de la Cemac membres du syndicat de placement et de Bgfi Bourse, intermédiaire en bourse mandaté par le Gabon.
Cameroon-Tribune