Atelier sur la mise en œuvre de la convention des Nations Unies contre la corruption: Un autre engagement de plus ? Mercredi, 06.11.2008, 12:34pm (GMT)
Komlan Mally
La corruption, un mal qui gangrène les économies du monde est devenue une habitude dans les sociétés des pays en voie de développement. Tous les cris sont poussés pour la ralentir, mais elle évolue à pas de géant ; lesquels pas sont posés par ceux là mêmes qui crient à son ralentissement.
En 2001, une commission nationale de lutte contre la corruption et le sabotage économique (CNLCSE) a été mise sur pied au Togo par feu Président Gnassingbé Eyadema. Au début de ses activités, cette commission avait fait des révélations sur l’état de la corruption dans le pays. Certains citoyens ont été interpellés et ont été obligés de rembourser ce dont on leur accusait. Tout le monde avait applaudit. Par la suite, le phénomène s’est révélé réel et grave. Et la commission devait travailler impartialement pour débusquer les auteurs sans affinité. Timidement, la commission a commencé la chasse aux corrupteurs et ceux qui étaient pris ont toujours été considérés comme sélectionnés parmi tant d’autres. Les critères de ‘’sélection’’ ou de captivité, on ne pouvait exactement les définir ; mais beaucoup se les expliqué par les faiblesses de cette commission. Des faiblesses qui ont conduit à l’arrêt des activités de la CNLCSE.
De l’avis de beaucoup de togolais, les faiblesses de cette commission s’expliquent par le fait que ceux-là même qui pilotent cette institution sont des corrupteurs et ou des corrompus. Leurs actions ne seraient abouties aux résultats escomptés. Conséquence, la corruption a fait du chemin et bat actuellement son plein dans presque tous les secteurs d’activités ( lire tableau de classement des secteurs et domaines de pratiques de corruption selon la perception des togolais établi par la Ligue des Indépendants pour la Transparence dans son rapport annuel 2007 sur l’état de la bonne gouvernance et de la corruption au Togo 2007). Repenser la lutte contre la corruption c’est bien. ’’Doter l’état de nouveau mécanismes qui répondent mieux aux normes internationales ou mettre un organe spécial dont la création et le fonctionnement seront déterminés par la loi ayant pour objectif une tolérance zéro de corruption’’ ; tout cela est louable. Mais toutes ces initiatives ne doivent pas seulement être entendues lors des discours circonstanciels. Elles doivent aussi être traduites dans le concret pour éviter que nos sociétés ne soient résignées toujours à la mendicité relevant d’une pauvreté extrême dont l’origine n’est autre que la corruption.
Le lancement de l’atelier sur la mise en œuvre de la convention des nations unies contre la corruption le lundi 09 juin 2008 est acte encourageant. L’on a relevé dans le discours du Président de la République, présenté par le premier Ministre, tout ce qui a trait à la corruption dans tous les compartiments. Rien n’a été laissé. C’est dire que nos dirigeants sont conscients du mal et nous osons croire que désormais le nouvel engagement ne sera plus voué à un échec. Pour l’instant les togolais refusent de croire que ce sera un engagement de plus qui n’aboutira à rien ; puisque depuis longtemps ils sentent le gouvernement tenter de faire les efforts pour leur bien être. Ils attendent donc de voir .
Tchaboré Bouraîma ( le Messager N°122 du 11 juin 2008)