Les magistrats des Cours et tribunaux du Bénin ont déclenché mardi une grève d’avertissement de 72 heures pour protester contre la décision du gouvernement béninois de surseoir à l’exécution des arrêts de justice relatifs aux litiges domaniaux en milieu urbain, a constaté APA à Cotonou.
Dans une décision rendue publique aumois d’octobre à Cotonou, le gouvernement béninois a décidé de suspendre l’exécution des arrêts de justice portant sur des démolitions et des déguerpissements relatifs aux litiges domaniaux en milieu urbain.
«Les arrêts de justice relatives à ces litiges interviennent pour la plupart plusieurs années, voire des décennies après la mise en valeur des parcelles de terrains", indique une source judiciaire.
Laquelle souligne que l’application des arrêts donne lieu à des opérations de déguerpissement ou de démolition massive de bâtiments, qui constituent de réelles menaces pour l’économie, la paix sociale et l’ordre public.
Dans leur motion de grève affichée mardi à l’entrée des Cours et Tribunaux du pays, les magistrats estiment que cette décision prise par les autorités du Bénin est une atteinte caractérisée à la séparation des pouvoirs.
«La suspension ordonnée par le gouvernement de l’exécution d’un arrêt de justice, quelle que soit sa nature, est une atteinte caractérisée à la séparation des pouvoirs, pilier fondamental de notre système démocratique et de notre Etat de droit », ont–ils précisé.
Pour protester contre cette « immixtion » de l’exécutif dans le judiciaire, l’Union nationale des magistrats du Bénin, a décidé d’une cessation de travail sans service minimum dans toutes les juridictions (Cours et Tribunaux) sur toute l’étendue du territoire national.
«Cette cessation de travail est reconductible pour la même durée et éventuellement illimitée jusqu’à satisfaction des exigences des magistrats", précise le communiqué.
"Nous rendons le gouvernement responsable des conséquences fâcheuses de cette crise », affirment des magistrats qui observent la grève.