Chaque 1er Mai dans le monde, les syndicalistes célèbrent la fête du 1er Mai. Cette année, cette célébration a pris une nouvelle tournure au Togo en raison de la crise aigûe qui secoue la vie sociale avec son corollaire de cherté de la vie. Ainsi après le traditionnel défilé à travers les différents artères de la ville de Lomé, les travailleurs de l’intersyndicale pont rallié le Palais des Congrès de Lomé où en présence des autorités, ils ont présenté une plate forme revendicative en dix points. C’était en présence du Président de la république, Faure Gnassingbé, du Premier ministre Komlan Mally et le président de l’Assemblée nationale El Hadj Abass Bonfoh.
M. Gbikpi-Bénissan, le porte parole de l’Intersyndicale du Togo (ISTT) a peint un tableau sombre des conditions de vie des travailleurs togolais. « Le pouvoir d’achat des salaires et des revenus qui sous le coup des mesures régressives et antisociales des sinistres programmes d’ajustement structurel dont la dévaluation de 50% du CFA en 1994, ce pouvoir d’achat qui se détériore régulièrement depuis la fin des années 70 est actuellement la proie d’une flambée des prix des produits de première nécessité dans le tourbillon duquel les travailleurs et les populations de notre pays perdent pied. Le panier de la ménagère subit de jour en jour une terrible cure d’amaigrissement. La cherté de la vie, monstre économique, dévore salaires et revenus et accentue dangereusement la pauvreté qui se généralisait déjà. Il devient réellement, dramatiquement, de plus en plus difficile pour des couches de plus en plus larges des travailleurs et des populations de satisfaire les besoins élémentaires en alimentation, soins de santé, éducation, logement … » a-t-il fait observer.
C’est au secrétaire général de la Confédération Général des cadres du Togo (CGCT) d’établir le diagnostic du Dialogue Social , M. Ephrem Tsikplonou. Dans cette plate-forme revendicative, les travailleurs réclament le relèvement du SMIG, l’application des augmentations de salaire aux travailleurs du para-public et aux enseignants confessionnels et la baisse des prix des denrées de première nécessité. Ils demandent aussi au gouvernement de résoudre les problèmes d’énergie, de l’eau et de délestage du courant électrique, de prendre des mesures idoines pour endiguer le phénomène du dumping instauré par les Libanais et sur le plan sanitaire d’accroître la prise en charge des césariennes par l’Etat. Les travailleurs souhaitent enfin l’instauration d’un véritable dialogue entre le gouvernement et les entreprises privatisées afin qu’une issue soit trouvée en faveur des employés en chômage.
Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, M. Octave Nicoué Broohm, en réponse aux doléances des travailleurs, a rappelé que la situation actuelle du travailleur est l’une des préoccupations du gouvernement, soulignant que ces revendications ne trouveront satisfaction que dans le cadre d’un dialogue permanent, à travers le Conseil National du Dialogue Social instauré par le gouvernement.
Il a ensuite appelé les travailleurs au dialogue, à la négociation et à la concertation.
Hugues ATTIKPO- Lomecite.com