Passer de la stratégie "Accélération" (1993-2000) à celle "Intégration" (2001-2010) pour aboutir enfin à celle "Progression" (2011-2020), tels sont les étapes fondamentales du secteur national des technologies de l'information et de la communication.
Ainsi, en 2020, il devrait atteindre le niveau des pays avancés au sein de l'ASEAN et constituer l'une des industries essentielles à la croissance du PIB national avec, sur ce point, une contribution de plus en plus importante. Afin de satisfaire à ces objectifs, force est de se pencher en tout premier lieu sur le développement des ressources humaines.
Et justement, le Premier ministre a récemment demandé au ministre de l'Information et de la Communication d'approuver le schéma d'aménagement et de développement des ressources humaines de ce secteur technologique pour 2015. Pour l'enseignement supérieur national, le but est de former du personnel qualifié satisfaisant aux normes des pays de l'ASEAN. En 2015, 80% des étudiants sortant de l'université devront être capables de répondre aux exigences internationales de la profession. Selon Dang Van Chuyêt, chef du département des technologies de l'information de l'École polytechnique de Hanoi, "nous devons nous concentrer sur l'investissement dans un certain nombre d'établissements de formation de pointe pour satisfaire la demande de toute la société".
La pénurie de main-d'œuvre dans ce secteur a fait couler beaucoup d'encre ces dernières années. Avec une croissance élevée et continue, ainsi que dans l'espoir de devenir prochainement un centre de sous-traitance de logiciels de niveau régional comme mondial, le marché du travail dans les technologies de l'information est plus animé que jamais. Mais en réalité, la demande dépasse toujours l'offre !
Tandis que les entreprises se heurtent continuellement au manque de main-d'œuvre compétente, même les diplômés en la matière s'avèrent ne pas répondre à leurs exigences, qu'il s'agisse de connaissances ou de compétence professionnelle. Après chaque embauche, l'entreprise doit consacrer et du temps, de 3 à 6 mois voire une année entière, et des moyens financiers importants à la formation interne de son personnel qui a déjà été formé à l'université ! "Les ressources humaines dans les technologies de l'information constituent à la fois une opportunité et un potentiel", a affirmé le vice-Premier ministre Nguyên Thiên Nhân lors d'une rencontre avec les responsables du ministère de l'Information et de la Communication, le 12 octobre à Hanoi. Mais comment faire pour les exploiter de manière efficiente ? "Il faudrait envisager un fonds pour la formation, financé par le budget public et divers acteurs nationaux comme étrangers", a suggéré le ministre Lê Doan Hop. Son subordonné, Vu Duc Dam, a pour sa part suggéré de "suivre de près les partenaires stratégiques pour tirer parti de leurs technologies".
L'offre ne répond pas à la demande
"Le high-tech étant récent au Vietnam, les ressources humaines ne répondent pas encore aux besoins en recrutement des entreprises, en quantité comme en qualité", a estimé Rick Howarth, directeur général d'Intel Products Vietnam. D'après lui, le pays ne bénéficie chaque année que de quelques milliers d'ingénieurs et techniciens supplémentaires sortant des universités, contre des centaines de milliers en Chine ou en Malaisie.
Selon les prévisions, une fois en activité en 2009, l'usine ATM d'Intel au Vietnam emploierait 4.000 personnes. En prévision, Intel Product (IP) a travaillé avec des universités et écoles supérieures du Vietnam pour embaucher un certain nombre de jeunes diplômés aux postes de gestionnaire de bureau et de responsable des travaux. "Une dizaine d'entre eux ont été envoyés en Malaisie suivre une première formation d'une durée de 3 mois", a indiqué Rick Howarth.
Nouveauté remarquable, Intel attache de l'importance au recrutement d'étudiants stagiaires. "Cette embauche a pour objet de créer des conditions favorables aux étudiants pour qu'ils puissent trouver un travail conforme à leurs capacités après leur sortie de l'université", a expliqué son directeur général. En fonction de chaque projet, le stage peut durer de 3 à 6 mois. Les stagiaires travailleront sous la direction de leur responsable direct, mais devront établir eux-mêmes leurs planifications et présenter leur plan de réalisation aux services concernés de la compagnie ou au partenaire extérieur, en assumant l'entière responsabilité de leur projet. À l'issue du stage, ils présenteront leur rapport afin que leurs responsables et la direction décident de les engager ou non une fois diplômés.
"Le Vietnam a des avantages en terme de jeunesse de sa main-d'œuvre, dynamique et ayant soif d'apprendre. C'est pour cela qu'Intel a décidé d'y investir un milliard de dollars", a assuré Rick Howarth.
Hông Minh/CVN