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« Plus on est de fous, plus on lit » tel était le beau slogan de la 43e édition du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Et comme, fidèle à moi-même, je suis curieuse de tout, j’y étais, aux premières loges encore, en tant que bénévole.
Bon, je l’admets quand on est bénévole, on n’a certainement pas l’opportunité d’assister aux dizaines de conférences, aux centaines de manifestations qui ont lieu hors les murs… Des milliers de personnes se sont déplacées au palais de congrès de Jonquière où avait lieu l’évènement.
Je peux vous le confirmer, une de mes tâches consistait à estamper les visiteurs aux entrées (Oui oui, la sénégalaise de Jonquière, c’est moi !) Alors bien sûr il y a eu les scolaires : les plus petits, mignons comme tout, bruyants, mais si obéissants quand je leur imposais le silence avec un faux air sévère quand ils passaient en piaillant dans le couloir réservé aux médias ; et puis il y a avait les autres. Les autres : gum à la bouche, casquette à la tête, rire gras aux lèvres et plaisanterie à tout va : les secondaires ! Mais j’en suis venue à bout, je crois, non sans avoir essuyé quelques sourires en coin, quelques regards furieux et bien sûr quelques coups d’œil amusés par mon accent.
Alors c’est sûr que quand on est bénévole, on a moins l’occasion d’assister à la table ronde sur la traduction ou sur l’industrie pharmaceutique, mais on se rattrape en se précipitant pour avoir des places (pour Lyne de Kénogami aussi, vous avez deviné) pour entendre, mais surtout voir Janette Bertrand, Maxime-Olivier Moutier et Guy Corneau discuter autour du thème : La famille. Si j’ai commencé à lire Yves Beauchemin, Michel Tremblay, Yann Martel, Aude et Louise Portal, je dois dire que je ne me suis pas encore attaquée aux Bertrand, Péan et autres. Mais il m’a suffi de voir le monde se bousculer autour de Janette Bertrand, et surtout, il m’a suffi de voir toute l’émotion passer sur le visage de Lyne de Kénogami pour comprendre la place que cette femme a joué et joue encore dans l’histoire des femmes québécoises. Pis j’ai parlé à Boucar Diouf, si si ! Et en wolof encore, amis sénégalais. Je tiens quand même à rappeler à mon amie Laura qu’en sept mois passés au Saguenay–Lac-Saint-Jean, j’ai parlé à Zale Seck et à Boucar Diouf, rencontré Jean Arsenault du groupe Ouanani dans lequel chante un Sénégalo-Malien, découvert des artistes africains grâce à Lyne de Kénogami, vu plus de djembés en deux festivals (Rythmes du monde et Tam-Tam Macadam) qu’en cinq ans passés à Paris. Et qui me dit qu’en région on est isolés, qui ?
C’est avec plaisir que le samedi, toujours dans le cadre du salon du livre, nous sommes allées, mon amie Lyne et moi, savourer de la poésie au café théâtre de Jonquière : le Côté-cour. Il y avait Hervé Bouchard, Dany Boudreault (le plus jeune du groupe qui a été piqué par le virus du slam), Edith Bourget, Jean François Caron que j’avais déjà découvert, avec ses chaires et ses viandes lors d’une lecture au festival Tam-Tam Macadam. Il y avait Fredéric Gary, Jean Desy, André Girard, Carol Lebel, Alexis Lussier. Il y avait du beau monde…
Et je ne vous raconte pas les improvisations en BD, l’hommage rendu à Stanley Péan, la rétrospective littéraire 2007 des auteurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Je ne vous raconte pas parce que j’étais soit au vestiaire, soit à la distribution d’eau, soit ailleurs. Par contre, je peux vous conter le 5 à 7 des auteurs puisque je distribuais canapés et petits fours. C’est ainsi que j’ai pu, tranquillement, proposer des petits fours à Patrick Sénécal, Janette Bertrand, Guy Corneau et à tant d’autres dont j’ignore le nom pour le moment… Je puis aussi vous conter la belle expérience des étudiants en ATM (Arts et technologie des médias) qui, pour la première fois, me semble-t-il, avaient l’occasion d’avoir un plateau au salon du livre sur lequel ils interviewaient divers auteurs avec brio. Ma fibre chauvine me presse de signaler à mes amis non québécois que le cégep de Jonquière est le seul au Québec à enseigner l’ATM, le seul.
Ce furent donc deux jours de bénévolat bien remplis que je suggère à tout nouvel arrivant, car il me semble que le milieu associatif ou communautaire est le lieu idéal pour saisir l’âme québécoise, pour comprendre la puissance du réseau (Non, amis migrants ce n’est pas un mythe) et pour se faire des amis de tout âge…