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| Jus de Pomme |
Vendre son jus de pomme à la ferme oui, mais au juste prix!
Le jus de pomme de fabrication artisanale jouit actuellement d'un regain de popularité. Dans certaines exploitations, la vente directe de jus de fruits a déjà une longue tradition, d'autres souhaitent s'y lancer, ce qui devrait leur permettre de garder une plus grande part de la valeur ajoutée de leurs produits sur l'exploitation. Pour que cette activité soit rentable, il vaut la peine de faire quelques recherches et calculs pour ne pas travailler à perte.
Comment calculer le prix de revient de son jus de pomme?
Le calcul du prix de revient du jus de pomme pasteurisé et conditionné en bag-in-box ayant été fait dans un autre cadre (voir le classeur Agridea «Transformation de fruits»), il s'agit ici de cerner au mieux le coût engendré par l'activité de vente de jus de pomme au magasin de la ferme. Le raisonnement du calcul du coût de vente du jus de pomme vendu au magasin de la ferme est présenté ci-dessous à l'aide d'un exemple concret (voir le tableau).
La méthodologie du calcul a été décrite dans un précédent article (voir «Agri» du 18 mai 2007). Le prix de revient a été déterminé à l'aide du logiciel Paracalc.
Un agriculteur, producteur de fruits et de légumes, produit chaque année à partir de ses fruits environ 12 000 litres de jus de pomme qu'il vend au prix de 1,65 fr. le litre à un collègue qui tient un stand à côté d'une grande surface. Entre temps, il a installé un magasin à la ferme, où il vend déjà des pommes de terre, des légumes, des fruits, des confitures, etc. Il projette d'y vendre également une partie de son jus de pomme à 2,05 fr. le litre. Les coûts spécifiques sont composés essentiellement du coût du jus de pomme pasteurisé et conditionné en bag-in-box, à 1,51 fr./litre (classeur «Transformation de fruits»). Pour la vente du jus de pomme au collègue, le producteur n'a pas besoin d'un équipement supplémentaire. Pour la vente au magasin de la ferme par contre, un investissement de 16 000 fr. était nécessaire. La part à la charge de la vente de jus de pomme a été estimée à 25% soit 4000 fr. Les coûts annuels de l'investissement sont composés des intérêts, de l'amortissement et de l'entretien. Dans les autres coûts on trouve l'énergie, la promotion et les divers pour un montant annuel de 600 fr. Les coûts spécifiques et la part aux coûts de structure sont répartis en fonction des litres de jus de pomme écoulés. La rémunération de la main-d'oeuvre familiale a été fixée à 28 fr./h. Sur un total de cent heures, quinze heures sont nécessaires pour la vente du jus de pomme au collègue (livraisons, gestion du stock) et le temps consacré à la vente du jus de pomme au magasin de la ferme est estimé à huitante-cinq heures par année.
Les résultats économiques reproduits dans le tableau ci-dessous révèlent un projet global légèrement déficitaire, puisque pour la partie vente au magasin de la ferme la main-d'oeuvre familiale n'est rémunérée qu'à 14,12 fr./h, et la rémunération de la vente au collègue est de 56,13 fr./h (moyenne des deux activités 20,42 fr./h).
Note: une analyse globale du projet comporte également l'analyse de la rentabilité de la vente au magasin de la ferme des autres produits qui contribue à financer les investissements. Cette analyse n'est pas présentée ici pour simplification.
Au vu de ce résultat, le producteur cherchera certainement à augmenter par étapes la part de jus de pomme vendu dans son magasin pour se rapprocher des 7200 l et ainsi atteindre l'objectif de la rémunération de la main-d'oeuvre familiale de 28 fr./h. Il s'agit ici d'un exemple d'utilisation du logiciel Paracalc basé sur un certain nombre d'options.
Si l'agriculteur décide de réaliser le projet, il peut remplacer et compléter les options avec des données réelles, au fur et à mesure de la planification et réaliser ainsi un contrôle ciblé. Le calcul du prix de revient intégral motive à relever des données de sa propre entreprise, par exemple pour la main-d'oeuvre. La fiabilité des résultats du calcul augmente avec la quantité de données propres à l'entreprise.
Paul Amsler, AGRIDEA