Sur la base du postulat que le déploiement d’observateurs nationaux et internationaux en vue de superviser les élections législatives au Togo est sans commune mesure avec ce qui a été d’usage pour les élections passées, nous pouvons
affirmer que ces élections ont été plus transparentes que les autres (la perfection n’étant pas de ce monde) et que les résultats sont acceptables.
Les résultats que nous avons au moment où nous écrivons cet article sont de :
49 sièges pour le RPT
21 sièges pour l’UFC (avec 6 sièges litigieux de la région maritime qui vont lui
revenir)
4 sièges pour le CAR
1 siège restant à attribuer probablement à un indépendant, celui qui aurait eu le
plus de voix parmi ce groupe.
Appeler aujourd’hui à la fraude au cours du vote serait faire preuve de cécité
flagrante et de mauvaise foi irresponsable.
Après une élection, les partis en lice doivent prendre le temps de faire des
analyses objectives.
La bipolarisation du paysage politique togolais est une de « lapalissade » mais le
score de l’UFC peut paraître surprenant pour les non-initiés et les partisans
fanatiques.
Ceci ne le sera pas du tout pour l’observateur averti du contexte politique togolais.
En effet, l’opposition en général et l’UFC ont eu le tort de sous estimer la portée
du mode de scrutin.
Le scrutin proportionnel à la plus forte moyenne est un mode de scrutin compliqué,
comme nous l’avions souligné dans un précédent article. Le nombre d’habitant par
circonscription électorale étant capital, le découpage a un rôle primordial a jouer
.S’attelant à mettre des garanties pour éviter le bourrage des urnes (fraudes
classiques et triviales), les acteurs politiques ont oublié à tort ou à raison de
revoir le découpage électoral à la suite du dernier recensement
Rien de nouveau sous le soleil. Cette stratégie électorale qu’avait évoquée notre
compatriote et frère Me TSAKADI dans un article datant du 07 septembre 2007
s’appelle le «PARTISAN GERRYMANDERING »,,ce qui se traduit par « le charcutage
électoral à visée partisane ».
Le Gerrymandering est un terme politique nord américain pour désigner le découpage
des circonscriptions électorales avec pour objectif de donner l’avantage à un parti,
un candidat, ou un groupe donné.
Selon l’encyclopédie libre, ce terme vit le jour en 1811 quand le gouverneur du
Massachusetts, Elbridge GERRY fut accusé d’avoir « déssiné » une circonscription en
forme de salamandre afin de favoriser son parti.les intérêts étant colossaux, le
moindre avantage est perçu comme très important pour un candidat et les «
cartographes des circonscriptions électorales pèsent souvent sur l’issue d’un
scrutin.
Certains auteurs emploient les expressions « partisan gerrymandering » lorsque le
but est d’accentuer l’avantage d’un parti politique et « racial gerrymandering »
lorsque le but est d’augmenter le pouvoir politique d’une minorité « ethno-raciale
».
C’est pour corriger les abus de ce phénomène que par exemple le recensement est fait
tous les dix ans aux Etats-Unis pour que le découpage électoral et l’attribution des
sièges reflètent l’évolution démographique pour plus d’équité.
Ceci était prévisible au Togo et les partis politiques de l’opposition ont été
victimes de leur suffisance et le RPT n’a fait qu’utiliser ses compétences internes
en droit publique et constitutionnel pour remporter « proprement » ces élections
législatives.
Avec un découpage électoral qui donne pour la région de la Kara avec 368867
électeurs 16 sièges et à la région maritime avec 1.277.253 électeurs 21 sièges
seulement, il est masochiste, irrespponsable de se plaindre après avoir accepté
cette iniquité flagrante.
L’opposition togolaise n’est pas mature, réaliste et se complait trop dans un
processus victimaire permanent.
Contester, c’est bien mais encore faudrait-il faire les bonnes analyses, les bonnes
lectures de la situation socio-politique.
Les victoires électorales se gagnent surtout par stratégie et que l’opposition ne
s’attende pas à l’auto-abolition de ses propres privilèges de la part du RPT. l’UFC
ni aucun autre parti d’ailleurs ne sera assez fou pour le faires’il avait été au
pouvoir (nous avons vu les morts voter aux municipales à Paris et Georges BUSH être
élu avec des voix de fantômes..).
Bref ne soyons pas plus royaliste que le roi, retroussons nous les manches pour
construire un Togo nouveau en participant tous aux instances de décision, en sachant
dire oui avant de dire MAIS , en sachant dire pourquoi avant de dire NON.
Une assemblée nationale avec des partis de l’opposition sera malgré tout vivante et
qui sait si l’amateurisme démontrer par l’UFC (bien sûr au-delà de l’épreuve de
force qu’elle a eu et aura toujours avec le RPT) aurait il été corrigé à la suite de
la participation de l’UFC au gouvernement d’union nationale.
Mesdames, messieurs, honorables député(es), au travail :
-pour lutter contre la prévarication dans l’administration
-pour lancer rapidement un vrai recensement de toute la population y compris celle
de la Diaspora togolaise dans le monde,
-pour mettre en place les bases d’une vraie réconciliation nationales en bannissant
à jamais l’impunité,
-a mettre en place un gouvernement élargi (le RPT s’étant engagé à avoir la victoire
modeste),
- en ce qui nous tient à cœur dans la diaspora, à mettre en place une institution
qui sera au sein de l’exécutif entièrement dévoué à la diaspora togolaise qui est
une des régions du Togo,
-à respecter votre mandat et votre serment (l’IMMUNITE parlementaire n’étant pas
l’IMPUNITE parlementaire)………..
Sans rancune.
Que Dieu bénisse le Togo
Jean Koffi ADOLEHOUME
Paris -FRANCE