Le président du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) et chef de file de l’opposition politique, Mahamadou Issoufou, a invité les rebelles du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) à déposer les armes, a constaté APA jeudi.
Dans une intervention radiodiffusée à l’occasion du 17ème anniversaire de son parti, le 2 janvier, M. Issoufou a fustigé le comportement du MNJ qui, selon lui, ne se justifie « sous aucun prétexte ».
« Alors que notre pays est sur la bonne voie au plan démocratique, alors qu’une opération d’assainissement de la gestion des finances publiques est engagée par le Président de la République, qu’est-ce qui peut justifier que des compatriotes prennent les armes ? ». Rien », a-t-il soutenu.
Il a déploré le recours à la violence qui « peut être envisagé sous une dictature » et « pas dans une démocratie où l’arbitrage périodique du peuple permet le maintien ou le changement non seulement des dirigeants mais aussi de la gouvernance ».
Mahamadou Issoufou a affirmé qu’aucune cause n’autorise des Nigériens à tuer d’autres Nigériens, notamment par la pose de mines tant en ville qu’en campagne.
« Les compatriotes qui ont pris les armes affirment ne pas avoir pour objectif la remise en cause de l’intégrité de notre territoire, tant mieux, car l’intégrité du territoire n’est pas négociable et nous réaffirmons que la République du Niger est une et indivisible » a-t-il ajouté.
« Toute tentative de division de notre peuple est simplement un crime dans un contexte mondial où la tendance est à l’intégration », a-t-il encore dit.
Pour M. Issoufou, « nous avons le devoir d’apporter notre soutien à notre armée tout en lui demandant de garder l’avantage moral qu’elle a par rapport aux poseurs des mines».
Plusieurs ONG nationales et étrangères ont accusé fin décembre 2007, l’armée et le MNJ de procéder à des exactions contre des populations civiles dans le nord du Niger, théâtre d’affrontements entre les soldats et les rebelles du MNJ.
Le 9 décembre 2007, sept civils ont été tués dans le nord du Niger suite à une bavure militaire survenue après un affrontement entre l’armée et les éléments du MNJ.
Le président du PNDS a demandé à l’armée nigérienne « d’éviter de faire des victimes innocentes », condamnant la méprise de l’armée nigérienne qu’il a qualifié d’« évènement cruel et malheureux ».
« Nous demandons qu’une enquête soit diligentée et que toute la lumière soit faite sur cette affaire », a-t-il insisté.
Deux fois candidat malheureux aux élections présidentielles de 1999 et 2004, Mahamadou Issoufou dirige une coalition de cinq partis regroupés au sein de la Coordination des forces démocratiques (CFD).
APA-Niamey(Niger)