Jacob Zuma a déclaré dimanche, jour de l’ouvertrure du Congrès de l’ANC, à Limpopo, qu’il ne démissionnerait pas de la direction du parti, sur la base d’une seule mise en examen, dans l’affaire de corruption et de fraude fiscale, qui le poursuit depuis quelques temps.
Le vice-président du Congrès national africain, candidat à la direction du parti au pouvoir en Afrique du sud, a fait cette déclaration dimanche, en marge des travaux, dominés par la bataille électorale, qui oppose Zuma et Thabo Mbeki, pour la présidence de la formation.
« Pourquoi devrai-je démissionner? Savez- vous ce que cela voudrait dire, si je suis accusé et que je démissionne ? Cela signifierait que je plaide coupable avant même d’être allé au tribunal », a-t-il déclaré.
« Qu’est-ce qu’il y a de logique dans ça », s’est encore demandé Zuma, affirmant ne « pas voir de logique ». Selon le challenger du Président sud Africain, c’est seulement le jour où il sera traduit devant la justice et que le juge dise « Zuma, tu es coupable », qu’il rendra sa démission en disant au parti : « la justice a dit que je suis coupable ».
Côté atmosphère du Congrès de l’ANC, le dispositif de sécurité est impressionnant, a-t-on constaté. Les principales voies d’accès à Limpopo sont surveillées par des agents de police depuis vendredi, veille de l’arrivée des 6000 délégations attendues, dont des journalistes et des observateurs.
Une équipe spéciale composée des autorités de l’ANC et des services de la police SA coordonnent les efforts de sécurité dans le cadre du plus grand Congrès de l’histoire du parti.
Une forte garde de sécurité de Zuma est arrivée à Limpopo dans un convoi de neuf véhicules avec 12 gardes du corps à bord. Ce dispositif serait en rapport avec une rumeur de projet d’assassinat, dont le vice-président de l’ANC aurait été informé, vendredi, par un officier de police.
Un cambriolage perpétré jeudi dans son appartement situé devant la plage de Durban avait provoqué une tension dans le camp de Zuma.
Avant d’arriver sur les lieux du Congrès, Mbeki, avait rencontré Winnie Madikizela-Mandela, autre vétéran de l’ANC, qui voulait également entrer en scène dans la course à la présidence du parti.
La rencontre entre l’ex-épouse de Nelson Mandela et Mbeki avait été précédée d’une de Winnie avec Zuma à Johannesburg.
Zuma avait dit à Madikizela-Mandela qu’il n’accepterait pas « le leadership par compromis», rejetant ainsi, toute tentative d’introduction d’une « démocratie corrompue» au sein de l’ANC.
Dans une interview accordée à la SABC dimanche, Zuma a assuré que s’il devenait président du parti au pouvoir, il laisserait Mbeki terminer son mandat présidentiel.
« Pourquoi devrait-il quitter sa présidence plus tôt ? Il doit terminer son mandat tranquillement et en beauté. Cela n’est pas un problème », a poursuivi Jacob Zuma ; selon lui, cela permettrait au président de l’ANC (qu’il aspire à devenir ndlr) de diriger la campagne électorale de 2009, sans avoir besoin de consulter quotidiennement le gouvernement pour un soutien au parti».
Zuma a rejeté l’opposition de l’archevêque Desmond Tutu à sa candidature à la tête de l’ANC, affirmant le prix Nobel de la Paix, devrait plutôt s’abstenir de s’impliquer dans les affaires politiques.
« J’ai évité de répondre à la question concernant Desmond Tutu, parce que je le respecte. Les affaires des chefs d’église, s’agissant de ce que Dieu a dit, « doivent prier pour les gens, et non les condamner. Par conséquent, j’attends de lui qu’il prie, pas qu’il condamne », a-t-il ajouté, estimant que « c’est dangereux » pour un homme d’église, de s’impliquer dans des affaires politiques.