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| Carte de séjour |
La communauté étrangère vivant en Côte d’Ivoire, attend la concrétisation de la suppression de la carte de séjour, une semaine après l’annonce du chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo, a constaté APA sur place.
« Nous remercions déjà le chef de l’Etat pour cette annonce. Nous allons davantage fêter, lorsqu’il aura signer le décret rend effective la mesure de supression de la carte de séjour, que nous attendons impatiemment » a déclaré à APA, Emile Kima, président du comité de soutien aux actions de Blaise Compaoré et aux accords de Ouagadougou.
Le président ivoirien Laurent Gbagbo avait annoncé dimanche 28 octobre, lors de la célébration de la fraternité retrouvée entre les ressortissants Burkinabé et les Ivoiriens, son intention de supprimer la carte de séjour exigée aux étrangers vivant en Côte d’Ivoire.
« Quand je suis devenu président, j’ai divisé le prix de cette carte en deux. Mais je vois que la carte de séjour, non seulement n’apporte pas grand chose dans les caisses de l’Etat, mais crée des problèmes inutiles. Je propose donc sa suppression pure et simple », avait déclaré Laurent Gbagbo.
Une semaine après cette déclaration, les choses ne semblent pas s’accélérer. Samedi, le premier ministre, Guillaume Soro a installé, avec l’aval du président Gbagbo, une commission de réflexion sur la suppression de la carte de séjour.
Cette commission dirigée par le secrétaire général du gouvernement, Félix Tiéoulou est chargée de réfléchir sur l’impact économique et social de ladite carte sur l’économie ivoirienne et la cohésion sociale.
Selon des observateurs à Abidjan, la mise en place d’une telle commission n’était pas nécessaire, à partir du moment où le chef de l’Etat a estimé que le document visé apporte plus de problèmes qu’autre chose.
Les quartiers populaires d’Abidjan notamment Abobo et Koumassi dominés par des communautés étrangères et visités dimanche par APA, commencent à douter, après avoir salué avec beaucoup d’enthousiasme, le discours du président ivoirien.
« J’ai peur que cette annonce ne soit une déclaration électoraliste. Sinon le président pouvait automatiquement prendre la décision de suspendre cette carte… », s’est inquiété un diplomate ouest africain sous le couvert de l’anonymat.
L’annonce de M. Gbagbo avait été particulièrement saluée par la communauté étrangère vivant en Côte d’Ivoire notamment les Burkinabé dont le nombre est estimé à environ 4 millions.
La carte de séjour a été instituée en Côte d’ivoire dans les années 1990, par le Premier ministre d’alors, Allassane Dramane Ouattara, officiellement, pour « renflouer, » les caisses de l’Etat, au lendemain de la dévaluation du franc CFA.
Les étrangers ont été, par suite, soumis à des pratiques honteuses au cours de patrouilles policières, mais aussi, à de nombreux barrages, sur les axes routiers.
Le concept d’ivoirité apparue avec le régime d’Henri Konan Bédié, après la mort du président Félix Houphouet Boigny, a trouvé droit de cité grâce à cette carte, estiment plusieurs analystes.
En 2002, le ministre de l’Intérieur, Boga Doudou, issu des rangs du Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir) avait durci la loi, faisant passer le prix de la carte de 5000 (cinq mille) francs CFA en 1992, à 35 000 (trente cinq mille) FCFA, pour les ressortissants de la CEDEAO et 50.000 FCFA pour les Libanais ».
Doudou a été assassiné dès les premières heures de la rébellion du 19 septembre 2002.
Selon les chiffres du gouvernement, les étrangers représentent 26 % de la population ivoirienne estimée à environ 17 millions d’habitants.
La Côte d’Ivoire tente de sortir de plus quatre ans de crise, avec la signature le 4 mars dernier, de l’accord politique de Ouagadougou. A la faveur de cette nouvelle donne, Abidjan cherche à normaliser ses relations avec son voisin du nord, le Burkina Faso, longtemps accusé par la présidence ivoirienne, de soutenir ce qui était alors, la rébellion des Forces nouvelles.