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| Thomas SANKARA |
Une journée panafricaine s’est tenue en septembre dernier à Munich (Allemagne) où un hommage a été rendu, entre autres, à Thomas Sankara, en présence de sa veuve, ainsi que l’indique le communiqué de presse ci-dessous.
Après des mois d´intenses travaux de préparation et de mobilisation par le comité d’organisation, la conférence de la journée panafricaine a pu se tenir avec succès à Goethe Forum de Munich, le 22 septembre dernier. Malgré la grande fête de la bière de Munich (OctoberFest) qui ouvrait ses portes le même jour, la conférence a pu réunir des Africains de toutes nationalités, des Allemands venus de toutes les villes de l’Allemagne. La première belle surprise était le climat ensoleillé inhabituel dans un mois de septembre ici à Munich, dans la Bavière.
A 10 h 30, deux équipes de cameramen officiels pour la circonstance ont déjà installé leur équipement, pendant que le comité d’organisation apporte les dernières retouches techniques dans la salle. A 11 h 30, le modérateur, José Langa de la R.D.C., invite le conseiller municipal, représentant le maire de la ville de Munich, M. Siegfried Benker, à prendre la parole pour son mot de circonstance. M. Benker a salué l’initiative d’un tel forum et a précisé que la première fois qu’il avait reçu le comité d’organisation, venu pour la présentation du projet, il avait été tout de suite convaincu et avait voulu l’appuyer pour que le département culturel de la ville de Munich (Kulturreferat des Landeshauptstadt München) finance le projet. Il ajoute qu’avec la situation actuelle de l’Afrique, qui sous-entend la misère, la famine, les maladies, les guerres, les catastrophes naturelles, etc., et un président comme Thomas Sankara qui, avec le peu de ressources dont dispose le Burkina Faso, a pu, en l’espace seulement de quatre années, faire des réalisations énormes sur tous les plans, voir les jeunes Africains de la diaspora s’activer à reprendre cette lutte mérite encouragements et soutiens.
Après l’intervention de M. Benker, c’est le tour de Hamado Dipama (Burkinabè), initiateur de cette journée panafricaine, pour le mot de circonstance du comité d’organisation. Dipama a souhaité la bienvenue à tous les conférenciers, invités, journalistes, groupe de musique, participants, et adressé des remerciements au sponsor (Kulturreferat München) et tous ceux qui ont contribué à la tenue de cette journée. Il a demandé au public l’observation d’une minute de silence à la mémoire de Thomas Sankara à qui la journée est dédiée, et tous les combattants panafricanistes qui sont tombés de part le monde pour leur combat pour la liberté de leurs peuples. Dipama a présenté par la suite, en résumé, les raisons qui ont motivé la tenue de cette journée :
Les drames de l’immigration des Africains vers l’Europe,
La situation précaire des Africains en Europe,
L’indifférence de nos dirigeants face à tous les problèmes qui minent notre continent,
Le système d’éducation inapproprié à l’Afrique,
La commémoration du 20e anniversaire de l’assassinat du président Thomas Sankara du Burkina Faso, etc.
Dipama a lancé un appel à une prise de conscience des Africains, et une solidarité politique agissante des alter-mondialistes, internationalistes, avec les panafricanistes qui luttent. Il a terminé en déclarant la conférence ouverte, et a souhaité que cette journée apporte un plus dans la conviction de tous, et qu’elle puisse convaincre ceux qui doutaient jusque-là.
L’intervention de Dipama a été suivie d’un des cinq orateurs invités du jour, David Adu Boahene (Ghana), correspondant de deux magazines (African Courier et Lo´Nam Magazin), qui a développer le concept, l’idéologie du panafricanisme, et parlé de ses grands leaders tels que George Padmore, WEB du Bois, Marcus Garvey, Kwame Nkrumah, Cheick Anta Diop, Thomas Sankara, etc.
Après Mr David, le modérateur Jose Langa appelle à la tribune Me Bénéwendé Stanislas Sankara, leader de l´opposition au Burkina Faso, avocat de la famille Sankara, qui a profondément développé le thème sur les forces et faiblesses des luttes, avec comme exemple la Révolution burkinabè avec Thomas Sankara. Maître Bénéwendé a réitéré son encouragement, son soutien aux mouvements de lutte de la diaspora africaine réuni le 22 septembre 2007 à Munich. Il a insisté que nous, Africains, devrons redoubler d’efforts dans la lutte, pour mettre fin à ce paradoxe qui fait que dans des pays africains comme le Burkina Faso, les palais présidentiels sont construits à coup de milliards alors que la population ne peut pas se nourrir, se soigner, n’a même pas accès à l’eau potable. Maître Bénéwendé Sankara, venu du Burkina Faso, a, pendant 30 minutes, plaidé pour 14 millions de Burkinabè délaissés, qui ne peuvent plus se soigner ni se procurer d’eau potable.
Après une pause qui a permis aux participants de déguster de délicieux plats à l’africaine, un film sur la vie et la Révolution de Thomas Sankara, spécialement préparé par le comité d’organisation, a été projeté. Le film émerveilla le public qui, durant toute la séance, n’a cessé d’applaudir. Ce film a permis à l’assistance de savoir qui était Thomas Sankara, quand on sait que Sankara était méconnu du publique allemand.
L’orateur suivant appelé à la tribune après le film était Senfo Tonkam, Camerounais, politologue, enseignant à l´université de Hamburg.
Senfo a développé le thème "La mondialisation et l’Afrique".
Il a démontré que cette mondialisation n’est rien d’autre qu’une autre forme de domination impérialiste, une des causes de l’état désastreux du continent africain. Il termine son allocution par un appel à une vraie prise de conscience des Africains.
Ayaba Cho Lucas, Camerounais, activiste pour les droits humains, coordonnateur du groupe "The Voice Africa Forum" en Allemagne, auteur du livre "Not Gulty" (Non coupable), est intervenu sur le thème "La situation des Africains en Allemagne et en Europe". Ayaba a évoqué la brutalité policière et les contrôles racistes que les Noirs subissent en Europe (Sierra Léonais "Ours Djallo" brûlé vif dans une cellule de la police allemande). Il a par la suite donné l’exemple par un appel aux Africains d´Europe à s’unir pour une résistance contre toute forme de racisme et de discrimination.
Le dernier thème du jour fut présenté par Uche Akpulu, Nigérian, biochimiste, consultant environnemental, activiste pour les droits humains à Munich, co-auteur du livre "Révision-postkoloniale perspective von people of color auf Rassismus" (2007). Il affirme que la situation socio-économique et politique actuelle de l’Afrique résulte de l’esclavage, du colonialisme et du néocolonialisme que le continent a subis, et que par ailleurs la responsabilité des uns et des autres doit être située. Ceux qui ont causé ces tords à l’Afrique doivent répondre de leurs actes. Nous, Africains, devrions, dans la même lutte pour la libération de notre continent, lutter également pour qu’excuse et réparation à l’Afrique puissent se réaliser, tel est l’appel lancé par le Nigérian Uche Akpulu. Il termine en lançant un autre appel à l’Union européenne et aux pays de l’Ouest afin que cesse leur ingérence dans les affaires du continent africain, et que les Africains sachent que la clé du développement de l’Afrique ne se trouve que chez les Africains.
Après la présentation des cinq orateurs du jour, une pause fut observée, et à 18 h 30 commencèrent les débats.
A 19 h, l’arrivée de Mariam Sankara, veuve du président Thomas Sankara, mit fin aux discussions du podium. Elle a été accompagnée par le professeur Aziz Fall, Sénégalais, coordonnateur de la Campagne international justice pour Thomas Sankara (CIJS), président du Groupe de recherche et d’initiative pour la libération de l’Afrique (GRILA), venu du Canada où il réside, et l’avocat membre du CIJS, Me Dieudonné Nkounkou du barreau de Montpellier.
Madame Sankara est accueillie à la porte de la salle par le groupe de musique (Lanandi) des femmes togolaises en Allemagne, sous l’acclamation du public.
Cette journée panafricaine fut la première sortie publique de madame Sankara. Depuis l’assassinat de son mari il y a de cela 20 années, elle n´a jamais accepté se présenter publiquement.
Madame Sankara a pris la parole, a tenu d’abord à s’excuser pour le retard dû au fait qu’elle a raté son vol à Paris. Elle a exprimé son encouragement, son soutien à des initiatives nobles de ce genre, et a remercié le comité d’organisation de l’avoir invitée pour l´hommage à Thomas Sankara. Elle a terminé son allocution en souhaitant bon succès aux activités futures du mouvement panafricaniste.
L´intervention de madame Sankara est suivie de celle du professeur Aziz Fall qui a remercié tout le monde et salué l´organisation de cette Journée panafricaine de Munich qui lui a donné l´opportunité de rencontrer madame Sankara, Me Bénéwendé Sankara et Me Dieudonné Nkounkou (Congolais), après 20 ans de contact téléphonique.
A la fin de ces interventions, Issa Sanon, Burkinabè, membre du comité d´organisation, a présenté la déclaration de la journée dont le rapport figure ci-dessous.
La conférence a été clôturée en beauté par deux concerts de deux groupes de musique africains (le Groupe Lanandi du Togo et Madou Djembé du Burkina Faso) et une soirée dansante de 21 h à 2 h du matin.
Plus de 300 personnes convaincues de la cause africaine ont répondu présent à cette journée panafricaine de Munich. Elles sont venues de divers horizons : Berlin, Bochum, Bonn, Brandenburg, Göttingen, Hamburg, Jena, Karlsruhe, Köln, Nürmberg, Stuttgart, Paris, Canada, Burkina Faso, etc.
Le Faso.net