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| Guillaume Soro |
Le Premier ministre Guillaume Soro est apparu remonté, samedi, contre « ceux qui critiquent Ouagadougou et ne proposent rien en retour ». Le chef du gouvernement s’adressait à des milliers de personnes au stade Victor Biaka Boda de Gagnoa où il avait été invité par Charles Blé Goudé et ses amis de l’Alliance. Il a alors fustigé l’attitude qui était de critiquer sans cesse l’accord de paix de Ouagadougou sous prétexte « qu’on n’avance pas vite ». « Pendant qu’on fait des efforts pour arriver à la paix, il y a certains qui trouvent qu’on n’avance pas vite. On ne fait pas ceci, on ne fait pas cela ! Mais, soyons heureux de vivre ce que nous vivons avec l’accord de Ouagadougou. Quand on s’écoute parler, on se regarde, ne sommes-nous pas contents ? Vous verrez toujours des gens insatisfaits qui diront : on n’a pas fait ça. Ceux qui critiquent Ouagadougou, qu’est-ce qu’ils proposent comme alternative. Qu’est-ce qu’ils proposent ? Quand on ne propose rien, on se tait. Et puis, on profite de la petite paix qu’on vous a apportée », a évoqué Guillaume Soro. Il intervenait en présence du représentant du facilitateur, Bourahima Badini, des ministres Sébastien Dano Djédjé et Konaté Sidiki ainsi que des élus et cadres de la région. Le Premier ministre a estimé que la situation qui prévalait dans le pays depuis ces derniers mois n’était pas à banaliser et qu’il fallait « profiter de cette relative paix ». Il a déclaré que « des gens n’étaient jamais rassasiés » et trouvaient toujours à redire quand bien même le processus de paix connaissait des avancées. « Ceux qui critiquent Ouagadougou, peut-être veulent-ils d’une situation de guerre où on tire partout, où chacun a son baluchon sur la tête... Nous avons signé la paix. Nous allons la réaliser mais dans la dignité, dans la considération, le respect mutuel », a déclaré l’ancien chef rebelle. Il a demandé aux Ivoiriens « qu’ils propagent la petite paix qu’ils ont, qu’ils la fassent grandir ». Pour Guillaume Soro, la situation dans le pays, a notablement évolué. Il a cité son propre exemple en indiquant qu’il « y a dix mois », il ne pouvait pas entendre le nom de Kadet Bertin- le conseiller du chef de l’Etat était présent dans le stade- mais avec l’accord de Ouaga, il a appris à accepter ce dernier. « Il y a seulement dix (10) mois quand on me disait Kadet Bertin, j’étais déjà énervé. Avant même qu’on ne finisse d’évoquer son nom, j’étais déjà fâché. Mais aujourd’hui, on a signé l’accord de Ouagadougou et l’accord de Ouagadougou, c’est commencer par s’accepter entre Ivoiriens, s’accepter comme fils et citoyens de ce pays », a confessé Guillaume Soro. Il a expliqué que la paix se faisait par petites touches disant « à ceux qui ne voyaient pas le sens de sa présence à Gagnoa » que cela visait à renforcer la confiance entre Ivoiriens. « Je suis venu ici prouver aux populations de Bouaké, de Korhogo, de Man qu’on peut venir à Gagnoa en sécurité. Je suis venu avec des éléments des forces armées des forces nouvelles qui sont ici. Demain, ils retourneront. Ils iront dire à leurs frères d’armes qu’ils ont trouvé des frères à Gagnoa », a étayé le chef du gouvernement. Sa venue à Gagnoa, selon Guillaume Soro, était à l’image du déplacement de Laurent Gbagbo à Bouaké, fin juillet : instant de communion et de restauration de la confiance. « Peut-être qu’on n’aurait jamais fait les audiences foraines si le président de la République ne s’était pas rendu à Bouaké au mois de juillet. C’est parce que le président s’est rendu à Bouaké et qu’il y avait dans cette localité, des citoyens ivoiriens mobilisés, que la confiance progressivement a commencé à naître. Les tensions ont commencé à s’apaiser », a confié Guillaume Soro.
« Gbagbo n’est pas le président d’une ethnie »
Le chef du gouvernement avait eu une adresse particulière à l’endroit des « parents » du chef de l’Etat. Il leur demandait de ne pas « constituer un obstacle » au retour de la paix en détournant leur fils. « Il faut que les parents de Gagnoa aident le président. Parce que généralement, il y a des gens autour du président qui sont là et plutôt que de donner de bons conseils au président, ils disent : Monsieur le président, ne parlez pas à Alassane Ouattara, ne parlez pas à Bédié, ne parlez pas à Soro Guillaume. Mais Gbagbo n’est pas le président d’un parti. Il n’est pas le président d’une ethnie. Il est le président de la Côte d’Ivoire. En tant que président de la Côte d’Ivoire, il doit parler à tout le monde », a assené Guillaume Soro. Son propos trouvait constamment l’adhésion du public qui lui faisait des hourras. Soro a demandé à Gagnoa de ne pas être un « obstacle au propre bien de Gbagbo ». « Quand on est président de tout un pays, on peut pas être sectaire. Gagnoa : il faut aider le président à avancer dans sa volonté d’appliquer l’accord politique de Ouagadougou. Il faut qu’on aide le président et le Premier ministre » dixit le chef du gouvernement. Il a, à nouveau, vanté les mérites de Ouagadougou : « C’est un bien précieux. Je vois à travers cet accord, des Ivoiriens qui se sont battus et qui ont dit : nous nous sommes battus. Maintenant, nous avons décidé de faire la paix pour nous-mêmes. Je suis venu demander à Gagnoa d’adopter l’accord de Ouagadougou (...). Ivoiriens, nous avons la possibilité de réaliser la paix, faisons la paix ! Laissons tomber les rancœurs et donnons-nous la main pour bâtir notre pays ». Le Premier ministre s’est déclaré heureux de retrouver la cité du fromager. Il était arrivé pour la dernière fois, dans la ville, le 12 décembre 1998. « Aujourd’hui, je viens ici et je constate de la chaleur humaine, des visages rayonnants d’espoir », a indiqué Soro. Il avait remercié l’organisateur de la cérémonie d’avoir permis ce moment de paix.