 |
| Thomas Sankara |
Des centaines de milliers de personnes venues d’Amérique latine, d’Europe et d’Afrique, célèbrent ce lundi, la disparition de l’ex-président du Faso, Thomas Isidore Noël Sankara (1949-1987), au même moment, les partisans de Blaise Compaoré fêtent les 20 ans de « renaissance démocratique », a constaté APA sur place.
Arrivées massivement dimanche soir en provenance de Bobo Dioulasso (2è ville du Pays), les délégations étrangères sankaristes ont été accueillies par des jeunes gens en camions, à motos et à pieds, dès l’entrée ouest de la capitale.
Ils entament dès 16 heures, une procession de plus de 5 km en direction de la tombe de Thomas Sankara, sise à l’Est de Ouagadougou. Des affiches à l’effigie du défunt président circulent à Ouagadougou, collées sur des véhicules privés, des taxis, des camions des organisateurs de la commémoration ou brandies par les sankaristes dans les rues de Ouagadougou.
Cette manifestation a été précédée d’un symposium international sur le thème « Osons inventer l’avenir », ouvert du 11 au 14 octobre et à l’issue de laquelle les participants ont demandé l’ouverture des archives françaises, togolaises, ivoiriennes et libyennes, espérant trouver les preuves de la responsabilité du réseau « Françafrique » dans la disparition de Sankara.
Les activités commémoratives ont réellement débuté depuis le 10 octobre par des projections de films sur Sankara (Sankara l’homme intègre, Fratricide au Burkina), la diffusion des discours du président révolutionnaire et des concerts d’artistes étiquetés « rebelles ».
L’événement est concurrencé par la commémoration à grande pompe des 20 ans de pouvoir du président actuel Blaise Compaoré. Des tee-shirts et casquettes à l’effigie de Compaoré, des affiches et banderoles, soutiennent la grandeur des festivités célébrant l’arrivée de Compaoré à la suite du coup d’Etat contre Thomas Sankara, le 15 octobre1987.
En réplique à la procession des sankaristes, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP- parti présidentiel), organise dès 16 heures, une marche suivie de meeting au centre-ville de Ouagadougou .
Un podium est dressé à la place de la Nation pour l’occasion.
Craignant une éventuelle confrontation violente entre les deux camps, les établissements d’enseignement de la capitale ont été fermés. Aucun n’incident cependant n’a été relevé jusque-là.
Un groupe d’intellectuels et autres activités sénégalais ont entamé plusieurs activités depuis le 5 octobre, dans le cadre de la commémoration du 20è anniversaire de la disparition de Thomas Sankara.